Spécial législatives libanaises 2018

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Liban

Siniora ne se représentera pas, mais reste fidèle aux idéaux du courant du Futur

Législatives 2018 - Bloc du Futur
S. N. | OLJ
06/03/2018

Le chef du groupe parlementaire du Futur, l’ancien Premier ministre et député Fouad Siniora, a annoncé hier sa décision de ne pas se porter candidat à sa propre succession, ni à Saïda ni dans aucune autre circonscription. Sa conférence de presse au siège du Parlement, où il a fait le bilan de son parcours, a paru annoncer plus qu’un retrait des législatives, un retrait de la vie politique dans son ensemble, du moins jusqu’à nouvel ordre. C’est ce que des sources gravitant dans son giron confirment à L’Orient-Le Jour. Ce choix aurait été fait à défaut de souscrire au compromis actuel, et en raison de sa volonté de ne pas déstabiliser la situation en menant une confrontation ouverte avec le Hezbollah, selon elles. La veille, le Premier ministre Saad Hariri, à peine arrivé de Riyad, s’était rendu au domicile de Fouad Siniora à la rue Bliss, afin de tenter une nouvelle fois de le convaincre de se porter candidat à Saïda. Mais selon une source du courant du Futur, cette visite ne serait pas le résultat du passage du Premier ministre en Arabie. Elle serait plutôt une visite de forme, visant à sceller le retrait de Fouad Siniora de la scène politico-électorale sans faire croire à une rupture. Sa décision de ne pas se porter candidat aurait d’ailleurs été confirmée avant le déplacement du Premier ministre en Arabie. Une décision qui serait aussi celle des députés sortants Ahmad Fatfat, Mohammad Kabbani et Okab Sakr – en dépit de tentatives de Saad Hariri, par le biais de Farid Makari, de les convaincre du contraire.

Dans son discours hier, Fouad Siniora a mis en avant la continuité de ses rapports avec le courant du Futur, tout en prenant position contre tout ce qui dicte le fonctionnement du mandat actuel. 

À commencer par la loi électorale, qu’il a placée au cœur de sa décision de ne pas prendre part aux législatives. D’abord, « cette loi est à mon avis contraire à la Constitution, puisqu’elle se rapproche de la loi dite » orthodoxe « (loi proposée par le Rassemblement orthodoxe en 2013, prévoyant l’élection par chaque communauté des députés qui en sont issus, NDLR) ». Le système de vote préférentiel et de listes fermées, en plus « de priver le citoyen de la liberté de choisir, vient menacer l’unité nationale : il divise le pays en cellules communautaires, (…) de sorte à avantager le candidat le plus fanatique de chaque caza ». 

Ensuite, Fouad Siniora a clairement fait valoir que les alliances amenées par cette loi, souvent contre nature, mais justifiées par le pragmatisme électoral, ne lui conviennent pas à lui. « Mes convictions ne sont pas en adéquation avec les démarches requises par la nouvelle loi, notamment certaines alliances provisoires visant à garantir une victoire aux législatives. Mieux vaut pour moi, au vu de mon expérience politique et nationale, de rester hors de la course au Parlement. » Et de signaler enfin, en réponse à une question, que sa présence avec la députée sortante Bahia Hariri sur une même liste compromettrait ses chances de se faire élire et vice versa, le courant du Futur ne pouvant ambitionner de remporter les deux sièges sunnites à Saïda-Jezzine. 



« Échec face aux armes illégales » 

C’est sous le signe de la loyauté envers le courant du Futur que Fouad Siniora a fait par ailleurs le bilan de son engagement politique : ses débuts aux côtés de son « frère, ami et camarade Rafic Hariri », d’abord dans le secteur privé puis dans les affaires publiques, à la demande de ce dernier, par la porte du ministère des Finances. Puis sa désignation à la présidence du Conseil en 2005 et en 2009, à l’initiative de Saad Hariri et des forces du 14 Mars, avec « pour objectif de sauvegarder le Liban et ses institutions, et le droit des Libanais à vivre en liberté et dans la dignité ». Il en a retenu « l’accomplissement de la création du Tribunal spécial pour le Liban », puis la résolution 1701 en 2006. Mais la période de 2005 à 2009 sera aussi celle de la guerre d’usure menée contre le 14 Mars, à laquelle Fouad Siniora n’a fait référence qu’indirectement, en concluant : « Sans jamais me départir de mon engagement à la fois pour l’unité de l’État et sa souveraineté (on peut comprendre qu’aujourd’hui c’est l’un ou l’autre, NDLR), j’ai en même temps échoué, avec mes collègues, à empêcher l’hégémonie des armes illégales et leur expansion, surtout après l’offensive militaire du Hezbollah à Beyrouth en 2008. » 

Aujourd’hui, son appui « constant » à Saad Hariri, dans la suite de « son engagement immuable pour le legs de Rafic Hariri », s’exprime par des principes qu’il continuera de défendre « où qu’il soit » : « La souveraineté du Liban et sa liberté, l’application des accords de Taëf, la primauté à la compétence au niveau de la fonction publique en prenant en compte l’équilibre communautaire que prévoit la Constitution, la valorisation de la jeunesse et de la femme, l’assiduité pour la sauvegarde de l’unité nationale et du vivre-ensemble, l’engagement pour l’arabité du Liban et la cause palestinienne, en maintenant ses relations avec les pays arabes, notamment le Golfe et l’Arabie, sur la base du respect mutuel, le respect de la légalité internationale et des résolutions garantes des frontières et des droits du Liban. »



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AIGLEPERçANT

Le seul courage et le seul mérite qu'il a, c'est qu'il reconnaît qu'il ne sert plus à rien , et remet son tablier.

Je ne sais les autres , mais que Hariri revienne de bensaoudie et que des choses bizarres se passent dans son camp, moi ça me fait penser à une redistribution des cartes du côté des perdants .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QUELQUE CHOSE CLOCHE AVEC SINIORA...

Siniora ne se représentera pas, mais reste fidèle aux idéaux du courant du Futur

06/03/2018

Fouad Siniora, hier, lors de sa conférence de presse, place de l\'Étoile. Photo Hassan Assal

Entouré des députés du courant du Futur Bassem Chab, Nabil de Freige (debout), Mohammad Hajjar, Ahmad Fatfat, Amine Wehbé et Atef Majdalani, Fouad Siniora a annoncé hier qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat parlementaire à Saïda. Photo Hassan Assal

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Je ne sais les autres , mais que Hariri revienne de bensaoudie et que des choses bizarres se passent dans son camp, moi ça me fait penser à une redistribution des cartes du côté des perdants .

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