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Des milliers de Palestiniens enterrent l'adolescent tué par erreur par l'armée israélienne

AFP
23/06/2016

Des milliers de Palestiniens ont enterré jeudi Mahmoud Badran, tué mardi par l'armée israélienne qui reconnaît avoir tiré par erreur sur l'adolescent et ses cousins, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Alors que le cortège funéraire s'apprêtait à quitter le domicile familial à Beit Our al-Tahta, localité proche de Ramallah en Cisjordanie occupée, Amal Badran, la mère de ce jeune de 15 ans, a réclamé justice.
"Ce n'est pas une erreur, il faut qu'ils rendent des comptes, il faut que la justice soit saisie", a-t-elle déclaré à l'AFP.
"C'est une injustice et il faut que le monde entier entende parler de mon fils car il a subi une terrible injustice, comme l'ensemble du peuple palestinien", a-t-elle poursuivi.

Dans la nuit de lundi à mardi, alors que Mahmoud Badran et quatre cousins rentraient d'une sortie dans un parc aquatique voisin, l'armée israélienne a tiré sur leur véhicule, tuant l'adolescent et blessant les autres.
Dans une première version, l'armée a rapporté que les soldats avaient fait feu sur des Palestiniens qui lançaient des pierres et des engins incendiaires sur des véhicules israéliens empruntant une route coupant par la Cisjordanie.

Mais elle est ensuite revenue sur cette version. "Il semble que des personnes présentes sur les lieux et sans lien avec les incidents aient été touchées par erreur au cours de la poursuite", avait affirmé une porte-parole à l'AFP.

Interrogée jeudi pour savoir s'il était à présent établi que l'adolescent avait bien été victime d'une erreur, une porte-parole de l'armée a répondu par l'affirmative.
"Une enquête menée par la police militaire a été ouverte", a-t-elle dit.

Les dirigeants palestiniens ont dénoncé un "assassinat de sang-froid" et l'ONG israélienne des droits de l'Homme B'Tselem a dénoncé "des tirs intenses et sans justification".
"Cet incident est le résultat direct des politiques de l'armée qui autorisent, malgré des interdictions officielles, le recours à des tirs létaux même dans les cas où aucune vie n'est menacée et où les soldats ont des moyens non-létaux à leur disposition", a accusé l'ONG dans un communiqué.
"Le plus haut niveau de l'armée soutient ces politiques et les responsables gouvernementaux ne font rien pour les changer, malgré les morts", poursuit B'Tselem, qui dit ne pas croire que l'enquête annoncée par l'armée "change les règles ou rende justice".

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