Spécial législatives libanaises 2018

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Liban

Le Futur annonce ses candidats : 37 noms dont 21 nouveaux

Législatives 2018 - Partis

Le choix de Saad Hariri, qui a consolidé sa position sur la scène sunnite, pour les différentes circonscriptions a réservé quelques surprises.

12/03/2018

C’est devant une salle comble au BIEL, et en présence des cadres du courant du Futur, anciens et actuels députés et ministres, ceux qui sont candidats et ceux qui ne le sont pas, que le Premier ministre Saad Hariri a annoncé les candidats de son parti pour les législatives de mai 2018. La présence de personnalités telles que l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui a renoncé à se porter candidat pour ces législatives (et à qui Saad Hariri a donné une longue accolade), ou encore les députés Farid Makari et Okab Sakr, qui ne se représentent pas, n’est pas passée inaperçue, dans une volonté évidente d’afficher l’unité des rangs. 

Saad Hariri a donc annoncé les 37 candidats du Futur dont 21 visages nouveaux (dont une majorité de jeunes) et quatre femmes, dont on observe en premier lieu l’absence des faucons du Futur, ce qui signifie que M. Hariri a consolidé sa position au sein de la formation, et, plus largement, sur la scène sunnite. Plusieurs remarques découlent naturellement de cette annonce : en premier lieu, les circonscriptions où le parti a choisi de ne pas présenter de candidats, notamment à Beyrouth I et à la première circonscription du Nord, Koura-Batroun-Zghorta-Bécharré, où une bataille très rude est attendue entre les partis chrétiens. Deuxièmement, les circonscriptions où, au contraire, des ouvertures ont été pratiquées comme au Akkar, dont les sept députés sortants sont du Futur, mais où Saad Hariri choisit de ne présenter que six, avec un candidat grec-orthodoxe en moins. Une alliance avec les Forces libanaises en perspective ? À Beyrouth II, on constate que tous les sièges chrétiens sont pourvus, mais que la liste manque d’un candidat chiite et d’un autre druze : serait-ce le signe d’une future entente avec Amal, sachant que l’alliance avec le Parti socialiste progressiste est déjà conclue ? 

À l’inverse, le Futur présente onze candidats pour Tripoli-Minié-Denniyé, donc pratiquement une liste complète et fermée, signe qu’il ne cherche apparemment pas d’alliances dans cette circonscription. À Chouf-Aley, le courant, qui n’a actuellement qu’un député sunnite, cherche de toute évidence à gagner un siège chrétien maronite, avec la candidature de Ghattas Khoury, en alliance avec les FL et le PSP.
Sur un autre plan, on constate que les faucons « du Futur sont hors jeu dans ce scrutin, avec le remplacement de figures comme Okab Sakr à Zahlé, Fouad Siniora ou Ahmad Fatfat, dont le fils Sami se présente toutefois pour Tripoli-Minié-Denniyé. Il y a beaucoup de « fils de. » sur les listes du Futur cette année, dont certains relevant de familles qui n’étaient pas dans la ligne de ce parti précédemment comme Walid Baarini, fils de l’ancien député Wajih Baarini. Notons aussi la candidature de Zaher Eido, fils du député Walid Eido, assassiné avec son fils aîné en 2007.
Enfin, une surprise de taille : l’annonce de la candidature du très belliqueux syndicaliste Nehmé Mahfoud au siège grec-orthodoxe de Tripoli.

À Tripoli, « une confrontation totale »
Interrogé par L’Orient-Le Jour sur l’absence de candidats dans certaines circonscriptions comme Beyrouth I et la première circonscription du Nord, l’ancien député Moustapha Allouche souligne que « la bataille est laissée aux alliés dans ces circonscriptions », ajoutant que « ceux-ci n’ont toujours pas annoncé leurs listes, donc le soutien apporté par le Futur n’est pas tranché ». Pour ce qui est du Akkar, il confirme qu’il y a un candidat grec-orthodoxe en moins, mais non pas qu’il s’agit du signe d’une alliance quelconque. « Il faut se souvenir que c’est une annonce de candidats pas de listes, et qu’il est possible que des candidats se retirent ou soient ajoutés en cas de besoin », poursuit-il. 

Pour Beyrouth II, Moustapha Allouche confirme que le candidat druze sera nommé par le leader du PSP Walid Joumblatt. Pour ce qui est du candidat chiite, il ne se prononce pas sur d’éventuelles alliances mais fait remarquer qu’« avec la proportionnelle, il y aurait intérêt à concentrer les voix sur un candidat de cette communauté ». 

La liste de Tripoli est complète, constate l’ancien député, estimant que, dans cette circonscription, « la confrontation sera totale », vu l’animosité de certaines personnalités à l’encontre du Futur. Pour ce qui est de la candidature, pour le moins surprenante, de Nehmé Mahfoud, il souligne que « celle-ci est justifiée par le fait qu’il s’agit d’une personnalité populaire auprès des Libanais en général, et au Nord en particulier, mais elle a soulevé des points d’interrogation simplement parce que le candidat est originaire du Akkar et non de Tripoli ». 

