Cisjordanie occupée

Netanyahu en pleine campagne électorale : 450 nouveaux logements pour des colons

Un jeune Palestinien utilise un lance-pierre contre les soldats de l’armée israélienne lors d’affrontements après une manifestation contre la colonie juive de Qadomem, hier. Abed Omar Qusini/Reuters

Israël va construire 450 nouveaux logements pour des colons en Cisjordanie occupée, continuant en plein contexte électoral à passer outre à l'indignation palestinienne et la réprobation américaine et internationale.
Presque immédiatement, la direction palestinienne a dénoncé un « crime de guerre », qui devrait relever de la Cour pénale internationale (CPI) à laquelle elle vient de demander son adhésion. Les Palestiniens ont dit, en demandant leur adhésion à la CPI, que la colonisation et tous les crimes qui y sont liés selon eux devaient faire partie du champ d'investigation de ce tribunal, chargé de juger les actes de génocide, crimes contre l'humanité ou crimes de guerre. Pour rappel, en représailles à cette demande d'adhésion, Israël a suspendu le reversement à l'Autorité palestinienne de 106 millions d'euros de taxes qu'il collecte pour son compte. Ces paiements sont vitaux pour l'Autorité déjà en grande difficulté financière.

Ainsi, pour les organisations israéliennes anticolonisation, il s'agit d'une manœuvre électorale du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour gagner le vote des colons, disputé par les autres partis de droite, en vue des législatives anticipées du 17 mars. C'est aussi un camouflet de plus au grand allié américain qui considère, comme la communauté internationale, les colonies érigées en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée illégales.
Ainsi, hier, les autorités israéliennes ont publié les appels d'offres pour l'extension de colonies déjà existantes en quatre points de Cisjordanie : 156 logements à Elkana, 114 à Adam, 102 à Kiryat Arba et 78 à Alfei Menashe, ont indiqué l'observatoire anticolonisation Terrestrial Jerusalem et l'organisation La Paix maintenant. « On ouvre les écluses de la colonisation », a dénoncé Daniel Seidemann, chef de Terrestrial Jerusalem, s'inquiétant de possibles nouvelles annonces de colonies dans le contexte électoral. « C'est un hold-up électoral de la part du gouvernement Netanyahu », a-t-il tonné.

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« Une gifle de plus aux Américains »
La poursuite de la colonisation est non seulement l'un des facteurs de l'exaspération palestinienne, elle est aussi considérée comme un obstacle majeur à une résolution du conflit israélo-palestinien, y compris par l'allié américain d'Israël. Or les relations entre le gouvernement de Benjamin Netanyahu et l'administration de Barack Obama sont particulièrement fraîches en ce moment.
M. Netanyahu a une nouvelle fois pris à rebrousse-poil l'hôte de la Maison-Blanche en acceptant l'invitation de ses adversaires républicains à venir prononcer devant le Congrès un discours sur l'Iran, en plein bras de fer intérieur américain sur les activités nucléaires de la République islamique. « Après avoir mis l'administration Obama dans l'embarras avec l'invitation au Congrès, Netanyahu inflige une gifle de plus aux Américains », a dit La Paix maintenant. D'ailleurs, la Maison-Blanche a très vite condamné le projet israélien, jugeant cette démarche « contre-productive », et dénoncé « l'impact préjudiciable sur le terrain, ce qui alimentera les tensions déjà élevées avec les Palestiniens et isolera un peu plus les Israéliens sur la scène internationale ».


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De son côté, le ministère israélien de la Construction, dirigé par le ministre Uri Ariel, du parti ultranationaliste Foyer juif, a réfuté toute arrière-pensée électoraliste. Il a expliqué que les appels d'offres avaient déjà été lancés en 2014, mais n'avaient pas suscité de réponse. Dans un tel cas, ils sont relancés « automatiquement » par l'administration, dit le ministère dans un communiqué. M. Seidemann a dit s'attendre à de possibles nouvelles annonces préélectorales et peut-être au lancement des appels d'offres pour 2 610 logements dans le quartier juif de Givat Hamatos, à Jérusalem-Est. Le projet a reçu un feu vert définitif des autorités israéliennes en octobre 2014. À l'époque déjà, l'annonce avait donné lieu à des échanges secs entre Américains et Israéliens. M. Netanyahu pourrait ne pas s'en soucier, selon M. Seidemann : Il a « tendance à agir sans vergogne quand il est en difficulté dans les sondages ».

 

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