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Coopération

Le dossier des réfugiés syriens au cœur d’une visite du ministre hongrois des AE à Beyrouth

Peter Szijjarto a mis en garde, dans une conférence de presse hier au palais Bustros, contre les dangers qui pèsent sur les chrétiens du Moyen-Orient.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères reçu par le chef du gouvernement, en présence (à l’extrême gauche) de l’ancien ministre Adnan Kassar. Photo Dalati et Nohra

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a effectué une visite de 24 heures au Liban au cours de laquelle il s'est entretenu avec le Premier ministre, Tammam Salam, le président de la Chambre, Nabih Berry, ainsi que son homologue libanais, Gebran Bassil.
C'est le dossier des réfugiés syriens, qui entrent tous les jours par milliers en Europe, qui a été notamment discuté.
À l'issue de la réunion avec M. Bassil, une conférence de presse conjointe s'est tenue au palais Bustros.
Prenant la parole, le ministre des Affaires étrangères a remercié la Hongrie pour sa participation à la Finul, aidant ainsi le Liban à préserver sa sécurité, malgré les violations israéliennes quasi quotidiennes de son territoire.
Se penchant sur les dossiers des réfugiés et de la sécurité, il a noté : « Nous avons examiné les défis communs que nos deux pays devraient relever. Nous avons notamment évoqué les répercussions négatives de l'émigration en masse vers l'Europe et les moyens de coopération pour contrer ce mouvement qui mènera à ébranler la sécurité. »
« Avec cette vague d'émigration massive, l'image du Moyen-Orient changera à jamais ; la région perdra son pluralisme communautaire. Sur le double plan européen et occidental, elle provoquera la montée en flèche des groupes d'extrême droite qui voudront faire face au fondamentalisme musulman », a-t-il dit.
« Nous sommes prêts à coopérer avec toutes les parties concernées pour mettre un terme à cette situation catastrophique », a indiqué M. Bassil, invitant l'Europe à soutenir fermement le Liban. « Le fait d'aider le pays de la façon traditionnelle, c'est-à-dire par le biais d'aides humanitaires régulières, ne suffit pas. Il faut proposer au Liban une solution semblable à celle que l'Europe a proposée à la Turquie dernièrement », a-t-il poursuivi, appelant « les pays donateurs à honorer, sur le court terme, leurs engagements vis-à-vis du Liban et l'aider ainsi à faire face à la situation d'urgence. Il faudra aussi que l'Europe lutte contre les réseaux criminels de trafic d'êtres humains. Sur le long terme, il faudra que tous les États œuvrent à trouver une solution politique à la guerre en Irak et en Syrie. La seule solution durable et définitive à la crise migratoire consiste à permettre aux réfugiés de retourner chez eux. Les conditions de retour pourraient précéder la solution politique qui reste le but ultime ».

Trois millions d'euros
Le ministre hongrois a indiqué, de son côté, que « l'Union européenne n'a jamais fait face à un défi aussi important que celui représenté par le flot de réfugiés syriens qui arrivent à ses frontières. C'est une crise d'émigrés et non une crise de réfugiés ; la plupart de ceux qui arrivent en Europe sont des émigrés qui quittent leurs pays pour des raisons économiques et qui sont à la recherche de meilleures opportunités que celles qui existent chez eux. Ils sont dans une situation différente de celle des réfugiés dont le statut est régi par les conventions internationales ».
Rendant hommage au « Liban qui accueille deux millions de réfugiés », il a noté que « l'Europe dans l'avenir fera face à un problème qu'elle sera incapable de résoudre. Elle devrait à nouveau contrôler ses frontières pour mettre un terme au flot de réfugiés ». Soulignant l'importance de l'aide européenne aux pays voisins de la Syrie et de l'Irak, qui accueillent un grand nombre de réfugiés, il a annoncé que « son pays fera don de trois millions d'euros au Liban et à la Jordanie ».
Il a également indiqué que « l'Europe devrait préserver ses racines chrétiennes. Si nous ne respectons pas ces racines, nous serons incapables de respecter les racines et les traditions des autres communautés religieuses ». Et d'ajouter : « Je pense que les chrétiens du Moyen-Orient sont en danger. Il faudra œuvrer pour les protéger. La Hongrie continuera à œuvrer pour les préserver. »
M. Szijjaro a quitté Beyrouth dans la nuit d'hier.


Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a effectué une visite de 24 heures au Liban au cours de laquelle il s'est entretenu avec le Premier ministre, Tammam Salam, le président de la Chambre, Nabih Berry, ainsi que son homologue libanais, Gebran Bassil.
C'est le dossier des réfugiés syriens, qui entrent tous les jours par milliers en Europe, qui a été...

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