Spécial législatives libanaises 2018

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Liban

Kesrouan-Jbeil : le flou entoure les alliances

Législatives 2018 - Circonscriptions

Alors que l’alliance entre Farès Souhaid et les Kataëb est définitive, le parti de Samy Gemayel et les FL poursuivent leurs négociations.

12/02/2018

C’est une importante bataille, toujours entourée de flou, qui s’annonce dans la circonscription à dominante chrétienne de Kesrouan-Jbeil. Et pour cause : la compétition pour les 8 sièges (7 maronites et un chiite) de cette circonscription revêt une dimension symbolique pour le Courant patriotique libre. Son fondateur, le président de la République, Michel Aoun, y a remporté les législatives de 2005 et de 2009. Même si la seconde victoire était beaucoup moins éclatante que la première. 

Si de ce fait le courant aouniste part favori, la bataille du 6 mai prochain risque de ne pas être chose facile. D’autant que la formation dirigée par Gebran Bassil devrait faire face aussi bien à ses adversaires qu’à ses partenaires présents dans la circonscription. Pour les premiers, il s’agit, notamment, des Forces libanaises et des Kataëb. Il y a aussi les personnalités indépendantes de la région, dont l’ancien député Farès Souhaid.
À cela s’ajoute un élément important : c’est le général à la retraite Chamel Roukoz, beau-fils du chef de l’État, qui dirige la liste aouniste, dont les membres ne sont pas encore clairement établis. Interrogé à ce sujet par L’Orient-Le Jour, Farid el-Khazen, député aouniste du Kesrouan, reconnaît que la candidature de M. Roukoz donne à la bataille du CPL au Kesrouan « une certaine spécificité ». 

Mais, selon M. Khazen, ce n’est pas le seul facteur qui explique la lenteur à fixer les alliances électorales. « Il y a surtout la nouvelle loi électorale, compliquée et contradictoire », dit-il, notant que la formation des listes devra prendre en considération plusieurs éléments. « Nous sommes dans une phase de contacts avec tous les protagonistes », ajoute M. Khazen. 

L’alliance entre le CPL et le Hezbollah est d’ailleurs elle-même menacée dans une certaine mesure. Dans certains milieux jbeiliotes, on indiquait récemment que le parti de Hassan Nasrallah présenterait lui-même un candidat pour le siège chiite de Jbeil, face à celui du CPL. Depuis 2005, ce siège est occupé par Abbas Hachem, membre du bloc du Changement et de la Réforme. « Le Hezbollah aura le dernier mot sur ce plan. D’autant qu’il s’est entendu avec le président de la Chambre, Nabih Berry, sur le partage des sièges chiites », explique Farid el-Khazen, qui n’a pas encore pris de décision finale au sujet de sa propre candidature. 

La prudence est également de mise chez les Forces libanaises. Conscient du poids populaire de l’ancien président de la municipalité de Jbeil, Ziad Hawat, le parti n’a pas tardé à appuyer la candidature de ce dernier, qui, pour le moins, ne bénéficie pas de la sympathie du CPL dans la région. On rappelle dans ce cadre que le courant aouniste a lancé, en juillet 2017, « un conseil municipal fantôme » à Byblos, afin de contrôler l’action de la municipalité. 

(Repère : Législatives libanaises : les dates à retenir)

Si l’alliance FL-Hawat est de nature à réduire les chances d’un rapprochement électoral entre les deux grandes formations chrétiennes, les proches de Samir Geagea restent cependant prudents. Ils préfèrent renvoyer la balle dans le camp d’une commission formée à l’issue de la réunion tenue il y a quelques jours entre M. Geagea et Ibrahim Kanaan, député aouniste du Metn, en présence du ministre de l’Information, Melhem Riachi.
Expliquant la position de son parti, un cadre FL qui a requis l’anonymat souligne à L’OLJ que sa formation s’est alliée avec Ziad Hawat pour le mener au Parlement, et que les contacts se poursuivent avec tous les protagonistes, dont notamment le CPL et les Kataëb. À ce sujet, le cadre FL estime qu’il serait dans l’intérêt de son parti (qui a choisi Chawki Daccache, ancien chef de la section FL du Kesrouan, comme candidat à l’un des sièges maronites du Kesrouan) de ne pas prendre part à la bataille aux côtés des aounistes. 

