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Conflit

Accueil triomphal en Russie pour des bombardiers de retour de Syrie

Moscou poursuivra ses frappes contre des "objectifs terroristes", a prévenu l'armée russe.

Des bombardiers russes ont fait leur retour sous les vivats mardi en Russie après l'annonce surprise de Vladimir Poutine du désengagement du gros de son contingent militaire de Syrie. Russian Ministry of Defence via REUTERS

Des bombardiers russes ont fait leur retour sous les vivats mardi en Russie après l'annonce surprise de Vladimir Poutine du désengagement du gros de son contingent militaire de Syrie, dont l'Onu et les Occidentaux espèrent qu'il aura un effet positif sur les négociations de Genève.
Ce nouveau coup de théâtre orchestré par le chef de l'Etat russe, qui dicte le tempo dans la crise syrienne, intervient alors que le conflit entre dans sa sixième année. Conséquence sur le terrain: le Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, promet une offensive dans les 48h et parle d'une "défaite" russe.

En dépit de ce retrait, Moscou poursuivra ses frappes contre des "objectifs terroristes", a prévenu l'armée russe. Son aviation a ainsi frappé mardi Palmyre (centre), tenue par le groupe État Islamique (EI), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Le repli de l'armée russe intervient alors que la question de l'avenir du président Bachar el-Assad demeure entière, Damas restant sourd aux exigences des opposants syriens. Pour de nombreux experts, en retirant des troupes, la Russie cherche aussi à accentuer la pression sur Assad à l'amorce des négociations de paix.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a cependant affirmé que ce retrait n'était en "aucun cas" une mesure de rétorsion des Russes.


(Repère : "Mission accomplie" pour Poutine en Syrie ?)



Conformément à l'ordre donné lundi soir par Vladimir Poutine, un premier groupe de bombardiers Su-34 et d'avions de transport Tu-154 a quitté la base de Hmeimim (nord-ouest). Ils ont été accueillis en fanfare mardi sur une base militaire près de Voronej, dans le sud-ouest de la Russie.
"La tâche qui avait été confiée à notre ministère de la Défense et aux forces armées a été globalement accomplie et j'ordonne donc au ministère de la Défense d'entamer à partir de demain (mardi), le retrait de la majeure partie de notre contingent", a-t-il déclaré à la télévision lundi soir, ajoutant avoir appelé au préalable M. Assad.
Le Kremlin a ensuite indiqué que la Russie garderait sur place "un site de logistique aérienne" pour surveiller le respect du cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 février. L'armée russe va aussi maintenir ses systèmes de défense antiaérienne "les plus modernes", a priori les S-400.
Pour la presse russe, ce retrait permet de présenter son intervention comme une victoire politique en évitant l'enlisement craint par l'opinion.

 

(Dossier spécial : Guerre en Syrie, an V : Pour quoi, pour qui et comment ?)

 

Place au "processus politique"
Depuis le début de l'intervention russe le 30 septembre, M. Poutine est progressivement monté en puissance en Syrie au fur et à mesure que les Etats-Unis se désengageaient du dossier. La crise syrienne lui a permis de poser fermement le pied dans ce pays au coeur de toutes les dynamiques régionales, et sortir de l'isolement international provoqué par la crise ukrainienne.
Pour l'heure, les frappes de l'armée russe ont permis de "donner une bonne base (...) pour que le processus politique se déroule comme prévu", s'est félicité le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Signe que ce processus est relancé au niveau diplomatique, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé qu'il allait rencontrer M. Poutine à Moscou dans une semaine.
"Les Russes ont donné suite" à leur annonce, a estimé la Maison Blanche, tandis que Paris soulignait que "tout ce qui contribue à la désescalade doit être encouragé".

A Genève, l'opposition syrienne a accueilli l'annonce avec prudence, disant redouter une "ruse" du Kremlin, tandis que l'émissaire de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, a dit espérer un "impact positif" sur les négociations.
L'annonce du retrait russe est intervenue quelques heures après le début d'un nouveau cycle de négociations entre des représentants du régime syrien et de la très hétéroclite opposition.


L'annonce du retrait russe de Syrie a créé la panique sur le marché des changes à Damas, selon l'hebdomadaire économique en ligne The Syria Report: la livre syrienne (LS) a plongé à 458 LS pour un dollar contre 443 LS deux jours plus tôt. "Les analystes ont interprété ce retrait surprise comme une réprimande contre le régime syrien, un signe rare de tension entre les deux alliés", note l'hebdomadaire.

