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En Arménie, François commémorera le Grand mal et priera pour la paix régionale

AFP
21/06/2016

Le pape François commémorera ce week-end, lors de son voyage en Arménie, le Medz Yeghem (le Grand Mal) subi par les Arméniens sous l'Empire Ottoman et priera pour la paix régionale, a annoncé mardi le Vatican, évitant soigneusement de parler de génocide.

Présentant le 14e voyage du pape François à l'étranger lors d'une conférence de presse, le porte-parole du pape, le père Federico Lombardi, s'est gardé de mentionner ce mot très sensible employé en avril 2015 par le pape François dans la basilique Saint-Pierre. Ankara, furieux, avait alors rappelé provisoirement son ambassadeur.

La Turquie n'accepte pas que des Etats étrangers reprennent la thèse des Arméniens, selon lesquels 1,5 million des leurs ont été tués entre 1915 et 1917, dans un "génocide" à la fin de l'Empire ottoman. Elle affirme qu'il s'agissait d'une guerre civile dans laquelle 300 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

Jorge Bergoglio, a précisé le père Lombardi, se recueillera le samedi au Mémorial de Tzitzernakaberd, où est commémoré le Medz Yeghem et où il prononcera une prière d'intercession. Il y rencontrera une dizaine de descendants d'Arméniens qui avaient été accueillis dans la résidence pontificale de Castel Gandolfo près de Rome, à l'époque des massacres, par le pape Benoît XV. Durant la première guerre mondiale, Benoît XV avait écrit plusieurs messages au sultan Mehmed V pour faire cesser les tueries.

Interrogé sur le fait que les principaux responsables du Saint-Siège évitent d'employer le mot génocide, le père Lombardi a affirmé que le mot "Medz Yeghem", qu'un historien sur place a traduit par 'carnage', est "encore plus fort que génocide" et que le Saint-Siège "refuse d'être pris au piège de discussions politico-sociologiques".
"Je ne peux anticiper ce que dira le pape", a ajouté prudemment le porte-parole, se montrant irrité des "obsessions" des journalistes sur l'emploi ou non de ce mot. Il n'y aura pas de déclaration commune de François et de Karékine II, Catholicos de tous les Arméniens, a précisé le père Lombardi.

Parmi les autres gestes symboliques, le pape se rendra à la fin du voyage dans un sanctuaire à Khor Virap, tout près de la frontière avec la Turquie, et libérera deux colombes en direction du mont Ararat, en signe de paix pour une région en guerre.
Cette montagne de 5.160 mètres, qui était en Arménie jusqu'en 1915, se trouve désormais en Turquie.

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