Concernant les négociations avec le parti de Samy Gemayel, le proche de Samir Geagea se contente de noter qu’il revient aux FL de prendre la décision de sortir ou pas du gouvernement Hariri et d’entreprendre les négociations qu’elles jugent bénéfiques pour le scrutin de mai, assurant toutefois que « les portes des FL sont ouvertes à tous ». 

Ziad Hawat, de son côté, reste optimiste. Il mise sur les électeurs de sa circonscription et leur volonté d’opérer un changement significatif au niveau de la vie politique. Joint par L’OLJ, M. Hawat assure que son alliance avec les FL est définitive, quels que soient les choix politiques ultérieurs de Samir Geagea. À la question de savoir comment il entend défaire le nœud aouniste, il se contente de répondre : « Le choix appartient aux électeurs. »

L’opposition
Tout comme le CPL et les FL, les forces de l’opposition continuent à accorder leurs violons avant la bataille. Jouissant d’une base populaire non négligeable dans la circonscription, Samy Gemayel semble effectuer de minutieux calculs politiques avant de définir ses alliances électorales, d’autant qu’il brandit la cause souverainiste et entend mener sa campagne électorale à partir de son positionnement de farouche opposant au pouvoir en place. C’est d’ailleurs ce que laissent entendre les milieux proches du député du Metn. Des pourparlers sont actuellement en cours avec les FL, indique-t-on dans ces milieux avant d’expliquer : le parti est aujourd’hui dans le camp de l’opposition. Et il est inconcevable de mener la campagne de l’opposition aux côtés des composantes du pouvoir en place. De même source, on apprend que la formation aurait choisi Chaker Salamé, ancien membre du bureau politique Kataëb, pour l’un des sièges maronites du Kesrouan, et qu’elle poursuit ses contacts avec l’ancien député Farid Haykal el-Khazen et le président de la Fondation maronite dans le monde, Nehmat Frem. De son côté, Farès Souhaid assure que son alliance avec Samy Gemayel et son parti est définitive. 

En attendant, plusieurs personnalités et notables de la circonscription suivent de près les péripéties électorales. Ainsi, le Bloc national (dont Jbeil constitue historiquement le principal fief) a consacré récemment une réunion aux législatives sous l’égide de son « Amid », Carlos Eddé.
Mansour el-Bone, ancien député du Kesrouan, a, quant à lui, appelé ses partisans à attendre que « les points soient mis sur les i », comme on peut lire sur son compte Twitter.

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Moi,je ne vois dans aucune liste la participation des femmes.je demande à la gente féminine de ne voter aucune liste qui ne contient le choix d'au moins 2 dames. A bon entendeur salu

Le Faucon Pèlerin

Le Bloc national surnommé "Hezb el-Awadem" (Le parti des gens honnêtes) fut et reste toujours ma formation politique depuis la première moitié des années 40. La dynastie Hawat fut, depuis la création du Bloc national, le pilier le plus solide. De là vient mon appui total à la candidature de Ziad Hawwar.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ON S,ACHETE ET ON SE VEND PARTOUT SUR NOTRE ATOLL LIBAN !

Antoine Sabbagha

Unique avantage de cette bataille beaucoup de listes et une vraie démocratie du moins .

George Khoury

ou comment ils essayent de se partager les restes d'un gateau corrompu
je ne voterais pour aucun parti etabli, ni kataeb, ni hezb, ni amal, ni fl, ni cpl....nouveau parti et nouvelles personnes. Ashraf Rifi et Paula Yaacoubian jusqu'a maintenant ont mon adhesion

Kesrouan-Jbeil : le flou entoure les alliances

12/02/2018

Ziad Hawat, ancien président du conseil municipal de Jbeil et candidat à l’un des sièges maronites. Photo d’archives

Législatives 2018 - Circonscriptions

Alors que l’alliance entre Farès Souhaid et les Kataëb est définitive, le parti de Samy Gemayel et les FL poursuivent leurs négociations.

Yara ABI AKL | OLJ

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