Spécial législatives libanaises 2018

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Liban

Une première : plusieurs écologistes candidats aux législatives

Législatives 2018 - Liban Ils sont une poignée d’environnementalistes de longue date à tenter l’aventure des législatives, convaincus de représenter « un réel facteur de changement ».
23/02/2018

Dans un pays miné par les problèmes liés à l’environnement et au développement, les slogans qui revêtent une connotation écologique – déchets, pollution des côtes… – sont légion dans les discours des candidats. Mais pour certains, l’environnement est un combat de longue date. Plusieurs candidats issus des rangs des écologistes se présentent aux législatives de mai 2018.

Paul Abi Rached, fondateur de l’association Terre-Liban et du Mouvement écologique libanais (LEM), qui compte une soixantaine d’ONG, indique à L’Orient-Le Jour que son mouvement appuie plusieurs candidatures : il est lui-même candidat à l’un des sièges maronites de Baabda, et forme un noyau de liste dans cette circonscription avec deux autres militants, Ajwad Ayache (druze) et Olfat Sabeh (chiite, spécialiste dans le domaine social). L’expert Naji Kodeih sera, lui, candidat à un siège chiite à Nabatiyé, Joséphine Zoughaib (qui a présenté sa candidature au nom du groupe « Citoyens et citoyennes dans une nation », mais fait partie du LEM) à un siège maronite du Kesrouan et Pierre Abi Chahine au siège maronite de Tripoli. 

« L’environnement est notre principale motivation, mais cela ne veut pas dire que nous n’aurons pas d’opinions sur tant d’autres dossiers qui y sont liés, comme la justice sociale, l’éducation, la santé, la sécurité, la réforme politique, la lutte contre la corruption… souligne Paul Abi Rached. La crise écologique est très profonde au Liban, et il serait utile, selon nous, qu’il y ait un échantillon de députés connaisseurs au sein de l’hémicycle, capables d’œuvrer pour un changement au niveau de la qualité de l’air, de la protection des forêts… »
Les trois candidats à Baabda finalisent actuellement un programme détaillé, et se sont décidés pour le slogan suivant : « Un nouveau chapitre pour le Liban. »

De son côté, le parti des Verts libanais a présenté quatre candidats dans quatre circonscriptions : sa présidente, Nada Zaarour, brigue un siège maronite au Metn-Nord, Karim Majdalani un siège grec-orthodoxe à Beyrouth II, Vanda Chédid un siège grec-orthodoxe dans la circonscription de Zahlé et Mazen Nassereddine un siège sunnite dans la circonscription de Chouf-Aley. Leur slogan est « Le Liban n’est pas un point de vue », et leur programme porte sur des points en relation avec la souveraineté et l’État de droit, la réforme et la lutte contre la corruption, le développement durable, l’économie verte, l’égalité sociale et les législations en tout genre. « Nous ne faisons pas de différence entre l’environnement et l’être humain, nous préconisons tout ce qui peut favoriser l’état civil, la protection des droits… » dit Nada Zaarour à L’OLJ.


(Lire aussi : Au Liban, les partis politiques continuent malgré tout de séduire)


Des alliances ?
Les écologistes comptent-ils faire front commun dans le cadre d’une bataille difficile à mener, malgré leurs différences ? Autant Paul Abi Rached que Nada Zaarour assurent qu’il existe une coordination entre eux et entre tous les écologistes en général, pour tenter de faire élire un noyau dans le nouveau Parlement. D’autant plus que les candidats se présentent dans des circonscriptions et à des sièges différents, sans compétition inutile entre eux.

La nouvelle loi électorale étant ce qu’elle est, et le seuil d’éligibilité étant élevé, quelles alliances conçoivent ces écologistes ? Paul Abi Rached précise que les candidats écologistes qu’il a énumérés se présentent à titre personnel tout en étant appuyés par le LEM. « Cela signifie qu’ils peuvent décider de nouer des alliances dans leurs circonscriptions respectives, ce qui est nécessaire pour mener la bataille, dit-il. À moins d’alliances vraiment improbables avec des parties sur lesquelles pèsent des soupçons liés à la dégradation environnementale, nous restons solidaires. »

Pour ce qui est de Baabda, Paul Abi Rached indique que des tentatives d’alliance avec les parties dites de la société civile – à l’instar de la Coalition nationale, qui rassemble un grand nombre de groupes, ou encore « Citoyens et citoyennes dans une nation » – se poursuivent, afin de présenter aux électeurs une liste cohérente et une réelle alternative au pouvoir en place.

Le parti des Verts effectue aussi des négociations pour des alliances avec des parties de la société civile comme la Coalition nationale ou encore « Mountada Beyrouth ». « Nous tenons cependant à être des alliés tout en gardant notre spécificité en tant qu’entité séparée », précise Nada Zaarour.


