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Le petit-fils de Gabin ramène son Molière à Beyrouth

Festival du printemps de Beyrouth

« Je ne prends pas cette distinction comme un cadeau, mais comme une promesse à tenir envers le public et la profession », confie Alexis Moncorgé à « L'OLJ » au lendemain de la cérémonie des Molières 2016 et à quelques jours de son arrivée au Liban.

30/05/2016

La huitième édition du Festival du printemps de Beyrouth, organisée par la Fondation Samir Kassir, s'ouvre ce vendredi 3 juin avec Amok de Stefan Zweig*. Un solo théâtral d'un soir, en français avec sous-titrage en arabe, qui promet d'être un moment magnifique. Et pour cause, Alexis Moncorgé, le comédien âgé de 28 ans qui l'interprète, vient d'être couronné du Molière de la révélation masculine. Web-interview avec ce jeune homme débordé (par le succès ?), qui semble bien parti sur les traces de son célébrissime grand-père : Jean Gabin.

« J'ai si hâte de venir au Liban et de vous y rencontrer tous. Vous n'imaginez pas ma joie », lance-t-il d'emblée. Et l'on devine, derrière ces mots tapés sur clavier, une réelle sincérité. Il se dit désolé pour les fautes d'orthographe qu'il aurait pu commettre, « n'ayant pas le temps de me relire », écrit-il avec une touchante absence de prétention. Et l'on se dit que ce petit-fils de l'un des mythes du cinéma français, ne semble pas en avoir hérité la morgue affichée. Il n'a d'ailleurs pas non plus les fameux yeux bleus de l'acteur de Quai des Brumes.

Mais, outre son véritable nom (Jean Gabin s'appelait en réalité Jean-Alexis Moncorgé), Alexis Moncorgé a, semble-t-il, largement reçu son talent en héritage. Et sa détermination aussi. Car il ne manque pas de répéter qu'il a trimé pour gagner ses galons de comédien. « Je n'ai jamais brandi le nom de mon grand-père comme un passe-droit. J'ai travaillé dur. » La preuve, pour adapter et interpréter Amok, cette histoire de passion maladive – dans la Malaisie coloniale – d'un homme pour une femme qui le méprise, « j'ai vidé mes économies et travaillé jour et nuit pendant plus d'un mois », tient à signaler le charismatique comédien. Boosté par cette prestigieuse reconnaissance de son talent (à laquelle il avait été également nommé en 2015 pour son rôle dans Au Bonheur des dames, d'Émile Zola), il ne compte pas s'arrêter en si bon chemin.

Au menu de ses projets à venir : le passage d'Amok pour la seconde année au Festival Off d'Avignon, sa traduction et son interprétation en anglais ainsi que la préparation d'une pièce de Cocteau (L'aigle à deux têtes) pour la saison parisienne de 2017. Alexis Moncorgé, une révélation à suivre...

*Esa (auditorium Georges Audi) ; Clemenceau. Entrée libre (21h).

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Alexis Moncorgé : « Ce n'est que le début et c'est merveilleux ! »

Que ressentez-vous au lendemain de votre obtention du Molière de la révélation masculine ?
Beaucoup de joie et de fierté pour l'ensemble des gens qui ont accompagné ce projet. C'est une histoire d'équipe, une histoire humaine. Sur un plan plus personnel, recevoir cette marque de confiance de la part de l'ensemble de la profession est une grande satisfaction. Je repense aux années de galère et je me dis qu'elles n'ont pas été vaines. Je ne prends pas cette récompense comme un cadeau, mais comme une promesse à tenir envers le public et les gens du métier. Ne jamais se relâcher, se satisfaire de son travail, croire que les choses sont acquises. Toujours se remettre en question et aller de l'avant, oser ! Vivre !

Qu'est que qui vous a séduit dans cette nouvelle de Stefan Zweig au point d'avoir tenu à l'adapter et la porter sur scène ?
Je cherchais à faire un monologue depuis pas mal de temps, j'en ai lu énormément sans avoir de coup de cœur. Je suis un grand fan de Zweig, ses biographies, ses nouvelles, et un soir, en rentrant chez moi, je lis Amok. Cela a été un coup de foudre, une évidence. Ce court texte se prêtait à merveille au format du monologue. Il y avait une palette de sentiments et de jeu de scène incroyable pour un comédien. Le désespoir, le désir, le dégoût, la haine, la passion qui frôle la folie avec une nuance et une qualité d'écriture que seul Zweig est capable de rendre en quelques lignes.

Comment avez-vous abordé le rôle que vous interprétez dans « Amok » ?
J'ai été habité dès la lecture. Nous avons ensuite beaucoup « déblayé » avec ma metteure en scène Caroline Darnay. Des heures de travail pour trouver les tenants et les aboutissants de chaque scène, définir les contours de chaque personnage. Nous avons beaucoup travaillé également sur le corps, car nous voulions qu'il prenne le relais des mots durant le spectacle. Caroline Darnay m'a poussé à dépasser les sillons tracés, mon horizon de jeu... Et plus je joue, plus je découvre des choses. C'est la magie du spectacle vivant, rien n'est figé, tout évolue constamment.

Pourquoi avez-vous choisi les planches plutôt que les plateaux de cinéma, comme votre célèbre grand-père ?
Je veux faire du cinéma, mais j'ai fait mes classes au théâtre. J'ai plus de propositions au théâtre pour le moment. Je m'y suis forgé, j'y ai fait mes premiers pas, je m'y sens bien. Sauf que je veux explorer d'autres choses encore. Tout reste à faire, ce n'est que le début et c'est merveilleux.

 

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