Liban

Nasrallah : Notre financement et nos armes viennent d’Iran et ne passent pas par les banques libanaises

Hezbollah

« Nous sommes très nombreux à Alep, et ceux qui prétendent que nous avons subi d'importantes pertes dans cette ville sont des menteurs », a lancé le secrétaire général du parti chiite.

OLJ
25/06/2016

La bataille d'Alep et son importance stratégique, les sanctions américaines bancaires contre le Hezbollah, mais aussi les récents développements à Bahreïn et l'ingérence de l'Arabie saoudite dans cet émirat : tels étaient les sujets de prédilection évoqués hier par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à l'occasion du quarantième du décès de Moustapha Badreddine, dont l'assassinat dans une « grande explosion » près de l'aéroport de Damas a été annoncé en mai dernier.
Qualifié de « cerveau » de la planification de l'attentat qui avait coûté la vie à Rafic Hariri, Moustapha Badreddine continue de faire l'objet d'un mandat d'arrêt lancé par le Tribunal spécial pour le Liban.
La commémoration de la mort de celui qui fut l'un des cadres militaires les plus importants du parti a constitué une opportunité pour son chef pour vanter les qualités de ce stratège militaire et combattant « hors pair », comme il dit. Hassan Nasrallah a passé en revue son engagement et sa « lecture avant-gardiste » des développements dans la région, justifiant ainsi la guerre menée par le Hezbollah en Irak et en Syrie contre le terrorisme. Le leader chiite a également saisi l'occasion pour évoquer la loi adoptée par le Congrès US, le Hezbollah International Financing Prevention Act of 2015 (Hifpa 2015), les modalités de sa mise en œuvre par les banques libanaises et son impact sur le parti et sa base populaire.
« Nous sommes totalement opposés aux sanctions américaines », a-t-il déclaré, assurant que ces sanctions, « même si elles étaient appliquées, ne nous affecteraient en rien ». « Notre financement et nos armes viennent d'Iran et ne passent pas par les banques libanaises », a-t-il précisé.
S'adressant à ceux qui ont prédit « l'effondrement financier et économique » du parti chiite, le secrétaire général a affirmé que « tant que l'argent coulera en Iran, le parti se portera bien ». Il a toutefois reconnu « la pression morale » que ces sanctions ont entraînée, ainsi que leur application, « injuste » selon lui, sur des personnes, des organismes et des institutions « non visées au départ par la loi américaine ».
Hassan Nasrallah, qui s'est abstenu de commenter l'explosion qui avait eu lieu le 12 juin dernier devant la Banque du Liban et d'Outre-mer (Blom), a haussé le ton avant d'affirmer qu'il « n'acceptera pas cette agression contre sa base populaire », accusant certaines banques d'avoir été « plus royalistes que le roi » et leur rejetant la balle en les accusant d'avoir « déstabilisé l'économie du pays ».
Le secrétaire général a toutefois indiqué que son parti était « ouvert aux solutions – ce qui ne veut pas dire pour autant que nous acceptons cette loi –, mais tout simplement parce que sommes attachés à l'économie du pays ».

« Nous resterons à Alep »
Évoquant ensuite la bataille d'Alep et son intérêt stratégique pour le Liban aussi bien que pour la région, il a martelé : « Le combat pour la défense d'Alep, c'est le combat pour la défense du reste de la Syrie, de Damas. C'est la défense du Liban, de l'Irak et de la Jordanie. » Hassan Nasrallah a expliqué l'importance vitale de la participation de combattants du parti chiite aux combats pour la prise de cette ville, accusant la Turquie et l'Arabie saoudite d'être à la manœuvre, avant de justifier la présence du Hezbollah dans cette région pour « faire face au projet américano-saoudien ».
« Il est de notre devoir d'être à Alep. Nous y sommes et nous resterons », a-t-il encore dit. Et de s'en prendre à la « communauté internationale, l'Arabie saoudite et la Turquie en particulier », qui, a-t-il accusé, « ont décidé d'envoyer via la Turquie des combattants à Alep et sa province ». Il s'agit selon lui d'« un nouvel épisode de la guerre de Syrie et de la plus grande bataille dans ce pays ».
Le chef du Hezbollah a ainsi minimisé les « pertes » subies dans les rangs des combattants chiites lors de ces combats que certains médias libanais et arabes ont « amplifiées », selon lui. « Au total, nous avons perdu 26 combattants. Un seul a été fait prisonnier et un second est porté disparu », a-t-il précisé, ajoutant que 617 combattants avaient péri dans l'autre camp depuis le 1er juin.
« Nous sommes très nombreux à Alep, et ceux qui prétendent que le Hezbollah a subi d'importantes pertes dans cette ville sont des menteurs », a poursuivi Hassan Nasrallah. Le secrétaire général du Hezbollah a souligné que le front d'Alep, dans le nord de la Syrie, a été ouvert après que la chute de Damas a échoué. « Le contrôle de la frontière libano-syrienne, depuis l'Ouest, ainsi que l'avancée de l'EI depuis l'Est, ont tous échoué », a-t-il affirmé, estimant que le but ultime était de faire tomber Damas.

