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Moyen Orient et Monde - Crise

L’Arabie saoudite rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran

Les manifestations dénonçant la mort de Nimr se multiplient dans le royaume wahhabite, à Téhéran, en Irak, au Yémen, au Liban, à Bahreïn ainsi qu'au Pakistan et au Cachemire indien.

À Téhéran, plus d’un millier de personnes ont manifesté dans le calme pour dénoncer l’exécution du cheikh Nimr en Arabie saoudite. Atta Kenare/AFP

L'Arabie saoudite a annoncé hier la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran, après la crise entre les deux puissances rivales née de l'exécution d'un dignitaire chiite dans le royaume saoudien.
L'Arabie saoudite a donc décidé de « rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran et donné 48 heures aux membres de la représentation diplomatique iranienne pour quitter le pays », a annoncé le chef de la diplomatie, Adel al-Jubeir, devant les journalistes en soirée à Riyad. La décision de Riyad « confirme le refus du royaume de traiter avec un État qui parraine le terrorisme (...) et qui a propagé le chaos et le confessionnalisme au Moyen-Orient et dans le monde musulman », a-t-il ajouté. Les attaques contre les représentations saoudiennes constituent « une violation flagrante des conventions internationales », a poursuivi M. Jubeir en accusant Téhéran de n'avoir « pas coopéré » avec les demandes saoudiennes de renforcer la sécurité autour de l'ambassade.
La mise à mort samedi en Arabie saoudite du cheikh saoudien Nimr Baqer el-Nimr, un critique virulent du pouvoir à Riyad, a suscité de violentes critiques de l'Iran et des manifestations lors desquelles l'ambassade saoudienne à Téhéran a été en partie détruite et le consulat saoudien attaqué dans la ville de Machhad. Les relations entre l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite évoluent en dents de scie depuis la révolution islamique iranienne en 1979. Les deux puissances sont souvent en désaccord sur les moyens de régler les crises dans la région et s'accusent mutuellement de chercher à y élargir leur influence. Elles avaient rompu leurs relations de 1987 à 1991, en raison de sanglants affrontements entre pèlerins iraniens et forces saoudiennes lors du pèlerinage à La Mecque en 1987. La nouvelle crise a éclaté avec l'exécution du dignitaire Nimr, âgé de 56 ans. Quarante-six autres personnes condamnées pour « terrorisme », dont la majorité pour des attentats attribués au réseau sunnite el-Qaëda, ont été exécutées en même temps que lui. Il s'agit selon Human Rights Watch de la « plus importante exécution en masse » en Arabie saoudite depuis 1980.

« Main divine »
« Sans aucun doute, le sang du martyr versé injustement portera ses fruits, et la main divine le vengera des dirigeants saoudiens », a averti le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, après l'exécution du dignitaire Nimr. Tout en dénonçant l'exécution du dignitaire saoudien, le président iranien Hassan Rohani a quant à lui jugé « injustifiables » les attaques contre les représentations saoudiennes, que la police diplomatique a été chargée de protéger.
Plus d'un millier de personnes ont de nouveau manifesté dans la journée à Téhéran mais sans incident. Un rassemblement s'est tenu à proximité de l'ambassade saoudienne malgré l'interdiction du gouvernement. Avant d'être dispersés par la police antiémeutes, les manifestants ont crié « Mort à al-Saoud », du nom de la famille régnante à Riyad. Si l'indignation et la colère sont particulièrement fortes en Iran, des chiites ont manifesté aussi en Arabie saoudite, en Irak, au Yémen, au Liban, à Bahreïn ainsi qu'au Pakistan et au Cachemire indien.
L'ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite en Irak, a qualifié d' « agression » le « versement du sang pur » des exécutés.

Luttes d'influence
En revanche, plusieurs pays arabes – Koweït, Qatar, Émirats, Égypte, pouvoir yéménite – ainsi que l'Organisation de la coopération islamique ont pris le parti de Riyad, en condamnant les « agressions » contre les représentations saoudiennes et en apportant leur soutien à sa « lutte contre le terrorisme ».
Avant l'annonce saoudienne de la rupture des relations avec Téhéran, les États-Unis, ainsi que l'Onu, l'Union européenne, la France et l'Allemagne avaient dit craindre une exacerbation des tensions avec l'exécution du cheikh Nimr.
Pour les experts, l'aggravation de la tension entre Riyad et Téhéran risque d'alimenter les guerres par procuration que se livrent les deux puissances, notamment en Syrie et au Yémen. Et, pour François Heisbourg, conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) à Paris, elle montre que le monde musulman reste secoué par des luttes d'influence entre « Saoudiens et Iraniens, Persans et Arabes, sunnites et chiites », dont les enjeux sont autrement plus importants aux yeux de Riyad et de Téhéran que la lutte contre le groupe jihadiste État islamique (EI).
(Source : AFP)

L'Arabie saoudite a annoncé hier la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran, après la crise entre les deux puissances rivales née de l'exécution d'un dignitaire chiite dans le royaume saoudien.L'Arabie saoudite a donc décidé de « rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran et donné 48 heures aux membres de la représentation diplomatique iranienne pour quitter le pays »,...

commentaires (2)

LE DERNIER FIL EST ROMPU ! LA GUERRE CHIITO/SUNNITE ENTRE DANS UNE PHASE PLUS DANGEREUSE...

LA LIBRE EXPRESSION

18 h 07, le 04 janvier 2016

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Commentaires (2)

  • LE DERNIER FIL EST ROMPU ! LA GUERRE CHIITO/SUNNITE ENTRE DANS UNE PHASE PLUS DANGEREUSE...

    LA LIBRE EXPRESSION

    18 h 07, le 04 janvier 2016

  • Relation diplomatique vous dites. Mais la guerre est une relation diplomatique par d'autres moyens.

    FRIK-A-FRAK

    17 h 50, le 04 janvier 2016

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