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Liban - La situation

Après l’échec du package-deal iranien, un plan B sécuritaire du Hezbollah ?

La coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Sigrid Kaag, recue hier au Grand Sérail, préalablement à son départ à New York pour...

De la double vague d'attentats de Qaa, deux faits ont découlé. D'abord, la tendance dans les discours politiques à désigner le Liban tout entier comme cible potentielle des terroristes. Ce faisant, le tissu national se trouve inconsciemment rattaché au Hezbollah, qui avait été jusque-là le seul à subir les retombées sécuritaires de son implication en Syrie. Cette tendance, alimentée par des fausses alertes d'attentats et une panique généralisée, occulte l'avis d'un expert en sécurité selon lequel le choix par les terroristes de cibles touristiques neutres aurait comme objectif de détourner les regards des préparatifs d'attentats contre des fiefs du Hezbollah.

La seconde conséquence politique des attentats de Qaa est la relance de la réflexion sur les moyens de protéger les frontières avec la Syrie.
Une option a été avancée en termes vagues, lors de l'avant-dernière séance du Conseil des ministres, de créer une zone tampon aux frontières avec la Syrie. Une option requérant, d'une manière implicite, une coordination avec le régime syrien, que certains milieux du 8 Mars qualifient actuellement (à tort) « d'incontournable ».
Le discours du secrétaire général du Hezbollah, hier, a valorisé ces deux points : il a veillé à souligner que nul n'est épargné du « danger de l'EI, al-Nosra ou la Qaëda wahhabite ». Sa référence à un ennemi commun, qu'est l'EI, à un double niveau régional et local, pourrait trahir un début d'isolement du parti chiite sur le terrain syrien et le terrain libanais, qu'il tenterait d'anticiper.
En Syrie, le rapprochement russo-turc, défavorable de prime abord à l'Iran, est doublé d'une démarcation de moins en moins dissimulée entre le Hezbollah et l'aile réformiste iranienne. L'appréhension du parti chiite de servir de « bouc émissaire » en Syrie, sans avoir d'issue de secours au Liban, aurait en tout cas été alimentée par les sanctions américaines. Alors que l'ancien député Moustapha Allouche estime « encore tôt de mesurer les effets de la dualité du pouvoir iranien, entre réformistes et gardiens de la révolution, sur l'avenir du Hezbollah », il croit savoir néanmoins que « la pression économique subie par le Hezbollah a peut-être été un événement plus important que tout autre événement dans la région, incitant le parti à envisager un compromis national ». Ce qui rejoint dans une certaine mesure une lecture diplomatique selon laquelle « les États-Unis n'auraient pu justifier une ouverture sur l'Iran, sans durcir en contrepartie le ton contre le Hezbollah ».

 

(Lire aussi : Au-delà du cafouillage officiel, l’attentat de Qaa vise tout le Liban, le décryptage de Scarlett Haddad)

 

Les termes de « l'initiative » iranienne
« L'ombrelle politique au Liban », souhaitée par le parti chiite pour renforcer « l'ombrelle sécuritaire » (selon les termes de ses représentants avant les attentats de Qaa), a pris forme dans l'initiative Berry, qui prévoit un package-deal pour débloquer les institutions.
Désormais présentée comme « une initiative iranienne », cette solution globale au Liban est censée accompagner un maintien transitoire du régime de Bachar el-Assad en Syrie, en contrepartie du déblocage de la présidentielle au Liban, sur les bases suivantes : nouvelle loi électorale, désignation d'un nouveau commandant en chef de l'armée, nouveau gouvernement, selon des critères constitutionnels « remodelés ». Parmi les amendements envisagés par l'initiative iranienne, transmise par M. Berry : instituer une vice-présidence de la République, qui serait confiée à la communauté chiite (afin d'éviter, dit-on, les vacances prolongées) ; confier le commandement de l'armée à la communauté chiite, et instituer corollairement une garde nationale aux frontières, une sorte d'unité paramilitaire enrôlant les jeunes miliciens du parti chiite ; imposer le tiers de blocage dans la formation du cabinet, selon les informations d'une source du 14 Mars à L'OLJ.
Il s'agirait en quelque sorte aussi bien pour l'Iran que pour le Hezbollah d'anticiper les développements en Syrie.

 

(Lire aussi : Le rapprochement russo-turc bouleverse la donne en Syrie, l'éclairage de Philippe Abi-Akl)

 

Transmise par l'administration américaine au président français, qui l'a communiquée au prince héritier saoudien en second à Paris, cette initiative s'est heurtée au refus de l'Arabie, exprimé par son chef de la diplomatie, Adel Jubeir. Ce dernier a dénoncé, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue français, Jean-Marc Ayrault, la persistance du « Hezbollah à bloquer la présidentielle libanaise ».

