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Iran: un ultra-conservateur élu à la tête de l'Assemblée des experts

AFP
10/03/2015

L'ayatollah ultra-conservateur Mohammad Yazdi a été élu mardi, face à l'ex-président modéré Akbar Hachémi Rafsandjani, à la tête de l'Assemblée des experts, une haute instance religieuse iranienne chargée de nommer le guide suprême et de surveiller son action, ont rapporté les médias.

L'ayatollah Yazdi, âgé de 84 ans, a obtenu 47 voix contre 24 en faveur de M. Rafsandjani sur un total de 73 suffrages, selon la télévision d'Etat. Il succède à l'ayatollah Mohammad Reza Mahdavi Kani, mort en octobre dernier à l'âge de 83 ans. Il s'agit d'une importante défaite pour M. Rafsandjani, ancien chef de cette Assemblée (2007-2011) et qui était soutenu par les modérés et les réformateurs.

Dans un entretien au quotidien réformateur Shargh publié mardi, il indiquait qu'il choisirait de se présenter à l'élection au vu des autres candidats. "Je considère qu'il n'est pas dans l'intérêt de l'Assemblée que certains en soient le chef", a-t-il déclaré sans autre précision.

L'Assemblée des experts est formée de 86 religieux élus au suffrage universel. Elle est chargée de nommer le guide suprême, de surveiller son action et éventuellement le démettre. Le guide suprême, actuellement l'ayatollah Ali Khamenei, est la plus haute autorité politique et religieuse du pays, qui a le dernier mot sur les grandes affaires de l'Etat. L'Assemblée doit être renouvelée le 26 février 2016, en même temps que les législatives. Une nouvelle élection pour la présidence de l'instance aura lieu ensuite.

L'ayatollah Yazdi est membre du Conseil des Gardiens de la Constitution, président de l'Association des théologiens de Qom (conservateurs). Il a également été chef de l'Autorité judiciaire pendant 10 ans (1990-2000). Il avait déjà affronté M. Rafsandjani pour diriger l'Assemblé des experts en 2009, mais s'était incliné (51 voix contre 26).
Les deux hommes se sont opposés ces dernières années sur la conception du pouvoir religieux, l'ayatollah Yazdi ayant une vision ultra-rigoriste alors que M. Rafsandjani plaide pour plus d'ouverture politique et sociale.

M. Rafsandjani, un pilier de la République islamique, avait dû céder sa place en 2011 sous la pression des conservateurs qui lui reprochaient son soutien au mouvement de contestation ayant suivi la réélection de Mahmoud Ahmadinejad deux ans plus tôt.
Agé de 80 ans, il occupe encore la présidence du Conseil de discernement, une instance consultative auprès du guide suprême également chargée d'arbitrer les litiges entre le Parlement et le Conseil des Gardiens de la Constitution.

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