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Liban - Ayrault au Liban

Ayrault : « Les Libanais ne veulent pas être des victimes collatérales du conflit syrien »

Au centre pour les réfugiés de l’association Amel, à Haret Hreik, Jean-Marc Ayrault écoute, dans une des classes pour les petits Syriens, les...

« Ici, on sent beaucoup d'humanité. » Par cette phrase pleine d'émotion, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a résumé sa visite au centre pour les réfugiés de l'association Amel, à Haret Hreik. Au cours de sa visite de deux jours au Liban, le ministre français a voulu consacrer une heure de son emploi du temps chargé au travail d'aide aux réfugiés syriens. C'est sur l'un des centres de Amel, spécialisé dans l'accueil et la formation des réfugiés, situé au cœur de la banlieue sud, que s'est fixé son choix, dans un témoignage de solidarité aussi bien avec les réfugiés syriens qu'avec les Libanais qui subissent les conséquences de la tragédie qui se déroule en Syrie.

À dix heures pile, les grosses 4 x 4 noires du convoi officiel français se sont garées devant le centre de l'association au cœur de Haret Hreik, sous l'œil vigilant des soldats de l'armée (qui tiennent un barrage à quelques mètres de là) et celui en apparence nonchalant des nombreux civils proches du Hezbollah.
Accompagné de l'ambassadeur de France, Emmanuel Bonne, des membres de son équipe et de nombreux journalistes français, M. Ayrault a aussitôt entamé une visite du centre, installé dans un immeuble de six étages.

Après ses entretiens politiques et le dîner de la veille à la résidence de l'ambassadeur, le ministre français a découvert un monde différent, fait d'un mélange de nationalités mais aussi d'une combinaison de misère, de compassion et d'espoir. Il a ainsi fait le tour des classes pour adultes où des femmes voilées et d'autres occidentalisées se côtoient, alors que dans les classes pour enfants, des Irakiens, des Syriens, des Palestiniens, des Soudanais et d'autres apprennent courageusement les premières notions de français et d'anglais. Jean-Marc Ayrault et la délégation qui l'accompagne ont aussi visité les ateliers artisanaux où les participants et participantes (il y a beaucoup de femmes parmi les présents) reçoivent des formations professionnelles qui devraient leur permettre de gagner leur vie grâce à un travail décent. L'atmosphère est à la fois détendue et studieuse, mais ce n'est pas seulement à cause de la propreté des lieux décorés de façon ludique. C'est surtout à cause du fait que tous ceux qui y pénètrent sont conscients qu'il s'agit pour eux d'une chance de sortir de leur quotidien désespéré pour se construire un avenir meilleur, dans la dignité.

Accompagné des responsables du centre et du président fondateur de l'association Amel, le Dr Kamel Mehanna, le ministre français a écouté les explications et échangé quelques mots avec les réfugiés. Il a ensuite tenu une réunion restreinte avec les responsables du centre, les représentants du HCR qui ont participé à cette visite ainsi que les représentants d'autres institutions internationales pour s'enquérir des besoins véritables et des meilleures façons d'aider les réfugiés. Les questions du ministre français étaient axées sur deux points principaux : il a d'abord voulu savoir s'il y a réellement des terroristes cachés dans les camps de réfugiés et ensuite si ces réfugiés souhaitent rentrer chez eux en Syrie, une fois la crise réglée. Ces deux questions soulevées par le ministre montrent en tout cas son intérêt pour les problèmes causés au Liban par la présence de plus d'un million et demi de déplacés syriens et sa volonté sincère de comprendre tous les aspects de ce dossier complexe.

Selon le HCR, l'armée libanaise effectue régulièrement des perquisitions dans les camps de réfugiés et elle n'aurait jamais trouvé d'armes. De même, les déplacés interrogés répondent régulièrement qu'ils n'ont qu'un objectif, celui de rentrer chez eux. C'est en tout cas la version officielle qui a été donnée au ministre français des Affaires étrangères, même si les responsables libanais tiennent un autre discours, selon lequel, sur le million et demi de déplacés il y aurait au moins 600 000 hommes qui savent manier les armes (en Syrie, le service militaire est obligatoire), alors que l'armée n'effectue pas de perquisitions dans tous les camps. De même, les expériences des guerres qui ont causé des déplacements de population montrent qu'entre 15 et 20 % des déplacés ne rentrent pas chez eux...
De toutes les façons, dans la crise syrienne, on est loin d'en être là et rien n'indique qu'elle touche à sa fin. C'est pourquoi le souci principal du ministre français était donc de chercher à aider le Liban pour qu'il puisse continuer à accueillir les déplacés syriens et à leur fournir des conditions de vie relativement décentes.