(Lire aussi : Législatives libanaises : Ce qu’il faut savoir pour voter)


« Nous avons rempli notre part du contrat »
Les candidats écologistes se présentent comme des forces de changement. Mais qu’est-ce qui les différencie d’autres parties qui revendiquent cette même aspiration et qui adoptent des slogans en rapport avec l’écologie ? « Notre crédibilité vient du fait que notre militantisme ne date pas d’hier, mais qu’il a commencé, dans mon cas, il y a trente ans, répond Paul Abi Rached. Nous connaissons nos dossiers sur le bout des doigts et nous avons une idée précise des lois qui nuisent à l’environnement et qui doivent être modifiées, ou alors des lois qui devraient être votées en priorité. Nous proposons une vraie action législative, au-delà des slogans. »

Pour sa part, Nada Zaarour estime que son parti apporte « un vrai facteur de changement, une réelle alternative ». « La situation est très mauvaise au Liban, affirme-t-elle. Nous avons rempli notre part du contrat en donnant le choix à l’électeur. Celui-ci n’a toujours pas d’électricité, ni d’accès au littoral, ni de l’air pur… Veut-il vraiment prolonger le mandat des responsables actuels ? »

Sur le financement des campagnes, Paul Abi Rached assure que tous les écologistes comptent sur la motivation du public, sur les réseaux sociaux et, éventuellement, les donations. Nada Zaarour affirme « mener campagne au moindre coût » et compter sur le « crowdfunding ».

Les écologistes interrogés espèrent qu’un noyau de changement issu de la société civile intégrera l’hémicycle, voyant dans ces élections une chance de changement là où d’autres actions sont restées inefficaces. Le scrutin du 6 mai leur donnera-t-il raison ?



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Sarkis Serge Tateossian

Est-il concevable que le pays des cèdres puissent avancer sans des écologistes ?
Waynou Lebnan Al-akhdar ?

Jean Michael

Allons-nous voir enfin quelques nouvelles figures non corrompues (encore) au parlement? Allez-y les verts!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL NE NOUS FAUT PAS QUE DES ECOLOGISTES... IL NOUS FAUT DES REFORMATEURS ET LE DEGAGER DE LA PRESENTE CASTE DE LA CAUSA NOSTRA GAUCHE ET DROITE QUI DETRUIT LE PAYS !

Mounir Doumani

Le mouvement national مواطنون ومواطنات في دولة

se traduit en francais par "Citoyens et CItoyennes dans un Etat" et non une nation...la difference est importante.

Soeur Yvette

Forces nouvelles !!!! louons le Seigneur...NOTRE LIBAN RESUSSITE DE NOUVEAU AVEC LES ECOLOGISTE ....EXCELLENT...

Stes David

Bonne chance et ces gens ils ont une tâche importante pour encourager les autres politiciens et le publique à bien regarder la pollution des rivières de Nahr al Kalb, du Litani, du Nahr Ibrahim etc. et les autres problèmes d'écologie au Liban.

LA TABLE RONDE

Une très bonne initiative. Excellent .

Une première : plusieurs écologistes candidats aux législatives

23/02/2018

Nada Zaarour, présidente du parti des Verts, entourée des trois autres candidats du parti, Karim Majdalani, Mazen Nassereddine et Vanda Chédid.

De gauche à droite, Ajwad Ayache, Olfat Sabeh et Paul Abi Rached forment un noyau de liste à Baabda.

Législatives 2018 - Liban

Ils sont une poignée d’environnementalistes de longue date à tenter l’aventure des législatives, convaincus de représenter « un réel facteur de changement ».

Suzanne BAAKLINI | OLJ

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Sarkis Serge Tateossian

Est-il concevable que le pays des cèdres puissent avancer sans des écologistes ?
Waynou Lebnan Al-akhdar ?

Jean Michael

Allons-nous voir enfin quelques nouvelles figures non corrompues (encore) au parlement? Allez-y les verts!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL NE NOUS FAUT PAS QUE DES ECOLOGISTES... IL NOUS FAUT DES REFORMATEURS ET LE DEGAGER DE LA PRESENTE CASTE DE LA CAUSA NOSTRA GAUCHE ET DROITE QUI DETRUIT LE PAYS !

Mounir Doumani

Le mouvement national مواطنون ومواطنات في دولة

se traduit en francais par "Citoyens et CItoyennes dans un Etat" et non une nation...la difference est importante.

Soeur Yvette

Forces nouvelles !!!! louons le Seigneur...NOTRE LIBAN RESUSSITE DE NOUVEAU AVEC LES ECOLOGISTE ....EXCELLENT...

Stes David

Bonne chance et ces gens ils ont une tâche importante pour encourager les autres politiciens et le publique à bien regarder la pollution des rivières de Nahr al Kalb, du Litani, du Nahr Ibrahim etc. et les autres problèmes d'écologie au Liban.

LA TABLE RONDE

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