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Culture

« Quoi que je représente, je ne fais que mon autoportrait »

Rencontre

Passage éclair à Beyrouth de Philippe Pasqua, artiste contemporain français invité (avec Emmanuelle Béart) par Luxury Limited Edition à la soirée des 50 ans du Collège Louise Wegmann. Il a répondu aux questions de « L'Orient-Le Jour ».

21/09/2015

Il est connu pour la violence expressive de ses portraits (dont trois exemplaires étaient présentés à la Beirut Art Fair, au stand de la galerie parisienne AD) ainsi que pour ses célèbres Crânes aux papillons.
Philippe Pasqua, à 50 ans tout rond, est un drôle de croisement entre Merlin l'enchanteur et un gosse de la génération hip-hop. Du premier, il a la barbe et les cheveux longs broussailleux. Du second, la panoplie vestimentaire (tee-shirt sans manches sur pantacourt et baskets) ainsi que l'attitude hypercool. Et pour compléter l'ensemble, des bracelets bouddhistes aux poignets... L'artiste serait-il, à l'image de ses œuvres, un mélange habilement dosé de transgression et de profondeur? C'est, du moins, l'impression qu'il donne. Et qui se confirme, d'ailleurs, lorsqu'au cours de l'entretien il confiera avoir « compris au fil du temps que, quoi que je fasse ou représente, je ne fais que mon autoportrait ».

Cet autodidacte, réfractaire à toute forme de cursus (« j'ai toujours détesté l'école », assène-t-il), a eu le déclic pour l'art « devant une représentation d'un tableau de Bacon. Ce que j'ai ressenti à ce moment-là m'a tellement perturbé que j'ai voulu comprendre pourquoi. C'est pour cela que je me suis mis à peindre », raconte-t-il. Normal qu'il se soit donc dédié durant de nombreuses années à la représentation de la figure humaine. Se consacrant presque exclusivement aux portraits puissamment chargés d'émotion (généralement de grands formats) de femmes, d'enfants, d'aveugles, de trisomiques ou encore de transsexuels. Mais aussi tâtant de la sculpture à travers des (souvent véritables) crânes humains, qu'il recouvrait de feuilles d'or, de peaux tatouées ou encore de papillons fondus dans du bronze noir ou chromé.

Les papillons encore et partout
Ces fameux Crânes aux papillons lui ont valu bien des accusations, celle notamment d'avoir plagié les Skulls de Damien Hirst. « D'abord, Hirst n'a jamais assemblé des crânes et des papillons comme je l'ai fait. Ensuite, les crânes aux papillons sont anciens chez moi. On peut les retrouver en illustration de couverture du premier livre dédié à mon travail et publié en 1997. Et puis il n'est pas le seul à avoir traité ce thème des Vanités inspiré de Rembrandt. Pleins d'artistes dans l'histoire de l'art l'ont fait... » argumente-t-il en réponse à ses détracteurs.

Mais tout cela est de l'histoire ancienne. Philippe Pasqua se dirige aujourd'hui, en sculpture, vers de nouveaux thèmes. Il travaille notamment des sujets inspirés de la faune marine. Des pièces monumentales qu'il présentera dans le cadre d'une très grosse exposition prévue de mars 2017 à janvier 2018 au Musée océanographique de Monaco. Et qui inclura une série d'oliviers en bronze grandeur nature. « Dont certaines pièces atteignent les 5 mètres de haut », révèle-t-il, en en dévoilant, via l'écran de son téléphone portable, un magnifique exemplaire coulé en bronze chromé.

Sur les branches de cet arbre tellement évocateur, l'artiste méditerranéen (il est né à Grasse) a posé des... papillons. «Parce que les papillons sont le symbole de l'âme. Et que j'ai placé des crânes à la racine de mes oliviers, comme s'ils avaient poussé dessus. Et que les papillons-âmes s'en étaient envolés pour revenir à la vie», explique-t-il. «Voilà, c'est toute une histoire, en fait», conclut Philippe Pasqua. En promettant de revenir plus longuement à Beyrouth. « Et peut-être même un jour, m'inspirer de l'énergie de cette ville pour réaliser une œuvre.»

 

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