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Une maison incendiée dans le village d'une famille palestinienne décimée par des extrémistes israéliens

AFP
20/03/2016

Un incendie a ravagé la maison de l'unique témoin de l'incendie criminel de Douma en Cisjordanie occupée, voisine de celle où un bébé palestinien et ses parents étaient décédés l'été dernier, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Ibrahim Dawabcheh et son épouse ont été réveillés dans la nuit de samedi à dimanche par une épaisse fumée qui a envahi leur maison à Douma, village devenu symbole des exactions des extrémistes juifs dans le nord de la Cisjordanie.

Ils sont encore tous les deux à l'hôpital en état de choc et sont incapables de parler, a affirmé à l'AFP Bachar Dawabcheh, le frère d'Ibrahim qui réside aussi dans la maison incendiée.
"Vers 01H30 du matin, j'ai entendu mon frère et sa femme appeler à l'aide, je suis monté à leur étage et j'ai vu le feu", a-t-il dit.

Toutes les pièces de l'étage étaient dimanche matin imprégnées d'une odeur âcre de brûlé, tandis que les murs étaient couverts de suie et les portes en bois réduites en cendres.
Dans le salon, des fauteuils écrus étaient noirs de suie, et dans la chambre, le lit, calciné, n'était plus qu'un cadre noirci et carbonisé dont émergeait les ressorts d'un matelas autour duquel déambulaient des habitants, choqués de revivre ces moments, et de responsables locaux qui tentaient d'évaluer les dégâts.

La maison d'Ibrahim Dawabcheh est située à quelques mètres de celle de son cousin Saad Dawabcheh, partie en fumée en juillet quand des extrémistes juifs avaient jeté des cocktails Molotov par une fenêtre ouverte. Ils avaient laissé des slogans en hébreu sur les murs jouxtant la maison.

Ali Dawabcheh, 18 mois, avait brûlé vif et ses parents Saad et Riham avaient succombé quelques semaines plus tard à leurs blessures. Seul son frère Ahmed, alors 4 ans, a survécu. Ce drame avait choqué les Palestiniens et suscité l'émoi en Israël et à l'étranger.

Cette fois également, "la fenêtre a été brisée depuis l'extérieur et des produits inflammables ont été retrouvés dans les décombres", a affirmé dimanche à l'AFP le colonel Malek Ali, chef des pompiers de Naplouse.

Pour tous à Douma, les coupables ce sont "les colons" israéliens. "Ils voulaient envoyer un message à la famille et au village: 'ce témoin doit disparaître'", accuse Nasser Dawabcheh, frère de Saad, qui rappelle que de nouvelles audiences devant un tribunal israélien sont prévues les 12 et 13 avril.
Selon le vice-gouverneur de Naplouse Anan al-Atireh, "ce crime prouve qu'il existe un terrorisme organisé perpétré par des gangs de colons sous la protection et avec le soutien des autorités d'occupation".

De son côté, la police israélienne a dit refuser pour le moment de privilégier l'hypothèse d'un incendie criminel. Dans l'affaire de Douma, la justice israélienne a pour le moment inculpé deux Israéliens des milieux juifs radicaux.

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