La situation à Bahreïn
Le leader du Hezbollah a par ailleurs dénoncé l'action de l'Arabie saoudite à Bahreïn, dont le gouvernement a déchu lundi de sa nationalité le cheikh Issa Qassem, le plus haut dignitaire chiite du pays et un critique du pouvoir sunnite.
« Ce qui s'est passé ces derniers jours à Bahreïn est très dangereux », a déclaré Hassan Nasrallah, en référence à cette décision. « Le pouvoir à Bahreïn a coupé toutes les possibilités de dialogue avec l'opposition et exécute les ordres des Saoud », a-t-il ajouté, précisant qu'« un mouvement de colère se lève à Bahreïn » pour protester contre l'action de la dynastie régnante à Riyad et à Manama.
Revenant enfin sur le dossier libanais, Hassan Nasrallah a fait état de la mise en œuvre d'un plan pour mettre fin aux tirs de joie. « C'est une vieille tradition au Liban qui date de plusieurs décennies », a-t-il déclaré, rappelant que le Hezbollah a adopté une décision ferme sur ce sujet. « Celui de nos membres qui procédera à des tirs sera radié de notre parti », a-t-il lancé, exprimant l'espoir que d'autres partis suivront la même voix.

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CBG

Le serpent se mord la queue...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PERSONNE N,A VRAIMENT COMPRIS CE REVIREMENT ET CES CONFESSIONS...
L,IRAN EST EN POURPARLERS ET NEGOCIATIONS AVEC PLUS D,UN ETAT DONT LES ETATS UNIS... LE SAYED... PAR ORDRE DE SES HAUTES SPHERES... VIENT DE LE PROMOUVOIR D,UNE CARTE SUPPLEMENTAIRES POUR LE NEGOCE... PAS UN JOCKER CERTES MAIS PEUT-ETRE LA DAME DE COEUR... AU MEPRIS DE L,ETAT ET DE TOUS LES LIBANAIS...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE CROIS QU,IL Y A LES CHIITES LIBANAIS... ET LES CHIITES IRANIENS D,ORIGINE...

al

Toutes les dépenses du hizb viennent de l'Iran ... rappelez moi la définition de mercenaires? ni Dieu, ni maître autre que l'argent... mabrouk

Bery tus

Et Voila quand je le disais les chiites sont libanais pure mais leur chefs sont des pures iraniens c'est à savoir d'ailleurs si ils ne sont pas moitier iranien du coter de la mere et moitier libanais !!

carlos achkar

Pauvres chiites libanais qui sont devenus des mercenaires et les otages d'un homme qui est lui-même l'otage des dignitaires chiites iraniens

Gebran Eid

NOTRE ARGENT ET NOS ARMES VIENNENT DE L'IRAN. OUUUUUUU CARREMENT IL L'ANNOMCE ET AVEC FIERTÉ. C'EST QUOI LA DÉFINITION D'UN MERCENAIRE ? EST CE QU'ON PEUT ÊTRE PLUS CLAIR ? DONC TOUS LES MEMBRES DU HEZBOLLAH, COMBATTANTS OU TRÉSORIERS SONT DES MERCENAIRES IRANIENS. ILS REÇOIVENT LES ORDRES DIRECTEMENT DE L'IRAN. ON SE CROIT RÊVER NON ?.
QUEL INTERET ONT LES LIBANAIS DE VOIR UN HEZBOLLAH MERCENAIR CHEZ EUX AU LIBAN ET QUI DÉCIDE TOUT OU PRESQUE SUIVANT LES ORDRES DE L'IRAN ? EST CE QU'IL Y A ENCORE UN SEUL CONNART LIBANAIS QUI N'A PAS REÇU CE MESSAGE POUR COMPRENDRE ? HASSAN NASRALLAH PORTE LE PASSEPORT LIBANAIS ENCORE ! POURQUOI ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL EST TRISTE DE VOIR LES COMMUNAUTES CHIITES DES PAYS ARABES MANIPULEES ET PRISES EN OTAGE PAR LA PERCEE...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LORSQU,ON SE VEND A LUCIFER... ON EXECUTE LES PROJETS DES ENFERS...

ACE-AN-NAS

Un homme de stature internationale, critiquable certes comme tout homme de cette envergure , mais on ne peut pas nier le fait qu'il est tout simplement GRAND comme on en a jamais vu dans notre région.