Moins de faucons sur les listes du Futur, est-ce en harmonie avec les nouvelles politiques de son chef ? « Il est vrai que des faucons sont absents des listes, dont moi, dit-il, non sans humour. Mais ce n’est pas un signe qu’il faut interpréter d’une manière particulière, sachant qu’Ahmad Fatfat sera remplacé par son fils, qui n’est pas moins faucon que lui. » 

Voici donc la liste complète des candidats annoncés hier par Saad Hariri :
– Saïda-Jezzine : Bahia Hariri, Hassan Chamseddine.
– Chouf-Aley : Mohammad Hajjar, Ghattas Khoury.
– Békaa-Ouest-Rachaya : Mohammad Qaraaoui, Amine Wehbé, Ziad Kadri.
– Zahlé : Assem Araji, Nizar Dalloul.
– Baalbeck-Hermel : Hussein el-Solh, Bakr Hojeiri.
– Tripoli-Minié-Denniyé : Mohammad Kabbara, Samir el-Jisr, Dima Jamali, Nehmé Mahfoud, Leila Jhour, Chadi Nassabé, Walid Sawalhi, Georges Bkassini, Assem Abdel Aziz, Sami Fatfat, Osmane Alameddine.
– Akkar : Tarek Merhebi, Mohammad Sleiman, Walid Baarini, Hadi Hobeiche, Khodr Habib, Jean Moussa.
– Beyrouth II : Tammam Salam, Nouhad Machnouk, Roula Tabch Jaroudi, Ghazi Youssef, Rabih Hassouna, Bassem Chab, Nazih Najm, Zaher Walid Eido, Saad Hariri.

Un talisman pour « protéger le Liban »
Dans son discours, un Saad Hariri apparemment détendu a mentionné à maintes reprises le souvenir de son père, le Premier ministre Rafic Hariri, assassiné en 2005, liant les votes en faveur des listes du Futur au « projet de modération et de coexistence, d’État dont la Constitution, les institutions, l’armée et les forces de sécurité peuvent seuls protéger le Liban », a-t-il dit, dans une nette allusion au Hezbollah sans le nommer. « Donner votre voix aux candidats du Futur équivaut à la donner à Saad Hariri et au projet de Rafic Hariri », a-t-il martelé, répétant l’argument à plusieurs reprises, notamment pour décider les électeurs contre l’abstention. C’est « munis de ce projet que nous nous dirigerons vers trois grandes conférences pour protéger le Liban », a-t-il dit.
Le Premier ministre a introduit au public la campagne centrée sur une image populaire et associée autant à la couleur bleue, celle du parti, qu’à la « protection du Liban », selon ses propres termes : un talisman bleu contre le mauvais œil, très commun en Orient. « Notre slogan est la protection du Liban, et son symbole en est ce talisman », a-t-il dit.
Dans son programme, le courant du Futur a prôné « la coexistence et le dialogue », « une plus grande participation des jeunes et des femmes dans la vie politique libanaise », « la bonne gestion du domaine public », et l’appui aux décisions du TSL, entre autres.


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE PREVOIS DES SURPRISES NEGATIVES SURTOUT DANS LE NORD ET SPECIALEMENT A TRIPOLI !

ACE-AN-NAS

Je ne sais pas pourquoi , mais je me remet à lui faire confiance au petit saad .

C'est pas le seul à avoir une fortune et ses candidats non plus , tous les autres candidats de toutes les autres formation sont plein aux as , seul le parti de la résistance ne compte pas de candidat avec les sous .

Vérifiez svp .

Le Futur annonce ses candidats : 37 noms dont 21 nouveaux

12/03/2018

Le chef du gouvernement a annoncé hier au Biel la composition de ses listes. Photo Dalati et Nohra

Les candidats au complet, sous le slogan « Nous sommes le talisman bleu pour protéger le Liban ». Photo Hassan Assal

M. Hariri donnant l’accolade à Fouad Siniora qu’il a appelé « homme d’État » dans son discours. Hassan Assal

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Le choix de Saad Hariri, qui a consolidé sa position sur la scène sunnite, pour les différentes circonscriptions a réservé quelques surprises.

Suzanne BAAKLINI | OLJ

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JE PREVOIS DES SURPRISES NEGATIVES SURTOUT DANS LE NORD ET SPECIALEMENT A TRIPOLI !

ACE-AN-NAS

Je ne sais pas pourquoi , mais je me remet à lui faire confiance au petit saad .

C'est pas le seul à avoir une fortune et ses candidats non plus , tous les autres candidats de toutes les autres formation sont plein aux as , seul le parti de la résistance ne compte pas de candidat avec les sous .

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