X

Moyen Orient et Monde

L’armée syrienne lance une « vaste offensive » grâce au soutien russe

Conflit

Accusée de toute part de viser l'opposition modérée, l'aviation russe a frappé 112 cibles depuis le début de son intervention.

OLJ/Agences
08/10/2015

L'armée syrienne a lancé hier une vaste offensive terrestre, soutenue par les frappes de l'aviation et désormais la marine russe, une semaine après le début de l'intervention militaire de Moscou qui a redonné de l'élan au régime de Bachar el-Assad.
En effet, la forte implication militaire russe a permis à l'armée syrienne, qui avait accumulé les revers ces derniers mois face aux forces rebelles et au groupe État islamique (EI), de lancer hier « une vaste opération terrestre » dans « le nord de la province de Hama », dans le centre du pays, a annoncé une source militaire à Damas. Les soldats syriens interviennent « avec la couverture aérienne russe », a précisé cette source. Les forces loyalistes combattent, dans le centre, contre des rebelles modérés et islamistes, ainsi que la branche d'el-Qaëda en Syrie, le Front el-Nosra notamment.

Marine russe
Parallèlement, pour la première fois, des frappes russes ont été lancées depuis des croiseurs de la flottille de la mer Caspienne, a annoncé le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou. Quatre d'entre eux ont lancé 26 missiles de croisière sur 11 cibles de l'EI en Syrie, les détruisant toutes.
Une infographie publiée sur le site du ministère de la Défense montre les missiles tirés depuis la Caspienne, à près de 1 500 km de leur destination, survolant l'Iran et l'Irak avant de frapper en Syrie.
L'AFP est arrivée à la conclusion, à partir de la carte, que les missiles ont frappé la région d'al-Bab, dans la province d'Alep, tenue par l'EI, tandis que d'autres se dirigeaient vers la partie d'Alep tenue par les rebelles. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a indiqué que les frappes russes avaient été « plus intenses que d'habitude ». « Pour la première fois, elles ont été accompagnées de combats sur le terrain entre les forces du régime et des rebelles », a précisé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Pour cette offensive terrestre, les forces de Bachar el-Assad et les milices alliées ont utilisé des missiles sol-sol. Le Hezbollah a pris part à l'opération, dit-on de source régionale.
L'OSDH a en outre fait état de 30 frappes russes hier à Hama et 16 sur la province d'Idleb. L'ONG donne un bilan de 6 morts à Maaret al-Noomane, province d'Idleb, dans « de nombreux raids aériens, vraisemblablement russes ».

La Russie vise l'opposition modérée
Entre-temps, le président russe Vladimir Poutine a annoncé hier que les prochaines opérations russes seraient « synchronisées » avec celles des forces gouvernementales syriennes. M. Poutine a également annoncé que les opérations russes allaient s'intensifier. « L'intensité des frappes augmente », a précisé M. Choïgou, assurant que 112 cibles avaient été touchées depuis le début de la campagne le 30 septembre.
Parallèlement, les rebelles syriens et leurs soutiens à l'étranger accusent avec force Moscou de viser surtout d'autres groupes que l'EI afin de défendre le régime plutôt que de lutter contre les jihadistes.
Ainsi le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a affirmé hier que seuls deux raids aériens russes avaient ciblé l'EI en Syrie, accusant Moscou de viser plutôt l'opposition modérée dans ce pays.
Même son de cloche côté américain, confirmant hier que la quasi-totalité des frappes de la Russie en Syrie ne visaient pas les groupes État islamique ou ceux proches d'el-Qaëda.
« Plus de 90 % de leurs frappes auxquelles nous avons assisté n'ont pas été contre l'EI ou des terroristes affiliés à el-Qaëda. Elle ont été en grande partie contre des groupes d'opposition », a déclaré le porte-parole du département d'État John Kirby.

Paris dément des propos de Poutine
À ce propos, M. Poutine a affirmé que son homologue français François Hollande lui avait proposé l'idée, « intéressante », d'« unifier les efforts » de l'armée du régime et de l'Armée syrienne libre (ASL), le principal groupe armé modéré. Mais Paris a aussitôt démenti, affirmant que M. Hollande n'avait pas évoqué une telle alliance. Par ailleurs, le chef de l'État français a appelé à agir pour « éviter une guerre totale » en Syrie et dans la région.
En revanche, la Russie s'est dit prête hier à établir des contacts avec l'ASL afin de coordonner la lutte contre l'EI et tenter de trouver une issue politique au conflit.
De leur côté, les États-Unis, à la tête d'une coalition anti-EI, ont assuré hier ne pas coopérer avec Moscou sur les frappes aériennes menées par la Russie en Syrie, que le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a qualifiées d'« erreur fondamentale ».
Le ministère russe de la Défense avait affirmé hier matin avoir répondu à une initiative du Pentagone pour coordonner les frappes contre l'EI en Syrie. Ainsi, la coalition anti-EI a dû « re-router » au moins un de ses avions au-dessus de la Syrie pour éviter qu'il ne s'approche trop près d'un avion russe, a déclaré hier un porte-parole du Pentagone.

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

AIGLEPERçANT

Il est encore trop tot pour pleurer , faut garder des larmes pour la suite .

Obama et ses 6 conseillers juifs de la maison mal blanchie tout aussi mastodonte qu'ils sont ne feront jmais des cadeaux gratos a leurs pires ennemis , sinon ca se serait su sur leur soutien a l'etat voyou le plus Injuste au monde, israrecel de natibaba et ses 40 voleurs . .

Halim Abou Chacra

Devant la lâcheté historique d'Obama en Syrie, pourquoi Poutine ne ferait-il pas tout ce qu'il désire dans ce pays afin de perpétuer le règne de la tyrrannie de Damas, son alliée ? Ladite lâcheté du complexé président américain ouvre au président russe toutes les voies et possibilités.

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Le commandant en chef de l’armée et l’agenda politique

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants