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Liban

L’application de la deuxième phase de l’accord de Zabadani est passée par Beyrouth

Crise syrienne

Des centaines de blessés et de familles de combattants ont transité par l'AIB, en route pour la Turquie pour les uns, ou pour Damas pour les autres.

OLJ
29/12/2015

Le Liban a été hier le lieu par lequel ont transité les bénéficiaires de l'accord dit de Zabadani, conclu en septembre dernier, visant à ramener la paix dans cette région tourmentée de Syrie. Plus de 450 combattants et leurs familles étaient concernés. Deux convois sont passés par les rues libanaises hier : l'un transportant près de 123 personnes, des blessés et des familles de combattants de l'opposition syrienne, originaires de Zabadani, qui ont pris l'avion pour la Turquie ; l'autre transportant près de 336 personnes, des blessés, des femmes, des enfants et des vieillards de Kafraya et de Fouha, deux villages chiites de la région d'Idleb, soumis durant longtemps à un blocus par les combattants de l'opposition. L'accord a été exécuté sous l'égide des Nations unies.

L'opération d'échange, qui n'est autre que la deuxième phase de l'accord de Zabadani, a commencé à l'aube. Près de treize voitures du Croissant-Rouge syrien se sont dirigées vers Zabadani pour évacuer les blessés et leurs familles, et les mener vers la frontière avec le Liban. Ce n'est que vers 16h30 que le convoi a passé la frontière, composé de bus et de voitures de la Croix-Rouge, sous étroite surveillance de la Sûreté générale. Des familles et des sympathisants de ces combattants étaient présents sur place à Masnaa et ont réservé un accueil chaleureux au convoi, tout en sachant qu'il ne leur serait pas possible de parler aux personnes évacuées. Des drapeaux de l'opposition syrienne ont été brandis, des slogans « Allah Akbar » scandés. Des dignitaires sunnites étaient là également pour rendre hommage aux rebelles.

 

(Lire aussi : Le Hezbollah explique son engagement militaire dans des batailles transfrontalières)

Chaussures et insultes
Entre-temps, près de l'aéroport de Beyrouth, l'armée imposait des mesures de sécurité très strictes, en attendant l'arrivée du convoi. Les journalistes étaient maintenus à distance, sans possibilité de s'approcher du lieu d'arrivée des bus, qui devaient mener leurs passagers directement au tarmac.
Rencontrés sur place, une femme et ses deux enfants, des Syriens réfugiés au Liban, se demandaient s'ils pourraient rencontrer leurs proches, qui viennent de Turquie et transiteraient vers Damas. « Nous ne savons pas lesquels de nos proches seront dans cet avion, nous disent-ils. Les communications sont coupées avec Idleb depuis quelque temps. »

Peu après 19h, le convoi, qui a emprunté des routes principales, arrive à l'aéroport. Auparavant, dans la banlieue sud, des sympathisants du Hezbollah avaient lancé des chaussures et proféré des insultes au passage des bus. Parmi les personnes transportées, il y avait huit cas de blessés graves. Il a été question, au cours de la journée, de les hospitaliser au Liban au cas où il serait trop périlleux de les transporter par avion. Toutefois, à leur arrivée à l'AIB, ils devaient être examinés par des médecins qui devaient décider s'ils étaient en mesure d'effectuer le voyage.
Au moment de l'arrivée du convoi de Zabadani à l'aéroport de Beyrouth, des voitures du Croissant-Rouge syrien évacuaient les blessés et les familles des villages de Kafraya et de Fouha vers la frontière turque. Ils devaient être placés dans un avion en partance pour le Liban. Les deux avions, celui qui faisait le voyage Liban-Turquie et celui qui devait faire le trajet inverse, devaient décoller en même temps, dans la soirée, vers 21 heures. Les habitants des deux villages chiites sont supposés transiter par Beyrouth et rejoindre Damas par voie terrestre, à leur arrivée.


(Pour mémoire : Un rôle-clé pour le Hezbollah en Syrie, le décryptage de Scarlett Haddad)

 

Un vrai calvaire
Les villages de Zabadani, d'un côté, et de Kafraya et de Fouha, de l'autre, vivent un vrai calvaire depuis longtemps. Le premier est assiégé par les forces du Hezbollah et de l'armée syrienne, les deux autres par les forces rebelles. Avant le cessez-le-feu, les combats y étaient pratiquement incessants, avec des bombardements continus de part et d'autre. Par le passé, le régime avait conclu plusieurs trêves ponctuelles avec des groupes rebelles, mais l'évacuation d'hier est le fruit d'un des accords les plus complexes dans cette guerre qui a fait plus de 250 000 morts depuis mars 2011. Conclu en septembre, l'accord prévoit une trêve à Zabadani, dernière ville tenue par les rebelles à la frontière syro-libanaise et assiégée depuis des mois par les forces du régime, ainsi qu'à Fouha et Kafraya, les derniers villages chiites encore contrôlés par l'armée dans la province d'Idleb (Nord-Ouest).

L'évacuation se fait sous la supervision de l'Onu, du Croissant-Rouge et du Comité international de la Croix-Rouge. Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), l'objectif de ces accords de « réconciliation locale » pour le régime syrien est de « sécuriser » les zones proches de la capitale Damas. Mais certains de ces accords ont volé en éclats ou ont été retardés. Ainsi, un accord inédit, qui prévoyait le départ, samedi, de trois quartiers au sud de Damas de quelque 4 000 civils et jihadistes relevant du groupe État islamique (EI) et du Front al-Nosra a été suspendu, un jour après la mort du puissant chef rebelle Zahrane Allouche, tué lors d'un raid aérien.

 

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