George Khoury

dans 10 ans, il viendra nous dire benoitement que cette guerre c'etait une erreure. et son public bea repetera cela a qui veut l'entendre.

la force d'un peuple c'est de se dresser contre ses ediles. au Liban le peuple bele derriere ses patrons

Saleh Issal

Cher monsieur Nasrallah,
Comme je m'ennuie ce matin, je vais continuer à discuter avec vous, avec votre permission.
(7) Vous dites "Tant que l'argent coulera en Iran, le Hezbollah se portera bien".
Grand bien vous en fasse ! Mais c'est un peu arrogant comme phrase, non ? Presqu'immorale... Car si mes souvenirs sont bon, c'est tous les jours que le sang coule à flot dans les villes syriennes où des dizaines de milliers de civils reçoivent les bombes dûs aux flots d'argent iranien. Donc des flots d'argent pour des flots de sang innocent.
Pensez-vous que ce soit un bon deal ? monsieur Nasrallah .
Pour ma part, j'éprouve une admiration sans borne pour vos exploits car je suis absolument épaté de la manière avec laquelle vous avez réussi là où les israéliens ont échoué. Il faut dire que 8 à 10 millions de déplacés et 400.000 tués, inclus ceux morts sous la torture des prisons de votre précieux Bachar, des centaines de villes syriennes rasées , en quelques années seulement, BON DIEU IL FALLAIT POUVOIR LE FAIRE ... Et Hassan Nasrallah l'a fait !!
Que Dieu, dans sa grande miséricorde, accueille en enfer les dizaines de milliers de femmes et d'enfants et de civils innocents , et, s'il te plaît, Dieu, accueille le plus rapidement possible, l'ange exterminateur qui a accompli tous ces exploits pour ta grandeur....et la sienne. Je ne vais pas te le nommer puisqu'il est ton envoyé d'après ses propres dires.

Saleh Issal

Cher monsieur Nasrallah,
(5) Vous accusez vertement la Turquie et l'Arabie "d'être à la manœuvre " derrière les évènements du Golfe. Mais vous, vous êtes qui ? N'êtes vous pas à la manœuvre en Syrie et en Irak ainsi qu'au Bahreïn et au Yémen dans une moindre mesure ?
N'êtes vous pas considéré comme un indésirable étranger intervenant dans leurs affaires intérieures, aidé par l'Iran qui est aussi, selon vos critères, un pays à la manœuvre ?
Arrêtez de prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages, monsieur Nasrallah.
(6) Vous vous énervez parce qu'un dignitaire chiite a été levé de sa nationalité. Je vous comprends car vous vous mettez à sa place. Imaginez que le Liban recouvre son indépendance après l'échec des malversations du Hezbollah : et si dans l'ivresse de cette liberté retrouvée l'on décidait de vous déchoir de votre nationalité ? Mais vous avez toujours celle de citoyen d'honneur de l'Iran.
En fait ce que je voulais dire c'est qu'il a été déchu de sa nationalité et NON PAS explosé avec 1,5 tonne d'explosif d'origine syrienne mis en œuvre pas 4 ou 5 accusés du Hezbollah. C'est mieux, non ?

Saleh Issal

Cher monsieur Nasrallah,
(3) "Notre financement et nos armes viennent de l'Iran"....
Et vous combattez contre la volonté du peuple libanais avec ces armes et cet argent contre un peuple qui meurt pour sa liberté . Alors comprenez que nous ne vous aimons pas du tout au Liban et que lorsque ces malheureux martyrs de vos actions et de vos ambitions reviennent dans des cercueils jaunes, nous ne les voyions pas comme des héros mais plutôt comme un gaspillage sans fin de vies dû à votre folie des grandeurs bâties sur l'écrasement d'un peuple.
(4) Vous dites que pour 26 combattants du Hezbollah, il est tombé 640 combattants ennemis. C'est exactement le ratio de tués lorsque vous avez affaire à Israël : pour quelques dizaines d'israéliens tués, quelques centaines de combattants "ennemis" tués. Autrement dit vous êtes devenus l'Israël du peuple syrien, et vous personnellement leur Netanyahu. Avouez que la destruction systématique de la Syrie et de ses villes (réalisé par vos héros aidés par Poutine) fait l'admiration en Israël. Ils n'en reviennent pas du fait que vous réalisez au centuple ce qu'ils ne voyaient que dans leurs rêves.

Saleh Issal

Cher Monsieur Nasrallah,
Shakespeare (prémonitoire) avait déjà bien décrit vos discours lorsqu'il les qualifiait de : "Beaucoup de bruit pour rien". Et vous n'avez jamais cherché à le contredire. Bon passon, ce n'est qu'un Anglais...
(1) Lorsque vous dites que les mesures restrictives bancaires ne vous affectent pas, permettez-moi d'en douter car elles ont l'air de beaucoup affecter les banques libanaises qui se mettent à sauter sans raison, du moins la Blom pour l'instant....
(2) Lorsque vous dites que les tireurs des instants de bonheurs du Hezbollah seront radiés de votre parti, permettez-moi d'en douter car Mr Baddredine n'est pas mort en tant que radié mais en tant que grand spécialiste de Hezbollah. Pourtant il avait paraît-il participé à un immense tir de joie un 13 février 2015. D'autre part avez-vous radié celui qui a organisé le tir de joie de "La Nuit de Cristal" devant la Blom ? Ah, ce n'était pas vous ? Pardon, mais pourquoi ne pas l'avoir dénoncé ? C'était encore beaucoup de bruit pour rien. Hé hé.

Bery tus

ben ca on l'avait dit ... meme pas le 1 millliard qui normalement devait passer par le circuit econo du pays .. on s'en vente pas car on risque de detruire cette meme economie en creant une autre paralelle

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