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À La Une - liban

Crise des déchets : les résultats des appels d'offres à nouveau reportés, les activistes en colère

Manifestation et échauffourées devant le Grand Sérail.

Des dizaines d'activistes ont manifesté mercredi contre l'impuissance de l'Etat à régler la crise des déchets face à un grand nombre de policiers déployés au centre-ville de Beyrouth pour les empêcher de s'approcher du Grand Sérail. Photo Suzanne Baaklini.

Malgré la sonnette d'alarme tirée lundi par le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, qui a mis en garde contre l'imminence d'"une grande catastrophe sanitaire", face à la crise des déchets qui sévit au Liban depuis un mois, le gouvernement patauge dans l'impuissance.

Mercredi, le ministre de l'Environnement, Mohammad Machnouk, a annoncé un troisième report des résultats des appels d'offres pour la gestion des déchets dans les six régions du Liban, notamment Beyrouth et ses banlieues.

Le ministre a expliqué que les dossiers doivent être examinés par plus d'un consultant. "Étant donné que certains dossiers n'ont été étudiés que par un seul consultant alors que d'autres par plusieurs, l'annonce des résultats a été reportée pour plus de transparence", a-t-il ajouté.

Le 7 août, M. Machnouk avait annoncé que trois offres sur quatre avaient été retenues pour la capitale. Les appels d'offres faisaient partie de la mise en œuvre du plan national de gestion des déchets, adopté par le gouvernement en janvier dernier. Ce plan divise le Liban en six régions (Beyrouth et banlieues, Mont-Liban nord, Mont-Liban sud, Nord et Akkar, Békaa et Hermel, et enfin Sud et Nabatiyé) devant être gérées par des compagnies privées (une même compagnie ne peut en principe être chargée de plus de deux régions).

Mais même après l'annonce des résultats, il faudra plusieurs mois aux compagnies pour se préparer à accomplir leur tâche. Entre-temps, le Liban vit une terrible crise des déchets depuis que la principale décharge du pays à Naamé a fermé ses portes le 17 juillet, suite à la contestation populaire, et de la fin du contrat de la compagnie Sukleen. Les déchets jonchent les rues ou sont stockés dans des lieux de fortune, étant donné l'incapacité du gouvernement à désigner des sites de décharges.

 

(Lire aussi : La forêt de Baabda sauvée des ordures)

 

"Machnouk, dehors!"
Place Riad el-Solh, des activistes n'ont pas attendu l'annonce de M. Machnouk pour laisser éclater leur colère. Aux cris de "Machnouk, dehors !", des dizaines de protestataires participant à la campagne "Vous puez" ont manifesté devant le siège du gouvernement.

Les manifestants ont tenté à plusieurs reprises de franchir la barrière qui les séparait de l'entrée du Grand Sérail et ont jeté des œufs en directions des forces de l'ordre. Des échauffourées ont ensuite éclaté entre les activistes et les forces anti-émeutes, dont le nombre dépassait largement celui des manifestants.

Trois activistes ont été arrêtés et l'un d'eux a été relâché quelques minutes plus tard. Ce dernier, Assaad Zebiane, a déclaré à la chaîne LBC que les activistes "sont prêts à poursuivre la lutte pour cette cause quel qu'en soit le prix". "Ceux qui sont actuellement au Sérail ne s'intéressent nullement à l'intérêt du pays", a-t-il lancé.

Les activistes de la campagne "Vous puez" ont assuré qu'ils poursuivront leur mouvement, appelant tous les Libanais à se joindre à eux. De leur côté, les FSI ont exigé le départ des manifestants en échange de la libération des activistes.

En début de soirée, les affrontements devaient reprendre entre les manifestants et les forces anti-émeutes qui ont eu recours à la force pour les disperser. Un manifestant aurait été blessé, selon la LBC, et deux autres ont été arrêtés. Plus tard dans la soirée, tous les activistes ont été relâchés, selon la même source.

La semaine dernière, les activistes de la campagne avaient déposé des tas d'ordures devant le domicile du ministre de l'Environnement, appelant également à sa démission.
Dans un communiqué, la campagne avait indiqué que "cette mesure constitue une réponse à la politique menée par le gouvernement et le ministre Machnouk, consistant à cacher les déchets et nous tuer au lieu de les traiter. Il est de notre droit de défendre notre vie contre les bazars de la mort". "Ce n'est que le début", avaient menacé les activistes.

 

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(Infos pratiques : Qui contacter pour recycler les déchets triés)

 

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