La guerre en Syrie, qui a débuté en mars 2011, a fait plus de 270.000 morts, poussé plus de la moitié des habitants à quitter leur foyer, et provoqué une importante crise migratoire.

 

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commentaires (9)

SI LE REGIME FERAIT ECHOUER LES NEGOCIATIONS LA DANSE REPRENDRAIT PLUS ACHARNEMENT QUE JAMAIS AVEC LA DIFFERENCE QUE CE SERAIT A SON GRAND DESAVANTAGE... ET SA FIN SERAIT DEFINITIVE...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

22 h 43, le 15 mars 2016

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Commentaires (9)

  • SI LE REGIME FERAIT ECHOUER LES NEGOCIATIONS LA DANSE REPRENDRAIT PLUS ACHARNEMENT QUE JAMAIS AVEC LA DIFFERENCE QUE CE SERAIT A SON GRAND DESAVANTAGE... ET SA FIN SERAIT DEFINITIVE...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    22 h 43, le 15 mars 2016

  • Accueil triomphal en Russie pour des bombardiers de retour de Syrie POUR AVOIR TRIOMPHALEMENT CHARCUTEES,DECHIQUETEES,DEPECEES DES MILLIERS D'ENFANTS ET DE CIVILS INNOCENTS EN BAASSYRIE ,LES BOMBARDIERS RUSSES SONT RECUS EN FANFARE. TOUT COMME AUTREFOIS LES ARMEES DE TAMERLAN EGORGEUSES DES POPULATIONS CIVILES SYRIENNES. LE PROBLEME C'EST QUA'AVEC LA CRIMINALISATION DE LA POLITIQUE ET LA POLITISATION DU CRIME D'ETAT,LES MASSES ABRUTIES PAR LA PROPAGANDE ET LES FANFARONNADES OFFICIELLES NE PEUVENT PLUS DISTINGUER LE BON GRAIN DE L'IVRAIE . CE QUI FAIT NATURELLEMENET DU GANGSTER D'ETAT ET CRIMINEL DE GUERRE PUTIN ,CE HERITIER DIRECT DE TAMERLAN ,UN HEROS DE LA PAIX ET DE LA SECURITE AU MOYEN ORIENT. ET BIENTOT LE PRIX NOBEL DE LA PAIX ? TOUT COMME POUR KISSINGER LE GANGSTER IMPERIAL DE LA DIPLOMATIE PLANETAIRE.

    Henrik Yowakim

    22 h 23, le 15 mars 2016

  • Hehehe et maintenant quoi? Le repos des âmes perdu lol Et juste en passant se retirer comme Ca subitement ne présage rien de bon d'un autre coter je pense pour ma part que les rebelles reviendront et encore plus fort qu'avant !!

    Bery tus

    15 h 46, le 15 mars 2016

  • Ils auront droit à un bon repos du guerrier . Et si connivence il devait y avoir ( lol) , les patrons américains qui ont perdu la main en Syrie et en Irak dans une moindre mesure, ne pourront pas permettre que les russes qui roulent pour eux perdent la partie contre les salafowahabites !!lol. logique non ? lol.

    FRIK-A-FRAK

    13 h 42, le 15 mars 2016

  • Tout baigne dans un flou total en attendant la paix floue à Genève

    Sabbagha Antoine

    11 h 28, le 15 mars 2016

  • Vladimir Poutine est un fin tacticien...d'une part , il vient de valider qu'il est militairement incontournable sur le terrain militaire ...et de l'autre indispensable à la table de négociation ...! bon pour ce qui est de Normal 1er et son Ayrault ..la preuve est faite ,les deux sont largement contournables....

    M.V.

    11 h 11, le 15 mars 2016

  • UN SILENCE PROFOND REGNE DANS DES D,HABITUDE BOUILLEUSES AIGRES SOUPES... DU MAKHLOUTA...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 47, le 15 mars 2016

  • LA CONNIVENCE EST REINE DE LA SITUATION... ET LES RIRES NE VONT PAS TROP TARDER A ECLATER...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 35, le 15 mars 2016

  • yalla, j'attends de voir quel scenario les analystes du 8mars vont nous sortir pour ce retrait. Je ne serais pas etonne qu'ils disent: C'est le president bashar qui a insiste aupres de poutine pour ce retrait et c'est une victoire pour la resistance....Quand le ridicule ne tue pas, on en abuse

    George Khoury

    10 h 19, le 15 mars 2016