Spécial législatives libanaises 2018

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Liban

Législatives libanaises : Ce qu’il faut savoir pour voter

Législatives 2018 - Repère
08/02/2018

Le 6 mai prochain, sauf imprévu, les électeurs seront appelés à élire une nouvelle législature, pour la première fois depuis neuf ans. Le vote se déroulera cette fois-ci selon un nouveau mode de scrutin, fondé sur la proportionnelle, et un découpage modifié des circonscriptions électorales. Voici, à la lumière des aménagements décidés par le ministère de l’Intérieur, quelques clés essentielles pour comprendre d’abord la procédure de vote, c’est à-dire principalement les actes que doit accomplir l’électeur, puis les modalités du décompte des voix.

I- Le vote
- La compétition électorale se déroule entre des listes fermées dans chacune des circonscriptions, ce qui veut dire que l’électeur doit voter pour l’une des listes en présence telle qu’elle est, sans importation, ni échange, ni soustraction de noms de candidats. Ce qu’on appelait auparavant le « panachage », permettant à l’électeur de biffer par exemple le nom d’un candidat sur une liste donnée pour le remplacer par celui d’un autre de la même confession, tiré d’une liste concurrente ou se présentant en indépendant, n’est donc plus possible avec le nouveau système.

- Il ne sera plus possible non plus pour l’électeur d’apporter avec lui au bureau de vote son bout de papier qu’il aura préparé chez lui ou qu’il aura reçu des mains de partisans de telle ou telle liste. Avec le nouveau système, les bulletins de vote sont fournis par le ministère de l’Intérieur. Ce dernier a, semble-t-il, opté pour un seul feuillet rassemblant les diverses listes en présence dans une circonscription donnée, chaque liste étant identifiée par une couleur et comportant les noms des candidats.

- Sur présentation d’une pièce d’identité (la carte biométrique ayant été renvoyée à de futurs scrutins), l’électeur reçoit des mains du responsable du bureau de vote le bulletin (ou feuillet) contenant l’ensemble des listes, avant de pénétrer dans l’isoloir. Là, il coche en premier lieu la case correspondant à la liste de son choix. Après ce premier vote, l’électeur dispose d’un droit (non obligatoire) de vote préférentiel pour l’un des candidats figurant sur cette liste, mais à condition que, dans les circonscriptions formées de deux ou plusieurs cazas, son vote aille à l’un des candidats qui se présentent dans le caza où lui-même est inscrit. Naturellement, cette disposition ne s’applique pas dans les circonscriptions qui correspondent à un seul caza (ex. Metn, Baabda, Zahlé…) ou dans celles qui ne comportent pas de cazas (les deux circonscriptions de Beyrouth). Ainsi, par exemple, à Beyrouth I (8 sièges) ou à Zahlé (7 sièges), l’électeur est en mesure d’accorder sa voix préférentielle à n’importe lequel des candidats de la liste au niveau de toute la circonscription.

- Le terme « caza » renvoie ici aux circonscriptions de la loi précédente (dite de 1960), lesquelles ne correspondent pas toujours aux divisions administratives. Par exemple, les régions de Marjeyoun et de Hasbaya sont deux cazas sur le plan administratif, mais elles forment une seule petite unité électorale composant avec les cazas de Nabatiyé et de Bint Jbeil l’une des nouvelles circonscriptions du Liban-Sud.

- Si un électeur coche une liste A puis accorde sa voix préférentielle à un candidat de la liste B, son vote préférentiel est annulé et seul est comptabilisé son suffrage pour la liste A. Il en est de même si un électeur vote pour une liste C et donne son suffrage préférentiel à deux candidats de cette liste se présentant dans son caza ou à un candidat se présentant dans un autre caza.
- À la fin de l’opération, l’électeur sort de l’isoloir et dépose son bulletin dans l’urne.


