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Législatives : Dans son fief, à Baabda, le CPL face à ses alliés ?

Liban

Le PSP aurait choisi Hady Abou el-Hosn comme candidat au siège druze.

13/02/2018

Outre la bataille dans les circonscriptions de Jbeil-Kesrouan et du Liban-Nord (Zghorta-Bécharré-Koura-Batroun), la compétition électorale à Baabda promet d’être d’une importance cruciale, notamment pour le Courant patriotique libre. 

La localité de Baabda a longtemps été considérée comme « le fief » du CPL. La formation fondée par le président de la République, Michel Aoun, y avait d’ailleurs remporté les scrutins de 2005 et de 2009. Même si la seconde victoire était moins importante, dans la mesure où seuls 55 % des inscrits ont pris part au scrutin. 

Si cela fait dire à certains que la formation dirigée par Gebran Bassil part forte, le général Khalil Hélou, candidat à l’un des trois sièges maronites de la circonscription, se veut plus pragmatique. Joint par L’Orient-Le Jour, il indique que près de 165 000 personnes sont inscrites à Baabda. Les votants devraient varier entre 80 000 et 90 000. Selon M. Hélou, ceux-ci devraient être répartis comme suit : 20 000 votants pour le Hezbollah, 16 000 pour le CPL, 8 000 pour les Forces libanaises, 5 000 pour les Kataëb et entre 7 000 et 8 000 pour le Parti socialiste progressiste. À ce tableau, M. Hélou ajoute les factions de la société civile qui tentent de profiter de la proportionnelle pour opérer une percée et intégrer le Parlement. 

Conscient de la complexité des rapports politiques et partisans à Baabda, le Courant patriotique libre effectue de minutieux calculs politiques avant de définir ses alliances électorales. Il a, toutefois, choisi ses candidats pour les trois sièges maronites de Baabda. Il s’agit des trois députés actuels de la région : Alain Aoun, Nagi Gharios et Hikmat Dib. 

Si les aounistes préfèrent choisir leurs candidats pour les deux sièges chiites et le siège druze, après avoir tissé leurs alliances électorales, on estime dans certains milieux politiques que le CPL est mis au pied du mur face à ses alliés à Baabda. Et pour cause : nombreux sont ceux qui s’attendent à un rapprochement entre le courant aouniste et son allié traditionnel, le Hezbollah. Sauf qu’une telle éventualité anéantirait une possible alliance aouniste avec les FL, farouche adversaire du parti chiite. Mais d’aucuns rappellent que l’alliance entre les partis de Hassan Nasrallah et de Gebran Bassil remettrait à nouveau sur le tapis la récente querelle qui a opposé le CPL et son chef au président de la Chambre, Nabih Berry. D’autant que le Hezbollah n’a pas tardé à appuyer son allié traditionnel, le chef du législatif, au détriment de son partenaire chrétien. 

En dépit de ce tableau, les aounistes semblent optimistes et confiants dans leur capacité à se lancer seuls dans la bataille pour les six sièges (trois maronites, deux chiites et un druze). Joint par L’OLJ, Nagi Gharios confirme que sa candidature, ainsi que celles d’Alain Aoun et de Hikmat Dib sont définitives. Il explique que sa formation a tourné la page de son malentendu avec Nabih Berry. « Nous n’avons donc aucun problème à nous allier au tandem chiite », souligne-t-il, reconnaissant que « la nouvelle loi électorale rend difficiles les alliances, d’autant que l’objectif principal reste le gain du plus grand nombre de votes préférentiels ». 

Concernant une éventuelle alliance entre son parti et celui de Samir Geagea, Nagi Gharios déclare sans détour : « Etre dans une même liste n’est ni dans notre intérêt ni dans celui des FL. » Il fait cependant savoir que des négociations sont aujourd’hui en cours avec Meerab, mais aussi avec les Kataëb, le PSP et le tandem Amal-Hezbollah. 


