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Sleiman Frangié : Je suis candidat à la présidence, aujourd'hui plus que jamais

Liban

"Saad Hariri n'a jamais demandé devant moi à être le prochain chef du gouvernement", assure le leader des Marada.

M.K. | OLJ
17/12/2015

Le chef des Marada, Sleiman Frangié, favori à la présidentielle, a pour la première fois annoncé jeudi soir de manière claire qu'il était candidat à la magistrature suprême, lors de l'émission télévisée Kalam el-Nass, sur la chaîne LBCI.

Interrogé par le journaliste Marcel Ghanem, le leader maronite a affirmé : "Je suis candidat, aujourd'hui plus que jamais. Oui, je le dis clairement".

Sa candidature avait été jusqu'ici officieusement soutenue par le chef du Courant du Futur, Saad Hariri, mais le leader de Zghorta (Liban-nord) ne s'était pas encore prononcé de manière officielle sur sa candidature. La présidence est vacante depuis le 25 mai 2014.

Revenant sur sa rencontre avec M. Hariri, à Paris, M. Frangié dit: "Je suis allé (à Paris) et je suis rentré en toute conscience libre. J'ai toujours dit que ça allait prendre du temps, et M. Hariri a dit de même. Il y avait des discussions, une rencontre, une bonne ambiance, une entente sur plusieurs dossiers, et nous étions ensuite censés consulter nos alliés, et lancer l'initiative. C'est pour cela que la rencontre devait rester secrète. Mais il y a eu des fuites dans la presse".

 

La relation avec Aoun "est anormale depuis deux ans"
Interrogé sur ses consultations avec ses alliés de la coalition du 8 Mars, le leader maronite souligne qu'il a tenu le Hezbollah au courant dès le départ, de même que le président de la Chambre, Nabih Berry". Quant au chef du bloc du Changement et de la réforme, Michel Aoun, M. Frangié reconnaît qu'il ne l'a pas consulté d'abord. "La relation avec le général Aoun est anormale depuis deux ans, je ne vais pas dire froide. Il se présente comme candidat en disant c'est moi ou personne. Mais le Hezbollah m'avait dit qu'il allait tenir le général Aoun informé". M. Frangié assure que la proposition est venue du 14 Mars. "Nous avons estimé que celle-ci est sérieuse", fait-il savoir.

Interrogé sur le point de savoir si sa candidature est une sorte de cheval de Troie afin de semer le désordre dans les rangs du 8 Mars, le chef des Marada lance laconiquement : "Je suis Sleiman Frangié, mon passé parle suffisamment pour moi".

Il livre par la suite une critique acerbe du général Aoun : "N'est-il pas allé à Paris à bord de l'avion privé de Saad Hariri? Quid de la visite à Clemenceau (où réside le leader druze Walid Joumblatt), à l'ambassade d'Arabie saoudite ? Pourquoi traite-t-on ma candidature de non consensuelle, pourquoi celle du général Aoun est-elle considérée comme nationale et consensuelle ? Je n'attaque pas le général Aoun, mais on m'accuse de m'être désisté de mes prérogatives chrétiennes, et que ce sont les sunnites qui me propulsent à la présidence".

Mais le chef des Marada explique qu'il ne vient pas concurrencer général Aoun. "S'il n'a pas la possibilité d'accéder à la présidence, mon accession serait équivalente à la sienne, car nous sommes issus du même camp. Nous ne sommes pas adversaires".

Prié de dire si c'est le leader druze Walid Joumblatt qui a proposé à l'ancien ambassadeur des Etats-Unis à Beyrouth, David Hale, la candidature du chef des Marada, il affirme que le diplomate américain est un ami de longue date. "Mais je ne sais pas si c'est Walid Joumblatt qui lui a proposé ma candidature. En tout cas, j'ai planifié chaque étape avec le Hezbollah. Le parti est en faveur de la candidature du général Aoun et de la mienne. L'une n'annule pas l'autre. Nous avions dit dès le départ que si le général Aoun a ses chances, nous sommes tous avec lui. Mais sa candidature est sur la table depuis un an et demi (sans résultat). C'est pourquoi aujourd'hui ma candidature est proposée".

