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Entretien

« Seul Moscou semble encore en mesure d’imposer un changement » en Syrie

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et son homologue saoudien Adel al-Jubeir. Yuri Kadobnov/AFP

Le 25 mai, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov s'est entretenu avec les membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et a salué à cette occasion le dialogue constructif avec ses homologues. De son côté, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a rappelé la volonté de Riyad de renforcer les relations avec Moscou. Dans un contexte où le processus diplomatique est gelé, un infléchissement de la position saoudienne et une convergence ponctuelle avec Moscou pourraient favoriser une nouvelle initiative russe, comme alternative à Genève. Randa Kassis, représentante de l'opposition laïque syrienne, revient à travers cet entretien sur le rôle-clé de Moscou pour sortir de l'impasse des négociations.

Aujourd'hui le processus de Genève est moribond, et il est fort à parier que la date butoir pour la relance des pourparlers ne sera pas tenue. Y a-t-il un processus alternatif qui prend forme ?
Il n'y a pas encore d'alternative claire à Genève. Le processus est bloqué en raison de l'attitude de certains acteurs régionaux qui refusent l'approche constructive, et l'inconséquence de la délégation de Riyad qui, tout en participant à Genève, refuse d'aplanir les obstacles au dialogue. Cette situation de blocage est l'illustration la plus éloquente de la perte d'influence des États-Unis sur leurs alliés régionaux. Ils ne sont plus en mesure d'imposer leurs conditions à leurs alliés saoudien et turc. La volonté du président américain Barack Obama de parvenir à un accord avec les Russes pour amorcer un processus politique efficace a été mise à mal sous l'effet des contradictions internes à la gestion américaine de cette crise. Seul Moscou semble encore en mesure d'imposer un changement progressif mais radical sur ce dossier.


(Pour mémoire : Damas a encore "beaucoup à faire", estime Poutine)

 

Quel est l'état des relations russo-américaines depuis la remise en cause du deal entre Moscou et Washington pour une solution politique à la crise syrienne ?
Lorsque Barack Obama a décidé de s'impliquer sur ce terrain, avec une volonté réelle de séparer le dossier ukrainien et la question nucléaire du traitement de la crise syrienne, c'est le département d'État qui s'est opposé à tout accord avec les Russes. Une partie de cette administration américaine est alignée sur les positions radicales d'Ankara et de Riyad et défend la doctrine de la guerre d'usure. On accepte le principe de la négociation mais on pose un ensemble de conditions préalables. Les Américains ne semblent donc toujours pas avoir compris comment les Russes fonctionnent et leur méthode de travail. L'approche globale des États-Unis vis-à-vis de la Russie n'a pas changé : il s'agit d'une politique agressive malgré la volonté d'une partie de l'administration de débloquer la situation par la politique des petits pas. Sur le dossier syrien, Washington soutient les mesures de rétorsion économiques contre Moscou décrétées le 29 juillet 2014, et régulièrement prolongées depuis, mais c'est l'Union européenne qui subit les conséquences de cette situation de crise puisqu'en retour, la Russie a répondu à ces sanctions en adoptant des restrictions qui prévoient un embargo sur une large quantité de produits agroalimentaires européens.

 

(Voir aussi : La guerre de communication russe en Syrie, en vidéo)

 

Les Russes ont-ils aujourd'hui les moyens de débloquer la situation sans le soutien actif de Washington?
Oui, parce qu'indéniablement, la Russie est en position de force. Sur le plan opérationnel, ils ont renforcé leur présence en Syrie et sont les seuls à pouvoir exercer des pressions efficaces sur le régime syrien afin qu'il propose des réformes susceptibles de ménager une sortie de crise. Les Russes pourraient faire avaliser une solution par l'Onu, si les Européens se ralliaient à la position de Moscou pour sortir de l'impasse. Les États-Unis mènent un double jeu sur ce terrain, et ne peuvent plus faire confiance à leurs alliés traditionnels. Ils savent qu'une convergence entre Moscou et Riyad est aujourd'hui tout à fait possible.
Justement, la rencontre entre Mikhaïl Bogdanov et ses homologues du CCG augure d'un rapprochement entre Riyad et Moscou. Un accord sur le dossier syrien peut-il intervenir dans les prochains mois ?
Oui, les divergences de fond entre Moscou et Riyad n'excluent pas un rapprochement dans les semaines à venir qui serait déterminant pour trouver une issue politique à cette crise. Rappelons que pour Riyad, c'est d'abord une affaire de personne, les Saoudiens étant inflexibles sur la question du départ inconditionnel de Bachar el-Assad. Ils redoutent également la politique de Téhéran et son influence grandissante dans la région. Or l'intervention russe en Syrie s'est faite également au détriment de l'Iran et les contradictions russo-iraniennes sont réelles. Néanmoins, Moscou peut pondérer le conflit entre les deux et trouver un équilibre entre les ambitions régionales iraniennes et saoudiennes. Si les Russes offrent des garanties suffisantes à Riyad, une évolution de la situation est tout à fait probable. Le principal adversaire reste la Turquie et l'expansionnisme néo-ottoman d'Erdogan.