(Repère : Législatives libanaises : les dates à retenir)



Meerab : Non au Hezbollah 

Cette prudence est également de mise à Meerab. Si les FL n’ont pas tardé à annoncer la candidature du ministre des Affaires sociales, Pierre Bou Assi, à l’un des sièges maronites de Baabda, elles temporisent au sujet de leurs alliances électorales. À l’instar du CPL, la formation de Samir Geagea mène des contacts avec plusieurs protagonistes présents à Baabda. 

Un cadre FL interrogé par L’OLJ confie que la question des alliances électorales dans cette circonscription est très « délicate ». « Et pour cause : il va sans dire qu’un éventuel rapprochement avec le PSP garantit la victoire de nos candidats, de même qu’une alliance avec le CPL », souligne-t-il, faisant valoir que les négociations avec les aounistes se poursuivent, alors que les contacts avec le parti de Samy Gemayel ont été freinés. « La question de la sortie du gouvernement ne se pose pas actuellement », assure ce proche du leader des FL qui écarte toute possibilité de rapprochement avec le Hezbollah. « Toute alliance aouniste avec le parti chiite anéantirait les chances de mener la bataille à leurs côtés », insiste le cadre FL. 


Le nouveau candidat PSP

En attendant, le PSP continue à œuvrer pour la mise sur pied d’une liste consensuelle dans la circonscription du Chouf-Aley comme le veut le chef du parti Walid 

Joumblatt. Dans les milieux proches de Moukhtara, on estime que cette entente, si elle a lieu, se répercutera sur toutes les circonscriptions où le PSP est présent, notamment Baabda. 

C’est d’ailleurs ce que Hady Abou el-Hosn, candidat PSP à Baabda (remplaçant ainsi Ayman Choucair, ministre d’État pour les Droits de l’homme, qui a occupé ce siège depuis la fin de la guerre civile et jusqu’en 2009), explique à L’OLJ. « Nous poursuivons nos efforts pour former une liste consensuelle. Nous menons donc des contacts avec tous les protagonistes, dont le CPL et les Kataëb, même s’il est encore tôt de parler d’alliances électorales proprement dites », souligne-t-il, insistant sur le fait que « tous les choix sont ouverts » et que « le Hezbollah est une force politique essentielle dont nous respectons la spécificité ». 


(Lire aussi : Commission FL-CPL pour examiner les détails des alliances électorales possibles)


L’opposition et la société civile 

Tout comme les protagonistes au pouvoir, plusieurs composantes de l’opposition et de la société civile s’apprêtent à se lancer dans la compétition de Baabda. Ainsi, l’ancien député Salah Honein a déposé hier sa candidature au ministère de l’Intérieur. Mais il continue à déployer des efforts pour s’allier « à ceux qui croient dans les institutions, l’État et la Constitution ». À L’OLJ, il exprime le souhait de parvenir à former une liste composée de femmes et d’hommes indépendants, et d’adhérents à quelques partis politiques qui partagent ces valeurs et s’opposent à la ligne politique actuelle. 

Quant à la société civile, en particulier l’alliance baptisée « Watani », elle entend appuyer les candidatures de certains anciens militants aounistes, à l’heure où Khalil Hélou se portera candidat sous le label du Forum de Beyrouth (regroupant plusieurs personnalités hostiles au pouvoir en place), qui se réunira ce soir pour devenir « Forum du 

Liban ».


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Le Faucon Pèlerin

Nagi Gharios explique que sa formation (CPL) a tourné la page de son malentendu (sic) avec Nabih Berry...
Traiter le Chef du Parlement de "baltagi" (voyou" par un ministre, de surcroît, issu de la société civile donc un non-élu au suffrage universel, cela n'est pas un "malentendu" mais bien une querelle dans tout le sens du mont d'autant plus que l'insulteur ne s'est pas encore excusé.

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Nagi Gharios explique que sa formation (CPL) a tourné la page de son malentendu (sic) avec Nabih Berry...
Traiter le Chef du Parlement de "baltagi" (voyou" par un ministre, de surcroît, issu de la société civile donc un non-élu au suffrage universel, cela n'est pas un "malentendu" mais bien une querelle dans tout le sens du mont d'autant plus que l'insulteur ne s'est pas encore excusé.

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