Partant, la visite prévue de M. Ayrault à Beyrouth, les 11 et 12 juillet courant, placée sous le signe du déblocage de la présidentielle libanaise, devrait se limiter strictement à ce dossier, sans l'ambition d'une solution globale : les parties libanaises devront œuvrer par elles-mêmes à un déblocage institutionnel progressif, qui commence par la présidentielle.
Il en découle déjà un affairement interne apparent pour faire élire un président : le président des FL, Samir Geagea, mènerait des efforts « sincères » auprès du chef du courant du Futur, de l'aveu de Moustapha Allouche, en faveur du chef du bloc du Changement et de la Réforme, Michel Aoun – relayés hier par Melhem Riachi, qui s'est rendu à Rabieh. Ces efforts auraient fait suite en partie à une rencontre entre le député Walid Joumblatt et Samir Geagea, au domicile de Nehmé Tohmé, à la veille des retrouvailles Hariri-Geagea à la Maison du Centre. Selon des informations d'al-Markaziya, le député Sleiman Frangié aurait reçu un émissaire du Hezbollah à Bnechii, l'invitant à un entretien prochain avec Hassan Nasrallah, sur la question de la présidentielle. Certains milieux disent que cet entretien devrait paver la voie à son retrait de la course, d'autant que sa candidature ne serait plus favorisée ni par l'Iran ni par l'Arabie.

 

(Lire aussi : Hariri et Geagea d’accord sur les options stratégiques et la sauvegarde de Taëf)

 

Sauf que les milieux du courant du Futur restent réfractaires à la candidature de Michel Aoun, le problème n'étant pas la personne du candidat en question, mais ce que le débat autour de cette candidature induit : un retour à la case départ, c'est-à-dire au blocage de l'échéance par le Hezbollah. Celui-ci « n'acceptera pas d'élire un président, fût-il le général Michel Aoun, sans une entente nationale globale qui sécurise le triptyque armée-peuple-résistance », confie Moustapha Allouche. En contrepartie, « le courant du Futur ne concédera aucun compromis national qui ne règle la question des armes du Hezbollah », dit-il, catégorique.

Le résultat en serait l'alternative suivante pour le parti chiite : rester engagé sur le terrain syrien afin de « gagner ce qu'il peut », ou rentrer au Liban dans l'immédiat, « et tout perdre », selon la lecture de M. Allouche. Il n'exclut pas, dans ce contexte, le recours par le Hezbollah à une troisième option, médiane, un plan B sécuritaire : se retrancher dans les territoires frontaliers centrés sur ses zones d'influence et y assurer une présence militaire potentiellement négociable. Dans ce sens, les attentats de Qaa permettraient désormais d'élargir les zones d'influence du parti chiite dans le nord-est de la Békaa en y incluant Qaa, Ras Baalbeck et Ersal.
Resté silencieux hier sur la reprise d'Alep, Hassan Nasrallah a souligné en revanche « le besoin d'une stratégie nationale officielle au Liban pour lutter contre le terrorisme et résoudre le problème des frontières et des camps de déplacés ». Il a veillé en outre à calmer la panique des Libanais sur le plan sécuritaire, en saluant « les efforts solides de l'armée, les forces de sécurité et la résistance ». Comme si cette panique avait servi sa raison première, celle de réaffirmer implicitement le triptyque « armée-peuple-résistance ».
Du point de vue d'un expert sur la question des réfugiés, Ziad Sayegh, le mécanisme de sécurisation des frontières, ou l'établissement de « zones sûres », nécessite au préalable la délimitation d'une zone militaire entièrement confiée à la surveillance de l'armée, capable de séparer les populations inoffensives de déplacés, des potentiels îlots d'insécurité, comme elle l'a fait, « avec beaucoup d'habileté », à Ersal. Or « la décision politique n'a pas encore été prise dans ce sens », dit-il, tout en précisant que la coordination avec le régime syrien n'est pas un passage obligé, les Nations unies pouvant jouer le rôle de médiateur. Le départ prochain de Sigrid Kaag aux Nations unies pourrait servir à trouver un moyen de confier à l'armée libanaise le contrôle souverain de ses frontières, sans agenda politique.


De la double vague d'attentats de Qaa, deux faits ont découlé. D'abord, la tendance dans les discours politiques à désigner le Liban tout entier comme cible potentielle des terroristes. Ce faisant, le tissu national se trouve inconsciemment rattaché au Hezbollah, qui avait été jusque-là le seul à subir les retombées sécuritaires de son implication en Syrie. Cette tendance, alimentée...

commentaires (8)

LE GÉNIE DU CHIISME : Après le livre apologétique de Mr François-René de Chateaubriand, le Génie du Christianisme, voici que Mr Hassan Nasrallah Brillant lance sur le marché libanais et moyen-oriental les QUATRE COMMANDEMENTS qui feraient de lui le pendant contemporain de l'auteur cité. Ces quatre commandements seraient le reflet de ce que peut produire, au sein de la cellule de crise du Hezbollah, le condensé de la pensée milicienne et étalerait sur les tapis de prières iraniens l'œuvre la plus succulente du GÉNIE DU CHIISME. "Dieu" avait considéré qu'il fallait délivrer dix commandements à l'humanité pour remettre sur les rails le peuple juif, monsieur Nasrallah de Dahiyé considère, Lui, que quatre commandements, mais dits par Lui, seraient amplement suffisants pour remettre sur les rails le peuple libanais. (suite)