 

Pour mémoire

Les États-Unis à la peine pour arrêter la guerre en Syrie

Poutine trouve « facile » de travailler à la fois avec les États-Unis et la Syrie


Le 25 mai, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov s'est entretenu avec les membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et a salué à cette occasion le dialogue constructif avec ses homologues. De son côté, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a rappelé la volonté de Riyad de renforcer les relations avec Moscou. Dans un contexte...

commentaires (10)

LA CONNIVENCE EST TOUJOURS EN MARCHE... ENTRETEMPS LES MARCHANDAGES SUR L,UKRAINE POUR QUE POUTINE PUISSE EXECUTER L,ENTENDEMENT SANS DOMMAGES COLLATERAUX...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

14 h 59, le 02 juin 2016

Tous les commentaires

Commentaires (10)

  • LA CONNIVENCE EST TOUJOURS EN MARCHE... ENTRETEMPS LES MARCHANDAGES SUR L,UKRAINE POUR QUE POUTINE PUISSE EXECUTER L,ENTENDEMENT SANS DOMMAGES COLLATERAUX...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 59, le 02 juin 2016

  • Deux heures donc, avant de s'en aller "s'opposer" ; laïqueMent parlant mahééék ; après avoir obtenu la permission pour cela bien sûr de l'aSSadique bääSSyriaNique !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 28, le 01 juin 2016

  • Et dire qu'il lui faut chaque jour deux heures pour "soigner".... sa chevelure !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    20 h 15, le 31 mai 2016

  • Le 25 mai, le vice+ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov s'est entretenu avec les membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et a salué à cette occasion le dialogue constructif avec ses homologues. De son côté, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al+Jubeir a rappelé la volonté de Riyad de renforcer les relations avec Moscou DEMANDER AUX RUSSES DE CHANGER LA SITUATION EN FAVEUR DE L'OPPOSITIION SYRIENNRE C'EST COMME DEMANDER AU DIABLE D'AIDER LES AODRATEURS DE DIEU OU DE REPANDRE LA VERTU ET LE BONHEUR SUR TERRE. LES POCHES PLEINES MAIS LA TETE VIDE VOILA LA TRISTE SITUATION DES GOLFIQUES MASOCHISTES QUI LECHENT ET SALUENT LA MAIN QUI EGORGE LEURS CORELIGIONNAIRES ARABES/SUNNITES DE LA REGION. COMME LE MOUTON QUI LECHE LE C..... DUE BOUCHER QUI LE MENE A L'ABATTOIR. PLUYS LES RUSSES BAISENT LES ARABES / SUNNITES DE LA REGION EN IRAK,EN SYRIE OU BIENTOT AU YEMEN PLUS LES ROITELETS ARABO~SUNNITES MASOCHISTES S'APLATISSENT DEVANT CES TATARS MONGOLOIDES QUI SE NOMMENT LAVROV ,PUTIN OU BOGDANOV.ET CRE AU LIEU DE L'AFFRONTER PAR DES SANCTIONS BOYCOTTS OU TOUS LES MOYENS DISPONIBLES.

    Henrik Yowakim

    22 h 45, le 30 mai 2016

  • Très chère Randa , vraie opposante opposée aux bactéries salafowahabites , ça fait 5 ans et 3 mois qu'on dit ça , mais oreille ensablée n'entend pas .

    FRIK-A-FRAK

    18 h 57, le 30 mai 2016

  • Effectivement, la Russie a beau rôle La chaise vide laissée par Obama dans la région, la Russie va pouvoir s'assoir Il faudrait que les russes apprennent à connaître l'esprit , la mentalité et la longue histoires des arabes. Ils ont eu déjà quelques experiences cuisantes avec Nasser, Arafat et consorts

    FAKHOURI

    18 h 57, le 30 mai 2016

  • Il ne manquait plus que "la thèse" de cette représentante de l'opposition "laïque" syrienne, mais admise par le régime bääSSyrien !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    18 h 11, le 30 mai 2016

  • Merci Monsieur Kassouf pour votre remarque, l'erreur a été corrigée.

    L'Orient-Le Jour

    15 h 44, le 30 mai 2016

  • lavrov est devenu Bogdanov une nouvelle innovation de l'OLJ LES PERSPECTIVES DE L'olj M'ont toujours surpris

    SATURNE

    15 h 37, le 30 mai 2016

  • CHERE MADAME... LE MORIBOND RUSSE ASPIRE ENCORE GRACE AU BON VOULOIR DE SES PARTENAIRES ET DES ENTENDEMENTS AGREES... OUI IL EST LE SEUL A POUVOIR METTRE AU PIED DU MUR SES ALLIES MOUMANA3ISTES QUAND L,HEURE VIENDRA... ET ELLE VIENT... LE TOCSIN SONNE, LE GLAS SE FAIT ENTENDRE... ET C,EST SON ROLE DANS LA CONNIVENCE ... LES BOITES DES HURLUBERLUS MOUMANA3ISTES PRETENDUS ARABES COMMENT PEUVENT-ELLES COMPRENDRE L,ECONOMIE-POLITIQUE ET SES RETOMBEES SUR LES ZORROS DES ZEROS ? BONNE JOURNEE MADAME.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    15 h 16, le 30 mai 2016