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Moyen Orient et Monde

L’armée syrienne avance vers Tabqa, l’EI résiste à Manbij

Conflit

La concomitance de ces offensives contre le groupe jihadiste soulève la question d'une coordination entre Moscou et Washington.

OLJ
07/06/2016

L'armée syrienne soutenue par l'aviation russe a avancé hier vers Tabqa, une ville-clé pour le ravitaillement du groupe État islamique (EI). L'armée syrienne est arrivée à 30 km de l'aéroport de Tabqa et 24 km du lac Assad, un large réservoir d'eau dans la vallée de l'Euphrate, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Tabqa est située à une cinquantaine de km à l'ouest de Raqqa. Fin août 2014, une vidéo de l'EI avait montré les corps de soldats syriens exécutés, face contre le sol à Tabqa.
Cette localité est stratégique et symbolique à plus d'un titre pour le régime et les Russes. Ces derniers avaient participé à la construction d'un important barrage entre 1968 et 1974, et ils sont à l'origine de la création de Tabqa, où s'étaient installés les ouvriers du barrage.
En outre, selon l'OSDH, la plus importante prison de l'EI, où auraient été incarcérés des otages occidentaux, se trouve à Tabqa qui compte aussi des champs pétroliers vers le sud-ouest. « Tout ceci fait de Tabqa un objectif militaire, économique et symbolique très important », a affirmé à l'AFP le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.
Dans le même temps, des avions de guerre syriens et russes ont bombardé hier un marché de la province de Deir ez-Zor, dans l'est de la Syrie, faisant au moins 17 morts, a rapporté l'OSDH. Ces frappes visaient la localité d'Achara.
Pour contrer les avancées de l'armée syrienne et de ses alliés, l'EI a lancé hier une contre-offensive dans la province de Hama en réaction à l'attaque des forces gouvernementales contre les positions jihadistes la semaine passée, ont rapporté l'OSDH et la chaîne de télévision al-Manar.

« Acharnement »
Au nord, la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) est à 60 km au nord de Raqqa et n'avance plus vers le sud car son objectif prioritaire est la prise de Manbij, une localité stratégique pour les Kurdes. À Manbij, située dans la province d'Alep, les combattants kurdo-arabes faisaient face à une forte résistance bien qu'ils encerclent la ville par le nord, le sud et l'est. « Les jihadistes ont envoyé leurs familles à l'extérieur et ils se battent avec acharnement », a souligné M. Abdel Rahmane.
La tâche est d'autant plus difficile pour les troupes au sol que quelque 20 000 personnes résident dans cette localité et que la coalition conduite par les États-Unis veut éviter que ses avions commettent un bain de sang.
Manbij se situe sur l'axe que l'EI utilise pour faire transiter hommes, armes et argent de la frontière turque – à une trentaine de km plus au nord – vers son fief de Raqqa.
Selon Charfan Darouich, porte-parole du Conseil militaire de Manbij, plus de 150 jihadistes avaient été tués depuis le début de la bataille pour le contrôle de la ville. Et plus de 50 de ces corps ont été récupérés par les FDS, à la pointe de l'offensive lancée mardi dernier.

Coordination « informelle »
La concomitance de ces offensives contre l'EI soulève la question d'une coordination entre Moscou et Washington. « C'est clair qu'il y a une coopération entre la Russie et l'armée américaine. Il leur serait impossible de mener des raids dans la même région sans une coordination », a affirmé hier à l'AFP une source du régime syrien.
Il existe, selon lui, depuis plusieurs mois à Bagdad « une chambre d'opération militaire commune de lutte contre l'EI, regroupant des officiers syriens et irakiens avec la coopération des Russes et des Américains, pour coordonner les grandes opérations contre le groupe jihadiste ».
Mais pour l'expert Matthew Henman, basé à Londres, cette coordination est jusqu'à présent « informelle ». « Il y a peut-être une sorte de coordination informelle à un haut niveau pour éviter toute confusion et des combats par inadvertance, mais il est peu probable qu'il s'agisse d'une coordination pleine et entière », souligne M. Henman, qui dirige le centre de recherche sur le terrorisme et l'insurrection d'IHS Jane's.
Si les combats pour Tabqa et Manbij sont stratégiquement importants, la reprise de Raqqa serait plus symbolique car elle marquerait un coup terrible au moral de l'EI. Pour M. Henman, « Raqqa sera certainement l'un des derniers si ce n'est le dernier bastion de l'EI à tomber en Syrie ». Et aussi bien le président syrien Bachar el-Assad que les Kurdes veulent être les premiers à s'en emparer. « Ils préféreraient ne pas voir l'autre partie en prendre le contrôle », poursuit l'expert.
Toutefois, le porte-parole du Pentagone, Peter Cook, a déclaré qu'il n'y a pas de « coordination directe des activités sur le terrain » entre Américains et Russes, lors d'un point de presse au Pentagone.

(Source : AFP)

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