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Culture

« L’Invitation au voyage » au Centre du patrimoine musical libanais

Musique

La soprano Marie-Louise Duthoit et la pianiste Katherine Nikitine, venues spécialement de France pour l'occasion, ont donné un récital de mélodies françaises et libanaises au Centre du patrimoine musical libanais (CPML, espace Robert Matta) au Collège Notre-Dame de Jamhour.

16/02/2015

Le concert, coproduit par l'Institut français du Liban, était intitulé L'Invitation au voyage. Mais il ne s'agit pas ici de n'importe quel voyage. Car ce dont il est question, c'est du célèbre et incontournable voyage en Orient, celui que se devait d'effectuer tout intellectuel français de la fin du XIXe siècle. Ce qui, au départ, n'était qu'un engouement, devient une mode, une tendance et, finalement, un véritable courant artistique, littéraire, pictural et musical.
Toutefois, cet Orient-là est loin des turqueries bouffonnes du XVIIIe siècle. Nous ne sommes plus chez le ridicule Mamamouchi du Bourgeois gentilhomme de Molière ou le caricatural sultan Sélim de l'Enlèvement au Sérail de Mozart. Non, au XIXe siècle, nous sommes en plein romantisme, dans un Orient mystérieux, ténébreux, étrange et sensuel.
Le programme de ce récital recèle la quintessence de la mélodie française, genre dont la particularité est d'être accompagné au piano et de s'appuyer sur des textes poétiques. Sur des poèmes de Victor Hugo, Théophile Gautier, Charles Baudelaire ou Lecomte de Lisle, des compositeurs français tels que Georges Bizet (Les Adieux de l'hôtesse arabe), Maurice Ravel (Shéhérazade), Hector Berlioz (l'Île inconnue) ou Gabriel Fauré (les Roses d'Ispahan) apportent leur pierre musicale à l'édifice de l'orientalisme.
Mais comme le concert se déroule au Centre du patrimoine musical libanais dont la mission est de rassembler, conserver et valoriser les musiques libanaises dans leur beauté et leur diversité, deux compositeurs libanais sont également à l'affiche : Naji Hakim (Dumia, pour piano seul) et Iyad Kanaan (Humum el-Yasmina et Lana lana Jacob sur des texte de Saïd Akl).
Les deux interprètes sont merveilleusement homogènes et dans une symbiose parfaite. La soprano Marie-Louise Duthoit, solaire, lumineuse et chaleureuse, s'adresse au public avec une spontanéité exquise. Ce dernier, déjà conquis par la voix veloutée, ronde et caressante de la chanteuse, ses merveilleux sons filés et sa projection claire et précise, tombe complètement sous son charme quand celle-ci interprète les deux mélodies de Kanaan sur les poèmes de Saïd Akl. Le pari est gagné, Marie-Louise Duthoit rêvait de chanter en langue arabe, elle l'a fait.
Quant à la pianiste Katherine Nikitine, elle passe avec un naturel confondant du statut d'accompagnatrice à l'écoute de la chanteuse, à celui de soliste à part entière, prenant possession de son instrument avec une extraordinaire maîtrise. Son interprétation d'Islamey, pièce de Mily Balakirev, réputée pour sa difficulté technique, éblouit littéralement le public déjà séduit par la douceur de son toucher et par sa justesse stylistique.
Les deux musiciennes, ovationnées, offrent en bis la Valse de Juliette tirée de Roméo et Juliette, opéra de Charles Gounod.
Le récital a été suivi d'un dîner gastronomique concocté par le grand chef Nicolas Audi et dont les bénéfices seront reversés au réseau des écoles jésuites de la Békaa.
Séduites par le Liban, son accueil et sa musique, Marie-Louise Duthoit et Katherine Nikitine envisagent l'enregistrement d'un disque exclusivement consacré à des pièces pour voix et piano de compositeurs libanais. Affaire à suivre...

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