Saleh Issal

09 h 56, le 04 juillet 2016

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Commentaires (8)

  • LE GÉNIE DU CHIISME : Après le livre apologétique de Mr François-René de Chateaubriand, le Génie du Christianisme, voici que Mr Hassan Nasrallah Brillant lance sur le marché libanais et moyen-oriental les QUATRE COMMANDEMENTS qui feraient de lui le pendant contemporain de l'auteur cité. Ces quatre commandements seraient le reflet de ce que peut produire, au sein de la cellule de crise du Hezbollah, le condensé de la pensée milicienne et étalerait sur les tapis de prières iraniens l'œuvre la plus succulente du GÉNIE DU CHIISME. "Dieu" avait considéré qu'il fallait délivrer dix commandements à l'humanité pour remettre sur les rails le peuple juif, monsieur Nasrallah de Dahiyé considère, Lui, que quatre commandements, mais dits par Lui, seraient amplement suffisants pour remettre sur les rails le peuple libanais. (suite)

    Saleh Issal

    09 h 56, le 04 juillet 2016

  • PLAN -B- HAHAHAHAHA !!!!! LE SEUL PLAN QUI RESTE NE PEUT ETRE QUE LE RETRAIT DE SYRIE ET D,AILLEURS... LE TEMPS DES FIGUES ARRIVE... QUAND ON LES MANGE OU ILS BLOQUENT LE DERRIERE OU IL CAUSENT LA DIARRHEE ... MAGNANIME LE PICCOLISSIMO PLAN -B-...

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    09 h 23, le 04 juillet 2016

  • QUAND LA GRENOUILLE VEUT SE GONFLER AUX DIMENSIONS DU MASTODONTE... PPPOOOUUUFFF !!!

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    20 h 11, le 03 juillet 2016

  • PLAN B LOL tiens ca me rappelle qlq chose haha pas de plan securitaire du hezb sur le territoire libanais jamais au grand jamais cela n'arrivera SUR TOUT LE TERRITOIRE LIBANAIS en tt cas tant que les FL et les autres (et je suis responsable de mes affirmation) SEUL ET SEULEMENT L'ARMEE LIBANAISE EST LEGALEMENT CHARGER DE FAIRE CELA !!

    Bery tus

    17 h 40, le 02 juillet 2016

  • 1.Une vice-présidence chiite, 2.le commandement de l'armée aux chiites, 3.une "garde nationale" chiite aux frontières, 4.le tiers de blocage dans la formation du cabinet, ne manque plus que de nommer M. Hassan Nasrallah Président de la République, ou un autre titre "à l'iranienne", et notre Liban indépendant et souverain aura vécu, et deviendra une province iranienne ! Merci Monsieur Nabih Berry, pour ce précieux "package-deal"! Vous-même, quel titre ou fonction vous a-t-on promis en récompense ? LIBANAIS, les vrais, les patriotes chiites, sunnites, druzes, chrétiens, êtes-vous prêts à accepter cela ? Pourquoi continuer à vous taire devant tant d'arrogance ? Irène Saïd

    Irene Said

    16 h 50, le 02 juillet 2016

  • Vendus, criminels et sournois ils sont et ils resterons.

    Je partage mon avis

    11 h 09, le 02 juillet 2016

  • Vous savez , il ya une vérité historique qui traverse les temps et les Histoires , c'est que celui qui peut exiger quelque-chose c'est celui qui a les mains enfoncées dans le cambouis. Avoir subit une occupation barbare au sud Liban, étant sous le feu d'une revanche de ces envahisseurs voleurs de terre qui utilisent des bactéries salafowahabites pour le combattre , avoir subit le feu en syrie et avoir à craindre que le retour au Liban le placerait sous le feu de ses compatriotes , le parti de la résistance du hezb ne peut qu'être exigeant pour assurer la paix à sa communauté. Faut pas croire à ce que je viens de lire , que le hezb est quitte à rester et gagner ce qu'il peut plutot que de tout perdre en retournant à la maison, je pense qu'il a suffisamment gagner et que s'il lâchait un peu ce ne serait que se délester d'un trop plein . .

    FRIK-A-FRAK

    10 h 39, le 02 juillet 2016

  • Cette "initiative iranienne" fait vraiment peur! Espérons qu'elle ne verra jamais un commencement de réalisation. Ce serait consacrer officiellement la mainmise du parti iranien sur le pays.

    Yves Prevost

    08 h 00, le 02 juillet 2016

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