 

(Lire aussi : Présidentielle : l'heure du dialogue franc avec les alliés)


"Je ne poignarderai pas Hariri dans le dos"
Le chef des Marada a par la suite clairement exposé les assurances qu'il a données au chef du Futur. "S'il y a un différend entre Saad Hariri et moi, je ne le poignarderai pas dans le dos. Nous ne sommes mis d'accord là-dessus durant nos discussions. Saad Hariri n'a jamais demandé devant moi à être le prochain chef du gouvernement. Il a seulement demandé un gouvernement d'union nationale, dirigé par le 14 Mars. Mais je crois que M. Hariri devrait avoir des garanties en ce sens. Il n'y a aucune objection quant à sa nomination à la tête du gouvernement. En tout cas, le chef du Futur préside aujourd'hui le plus grand bloc parlementaire du pays. Il doit faire partie de tout compromis. De même que le général Aoun".

Et de poursuivre : "Si mon programme politique l'emporte, je donnerai à chacun ses droits. Je ne veux pas être président en éliminant les autres. Je veux sauvegarder leurs droits. Comment puis-je gouverner en isolant les autres? Ce n'est pas possible et ce n'est pas dans mon intérêt. Je pourrais renforcer le 14 Mars, mais pas aux dépens du 8 Mars. Il y a une volonté chez Saad Hariri et chez moi de sortir le pays de sa situation actuelle".

Après la présidentielle, l'attention devra être accordée à la tenue d'élections législatives, a-t-il enchaîné. "Mes intérêts seraient assurés par le recours à la proportionnelle. Mais le général Aoun, qui critique aujourd'hui la loi de 1960 en vigueur, selon le mode majoritaire, l'avait lui-même préconisée par le passé. En tout cas aujourd'hui, avec la division du pays en deux camps, quiconque peut bloquer l'adoption d'une nouvelle loi électorale. Mais j'ai rassuré M. Hariri sur le fait qu'il n'y aura pas de loi électorale qui puisse nuire à sa représentativité ou à n'importe quelle communauté".

 

Les relations avec Assad "relèvent de la sphère privée"
Par ailleurs, le chef des Marada s'est dit contre l'abolition du Tribunal spécial pour le Liban. "Certains au sein du 8 Mars veulent mettre un terme au TSL. Mais je ne me permettrai pas de le demander à Saad Hariri. Nous allons un jour passer par la réconciliation. Cela doit se faire dans le calme. C'est cela le compromis".

M. Frangié a d'autre part souligné qu'il a toujours été proche du président syrien Bachar el-Assad. "Mais les gens ne savent pas ce que cela veut dire. Cela veut dire que je peux tout lui dire, et vice versa. Mais est-ce que j'accepte que le régime syrien puisse exercer son influence sur le Liban aujourd'hui ? Évidemment que non. Si le président Assad me demande de faire quelque chose aux dépens du Liban, je refuserais. Mais je sais qu'il ne le ferait jamais. Je ne permettrais à personne de me demander de faire quoi que ce soit contre l'intérêt de mon pays", a-t-il dit, assurant que ses relations personnelles avec le président syrien n'auraient pas de conséquences sur le Liban. "Elles relèvent de la sphère privée".

 

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL MANQUE DES VOIX AUJOURD'HUI...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE HEZB A BALANCÉ DÉJÀ SON PARAVENTISSIME MAIS IL ESSAIE ENCORE DE NE PAS PERDRE SI POSSIBLE LA PARTIELLE COUVERTURE CHRÉTIENNE DONT IL JOUIT AVEC
CE DERNIER... N'EN PLAISE À CERTAINS QUI NOUS ONT RABATTU LES OREILLES EN NOUS PARLANT DE LOYAUTÉ ET DE VISIONS ET INTÉRÊTS COMMUNS... HA ! HA ! HA !

Bery tus

et voila que l'alliance "baser sur la loyaute" en prend un SACRE coup .. mais alors la un vilain coup .. dit de la bouche de SF !! qu'il avait mis depuis le debut c a d meme quand cela etait secret au courant le hezb de ces demarches qu'il allait entreprendre en direction de hariri, car il a glisser et a dit "le hezb devait le lui dire l'en avertir, mais cela n'a pas ete fait"

Je repete meme apres tout cela je suis pour une alliance libanaises-libanaises une rencontre entre le hezb et les FL serait temps d'etre a l'ordre du jour !! PAS POUR CONVAINCRE L'AUTRE MAIS POUR COMPRENDRE L'AUTRE DIRECTEMENT

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