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Culture - Prix Phénix

« Lorsque plume et pinceau cohabitent en toute harmonie »

En plein tollé autour de la sélection exclusivement masculine du grand prix du Festival de bande dessinée d'Angoulême, le prix Phénix récompense cette année – joli pied de nez – deux talentueuses illustratrices : Lamia Ziadé et Zeina Abirached.

Zeina Abirached et Youmna Ziadé (représentant sa sœur lauréate Lamia), entourées de Raymond Audi et d’Alexandre Najjar. Photo Sami Ayad

C'est au siège de la banque Audi que le prix Phénix, qui fête son 20e anniversaire, a été remis hier à Lamia Ziadé pour Ô nuit Ô mes yeux ! (l'auteure, absente, était représentée par sa sœur) et à Zeina Abirached pour Le Piano oriental, en présence d'Emmanuel Bonne, ambassadeur de France au Liban, du PDG de la banque Raymond Audi et d'Alexandre Najjar, fondateur du prix. Avant de se pencher sur les deux œuvres lauréates, ce dernier a insisté sur l'importance du cette récompense comme acte de résistance et moyen de « manifester notre attachement à la culture et notre refus de la violence et de la mort ».

Ce qu'ils ont dit :
- Retenue à Paris, Lamia Ziadé a remercié le jury par le biais d'un enregistrement vidéo et s'est réjouie que son livre ait séduit les critiques et le public – il en est à sa troisième impression !
- Zeina Abirached a exprimé son bonheur d'être dans cette partie de Beyrouth que son aïeul Abdallah Chahine, devenu Abdallah Kamanja dans Le Piano oriental, a arpentée toute sa vie à la recherche d'une solution mécanique pour arriver à jouer le quart de ton de la musique orientale et en faire un instrument bilingue.
Elle a considéré que la récompense attribuée à deux femmes illustratrices est une belle réponse à la controverse autour du « sexisme » dans les sélections des prix de cette année à Angoulême. À noter que le bel ouvrage en noir et blanc figure parmi les six finalistes du prix BD FNAC 2016.
- L'ambassadeur Bonne a félicité les lauréates pour leurs ouvrages qui montrent un visage positif de l'Orient et contribuent à le faire aimer, considérant que la Méditerranée est un merveilleux trait d'union entre la France et le Liban.
- Raymond Audi s'est réjoui que le duo ait obtenu les faveurs du jury. « Les livres de Lamia Ziadé et de Zeina Abirached témoignent merveilleusement de la créativité, de l'inventivité de la femme libanaise, toutes générations confondues ; ils confirment bien la richesse de la littérature libanaise francophone qui nous offre à lire et à admirer, à côté des romans, poèmes, essais et pièces de théâtre, des livres originaux où plume et pinceau cohabitent harmonieusement. »
- Alexandre Najjar a noté que « le livre de Lamia Ziadé est atypique. Il nous raconte les grandes heures de la chanson, du cinéma et de la danse arabes, en Égypte et au Liban, à travers des textes savoureux agrémentés d'aquarelles remarquables où se mêlent précision et humour, et qui rappellent les affiches des films d'époque. (...) Notre deuxième lauréate, Zeina Abirached (...), a su rester humble malgré son ascension fulgurante dans le monde pourtant très fermé de la bande dessinée. Dès ses débuts, cette graphiste de formation s'est distinguée par son sens de l'observation et par la précision de son dessin faussement naïf, en noir et blanc, qui nous fait pénétrer dans l'intimité de sa famille avant et pendant la guerre ».


Un jury prestigieux
Créé à l'occasion du Salon Livres du Sud qui s'était tenu à Villeneuve-sur-Lot en avril 1996, patronné dès ses débuts par la banque mécène, le prix Phénix de littérature est attribué chaque année à une œuvre littéraire écrite en français par un Libanais, ou écrite par un écrivain francophone et ayant trait au Liban. Décerné dans le cadre du Salon du livre francophone de Beyrouth par un jury prestigieux présidé par Amin Maalouf et composé de Nicole Avril, Mona Béchara, Daniel Rondeau, Paule Constant, Lucien George, Vénus Khoury-Ghatta, Josyane Savigneau, Jabbour Douaihy et Salah Stétié, il a déjà récompensé une pléiade d'écrivains francophones de tout premier plan. Outre le montant du prix, les lauréats reçoivent une médaille de la Monnaie de Paris.


C'est au siège de la banque Audi que le prix Phénix, qui fête son 20e anniversaire, a été remis hier à Lamia Ziadé pour Ô nuit Ô mes yeux ! (l'auteure, absente, était représentée par sa sœur) et à Zeina Abirached pour Le Piano oriental, en présence d'Emmanuel Bonne, ambassadeur de France au Liban, du PDG de la banque Raymond Audi et d'Alexandre Najjar, fondateur du prix. Avant de...

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