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G20

Face au ralentissement économique, Berlin prône toujours le frein à main

Au G20, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble s'est distingué en réaffirmant son hostilité à un plan de relance coordonnée de l'économie mondiale.

« Si nous persévérons dans cette voie, les morts-vivants nous submergeront », a raillé le ministre des Finances allemand, dénonçant notamment les « firmes zombies ». Rolex Dela Pena/AFP

L'Allemagne s'est farouchement opposée hier à ce que les pays du G20 s'engagent dans de nouveaux plans de relance budgétaire, révélant des divergences entre grandes puissances sur les moyens de doper une économie mondiale en panne.
Les relances budgétaires, qui voient les États gonfler leurs dépenses publiques, « ont perdu de leur efficacité », a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, lors d'une conférence précédant la réunion des grands argentiers du G20 à Shanghai. L'Allemagne « n'est pas favorable à un plan de relance budgétaire du G20 », a-t-il martelé, craignant que ce débat ne détourne les grandes puissances de leurs « véritables tâches », les réformes structurelles. « Le modèle de croissance fondé sur l'endettement atteint ses limites (...) Si nous persévérons dans cette voie, les morts-vivants nous submergeront », a-t-il encore raillé, dénonçant les « firmes zombies » qui ne survivent que grâce au crédit.
Berlin prend ainsi le risque de se placer en porte-à-faux vis-à-vis d'autres membres du G20 qui assurent, eux, que les États qui en ont la possibilité doivent dépenser plus pour soutenir l'activité. Les États-Unis ont ainsi de nouveau insisté hier sur la nécessité d'une approche économique qui combine « tous les leviers possibles », dont le volet budgétaire « là où c'est possible », selon le compte rendu d'une discussion entre le secrétaire américain Jack Lew et M. Schäuble. Depuis plusieurs mois, Washington fait pression pour que les États qui disposent d'excédents les utilisent pour soutenir la demande, une allusion à peine voilée à l'Allemagne.

La politique monétaire en débat
L'Allemagne a également jeté un froid en mettant en garde contre les possibles effets pervers des politiques monétaires extrêmement accommodantes, déployées aux États-Unis, au Japon et en Europe. « (...) Elles pourraient devenir contre-productives, au vu de leurs effets néfastes », a fait valoir M. Schaüble alors que la Banque centrale européenne (BCE) réfléchit à intensifier encore son soutien monétaire. Là encore, Berlin va à contre-courant. Face à l'assombrissement de la conjoncture et à la nervosité des marchés, les banques centrales du G20 sont plutôt sommées d'utiliser à plein leur force de frappe.
S'exprimant à Shanghai, le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney a rétorqué que « les munitions » des banques centrales n'étaient pas épuisées et que des relances monétaires « bien ciblées » pouvaient « permettre de gagner du temps pour mettre en œuvre des ajustements structurels ». Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a enfoncé le clou : « On n'en a pas fini avec la politique monétaire. On peut toujours agir davantage, d'une façon appropriée pour avoir les effets voulus sur la croissance », a-t-il glissé. De fait, la BCE semble prête à agir plus vigoureusement ;
la Réserve fédérale (Fed) a certes commencé à remonter ses taux mais les maintient toujours à un très bas niveau, et la Banque du Japon s'est résolue à instaurer des taux négatifs dans l'espoir de stimuler le crédit. La Banque centrale chinoise (PBOC), après avoir réduit six fois ses taux d'intérêt en un an, assure garder « des marges de manœuvre » pour assouplir encore sa politique.
Les signaux d'alarme sont, de fait, légion sur le globe, de la dégringolade des cours des matières premières aux turbulences boursières, sur fond d'essoufflement des moteurs de la croissance mondiale. « Les facteurs déstabilisateurs et incertitudes s'intensifient », a observé le Premier ministre chinois Li Keqiang, dans un message vidéo diffusé en cérémonie d'ouverture du G20-Finances.
Si des coups de pouce monétaires sont utiles, il faudra « des réformes structurelles » pour doper durablement la demande, la productivité et l'emploi, martèle Alain de Serres, responsable de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) présent à Shanghai. « Peut-être sommes-nous au bord du précipice avec deux options : tomber ou... poursuivre le douloureux processus de réformes », a reconnu vendredi le ministre chinois des Finances Lou Jiwei. Le sujet est particulièrement crucial en Chine qui a entamé une difficile transition de son modèle économique.
(Source : AFP)


L'Allemagne s'est farouchement opposée hier à ce que les pays du G20 s'engagent dans de nouveaux plans de relance budgétaire, révélant des divergences entre grandes puissances sur les moyens de doper une économie mondiale en panne.
Les relances budgétaires, qui voient les États gonfler leurs dépenses publiques, « ont perdu de leur efficacité », a déclaré le ministre...

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