Devant les journalistes qui l'ont accompagné dans cette visite, Jean-Marc Ayrault a ainsi insisté sur la nécessité pour la communauté internationale d'aider le Liban. Il a rappelé que la France a décidé d'accorder au Liban 200 millions d'euros dans ce but, dont un premier versement de 50 millions d'euros serait envoyé courant 2016. Il a aussi ajouté que les Français ont le droit de savoir où va cet argent. Dans ce sillage, M. Ayrault a rendu hommage au HCR qui est présent sur le terrain et à Amel qui montre « un dévouement extraordinaire ».
Il a répété qu'il faut protéger le Liban des conséquences du conflit syrien, assurant que les Libanais « ne veulent pas être les victimes collatérales de la crise syrienne ». Il a encore précisé qu'il faut préserver la spécificité libanaise, rappelant que c'est toujours la France qui met le Liban sur l'agenda international. Il a enfin émis le souhait que les parties libanaises s'entendent entre elles pour sortir de la crise politique actuelle. « C'est le message que je souhaite leur transmettre, a-t-il affirmé, assurant aussi que la sortie de crise permettrait un meilleur fonctionnement des institutions de l'État. »

De son côté, le Dr Mehanna, dont l'association est candidate au prix Nobel de la paix pour l'année 2016, en raison des services rendus aux réfugiés, a expliqué aux journalistes qui accompagnent le ministre français ce que signifie pour le Liban la présence d'un million et demi de déplacés syriens. Il a rappelé que Amel est une ONG qui veut mettre en avant l'humanité chez les hommes, indépendamment de leurs races ou de leurs appartenances politiques, sociales ou régionales. Elle veut aussi développer le concept de citoyenneté et de droits humains, là où d'autres parlent de divisions politiques ou religieuses.

Évoquant la crise syrienne, qui reste au cœur des préoccupations, le ministre français a répété qu'il faut à tout prix revenir au cessez-le-feu en Syrie. Il a déclaré que la France se bat pour cela, même si le dernier cessez-le-feu s'est effondré et qu'on voit maintenant le siège d'Alep. Il a ajouté que la guerre en Syrie a abouti à jeter des millions de réfugiés sur les routes et à la destruction du pays. À la question de savoir si en qualifiant l'État islamique et le régime syrien d'alliés objectifs, la France est en train de favoriser une solution politique du conflit, le ministre français a répondu que la France fait de son mieux pour éviter que le Liban soit une victime du conflit syrien.

 

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« Ici, on sent beaucoup d'humanité. » Par cette phrase pleine d'émotion, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a résumé sa visite au centre pour les réfugiés de l'association Amel, à Haret Hreik. Au cours de sa visite de deux jours au Liban, le ministre français a voulu consacrer une heure de son emploi du temps chargé au travail d'aide aux réfugiés...

commentaires (2)

UN REPORTAGE FRANC SANS DES PARTIS PRIS... ON ESPERE QUE LA TRES CHERE MADAME SCARLETT HADDAD MAINTIENNE LA LIGNE D,INFORMER OU QUAND ANALYSER LE FAIRE POUR LE POUR ET LE CONTRE...

LA LIBRE EXPRESSION.

13 h 16, le 13 juillet 2016

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Commentaires (2)

  • UN REPORTAGE FRANC SANS DES PARTIS PRIS... ON ESPERE QUE LA TRES CHERE MADAME SCARLETT HADDAD MAINTIENNE LA LIGNE D,INFORMER OU QUAND ANALYSER LE FAIRE POUR LE POUR ET LE CONTRE...

    LA LIBRE EXPRESSION.

    13 h 16, le 13 juillet 2016

  • Quel plaisir de vous lire Scarlett. L'autre face du miroir aux alouettes qu'on nous sert matin midi et soir . Cependant pourquoi avoir caché que ayrault a pris contact avec le partie de la résistance du hezb ? Peut être pour une prochaine livraison que nous souhaitons rapide .

    FRIK-A-FRAK

    11 h 09, le 13 juillet 2016

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