(Repère : Législatives libanaises : les dates à retenir)




II- Le décompte des voix
- Dans une première opération, on calcule le « coefficient électoral » de chaque circonscription en divisant le nombre total de suffrages exprimés dans la circonscription sur le nombre de sièges qu’elle comprend. Prenons par exemple la circonscription de Saïda / Jezzine, qui comporte cinq sièges : deux à Saïda (sunnites) et trois à Jezzine (2 maronites et un grec-catholique). Supposons que trois listes A, B et C se sont présentées dans cette circonscription. La liste A a obtenu 35 000 voix, la liste B 37 500 et la liste C 2 500. Le nombre total de suffrages exprimés est donc de 75 000. On divise ce chiffre sur 5, ce qui nous donne un coefficient électoral de 15 000. La liste C est éliminée de la course ayant obtenu moins que le « seuil d’éligibilité » qui est fixé par la loi au coefficient électoral. Reste donc deux listes, A et B.

- Dans une deuxième opération, on calcule un nouveau coefficient électoral après avoir ôté du total des suffrages le « déchet », c’est-à-dire les voix de la liste éliminée. 75 000 – 2 500 = 72 500 à diviser sur 5 sièges = 14 500. C’est le nouveau coefficient.
- Pour connaître le nombre de sièges emportés par chacune des deux listes restantes, on divise le nombre de voix obtenues par chacune sur le nouveau coefficient électoral. La liste A obtient donc 35 000 à diviser sur 14 500 = 2,41 et la liste B 37 500 sur 14 500 = 2,59. On commence par ne pas tenir compte des décimales, ce qui donne à chaque liste deux sièges, mais il reste un cinquième siège à pourvoir. Comme la liste B a obtenu la décimale la plus élevée, ce siège lui reviendra. La liste B a donc emporté trois sièges et la liste A deux sièges.
À présent, pour connaître les candidats vainqueurs, on procède de la façon suivante :

- Tout d’abord on calcule la proportion des voix préférentielles obtenues par chaque candidat par rapport au total des voix préférentielles dans son caza (et non pas dans toute la circonscription).
- Ensuite, on unifie les deux listes en une seule et on y place les candidats en suivant un ordre décroissant des taux qu’ils ont obtenus.

- Et dans une troisième et dernière opération, on procède par élimination en déclarant vainqueurs les candidats ayant les taux les plus forts, mais en tenant compte, au fur et à mesure que l’on descend dans la liste, du filtrage imposé par trois paramètres : le nombre de sièges gagnés par chaque liste, le nombre de sièges par caza (lorsqu’il y a lieu) et l’identité confessionnelle des sièges.

Pour plus d’informations, consulter le site officiel elections.gov.lb


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Gros Gnon

Rien compris...
Donc je voterai blanc.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

priere lire dans ma reaction et qui expriment etc... merci.

Antoine Sabbagha

Une vraie mascarade qui marchera difficilement vu qu'il faudra de vrais mathématiciens pour bien calculer . Donc soyons logiques et demandons l'impossible .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POINT DE LEGISLATIVES LIBRES ET DEMOCRATIQUES ET QUI EXPRIME LA VOLONTE DU PEUPLE LIBANAIS A L,OMBRE DES ARMES ILLEGALES DETENUES PAR UNE SEULE COMMUNAUTE !

Lebreton Alain

Tiens, cela fera un excellent problème mathématique à résoudre lors des épreuves du Bac (Scientifique de preference).
Sérieusement, ils ont pévu des observateurs neutres pour superviser le décompte des voix?

Tabet Karim

Incroyablement compliqué...et bonjour aux magouilles......

Législatives libanaises : Ce qu’il faut savoir pour voter

08/02/2018

Quelques clés essentielles pour comprendre la procédure de vote, lors des législatives libanaises prévues le 6 mai prochain. Rawf8/Bigstock

Législatives 2018 - Repère

Élie FAYAD | OLJ

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Une vraie mascarade qui marchera difficilement vu qu'il faudra de vrais mathématiciens pour bien calculer . Donc soyons logiques et demandons l'impossible .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POINT DE LEGISLATIVES LIBRES ET DEMOCRATIQUES ET QUI EXPRIME LA VOLONTE DU PEUPLE LIBANAIS A L,OMBRE DES ARMES ILLEGALES DETENUES PAR UNE SEULE COMMUNAUTE !

Lebreton Alain

Tiens, cela fera un excellent problème mathématique à résoudre lors des épreuves du Bac (Scientifique de preference).
Sérieusement, ils ont pévu des observateurs neutres pour superviser le décompte des voix?

Tabet Karim

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