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Moyen Orient et Monde

Netanyahu accentue les menaces pour briser l’offensive diplomatique palestinienne

Proche-Orient

Le Hamas a dénoncé « le vol de l'argent » ; Tel-Aviv menace de dissoudre l'Autorité palestinienne.

OLJ/AFP
05/01/2015

Israël a assuré hier qu'il ne permettrait aucune poursuite contre ses soldats après la demande des Palestiniens d'adhérer à la Cour pénale internationale (CPI) et les a menacés de nouvelles sanctions, après le gel de plus de 100 millions d'euros.
« Nous ne permettrons pas que les soldats et officiers de Tsahal soient traînés devant le tribunal de La Haye », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. L'objectif de la démarche d'adhésion palestinienne, entamée vendredi aux Nations unies, est de pouvoir demander des comptes aux dirigeants israéliens pour les trois offensives lancées sur Gaza depuis 2008 ou encore pour l'occupation, devant cette cour compétente en matière de génocide, crime contre l'humanité et crime de guerre. Elle s'inscrit dans le cadre d'une offensive diplomatique menée à l'Onu par les Palestiniens, qui entendent de nouveau y soumettre leur projet de résolution, rejeté la semaine dernière.

En rétorsion, Israël avait gelé dès samedi le versement de 106 millions d'euros de taxes collectées pour le compte de l'Autorité palestinienne. Ces paiements sont vitaux pour l'Autorité car ils représentent plus des deux tiers de ses recettes budgétaires propres et contribuent au paiement de plus de 150 000 fonctionnaires. Pour rappel, l'État hébreu a déjà utilisé ce moyen de pression, notamment en avril lors de la réconciliation entre le Fateh du président Mahmoud Abbas et le Hamas.

(Lire aussi : Israël « profondément déçu » par la France)


De son côté, le mouvement islamiste a dénoncé « le vol de l'argent palestinien », appelant une nouvelle fois l'Autorité palestinienne à répliquer vite et fermement. Il faut « annoncer officiellement la fin des négociations et de la coopération sécuritaire avec l'occupant israélien », a déclaré le Hamas. Après la CPI, la rupture de la coopération sécuritaire en Cisjordanie occupée, arme anti-Hamas précieuse tant aux yeux des Israéliens que pour l'Autorité palestinienne, serait l'avant-dernière étape avant que les Palestiniens n'abattent leur ultime carte : la dissolution de l'Autorité palestinienne.

« Neutralisation progressive »

Dissoudre cette entité, née des Accords d'Oslo en 1993 et qui devait laisser place à un État qui tarde à venir, c'est aussi ce qu'a préconisé un ministre israélien, même si, dans les faits, seuls les Palestiniens peuvent le faire. « Si les Palestiniens ne reviennent pas en arrière, nous devrons prendre des mesures encore plus dures jusqu'à une dissolution progressive, une neutralisation progressive de l'Autorité palestinienne », a ainsi déclaré le ministre des Renseignements Youval Steinitz, proche de M. Netanyahu.

(Lire aussi : Le Hamas reste une « organisation terroriste » pour l'UE, malgré une décision de justice)


Ministre de la Justice récemment limogée et figure du centre-gauche, Tzipi Livni a toutefois prévenu : si le gouvernement « pense à des solutions comme des constructions ou le démantèlement de l'Autorité palestinienne, c'est nous qui serons punis ». En effet, fin 2012, lorsque l'État de Palestine avait obtenu le statut d'observateur à l'Onu, Israël avait annoncé la construction de plusieurs milliers de logements dans les colonies de Cisjordanie occupée, y compris dans la zone ultrasensible E1 proche de Jérusalem, et déclenché un tollé international.

Mais M. Netanyahu prépare cette fois une réponse « plus dure et globale » que le seul gel du versement des taxes mais qui ne comprendra pas de constructions dans les colonies, a assuré Nissim Ben Sheetrit, haut responsable des Affaires étrangères. « Israël est sur le point de passer de la défense à l'attaque », a-t-il prévenu. Dans le passé, l'État hébreu a également utilisé l'arme du retrait des permis VIP, qui permettent aux responsables palestiniens de se déplacer notamment de la Cisjordanie à la bande de Gaza.
Le gel des versements à l'Autorité palestinienne avait promptement été qualifié samedi de « nouveau crime de guerre » par les Palestiniens. En outre, Benjamin Netanyahu a renvoyé hier ces accusations aux dirigeants de Ramallah, qui ont selon lui contracté « une alliance avec les criminels de guerre du Hamas » en formant un gouvernement d'indépendants après leur réconciliation avec le mouvement islamiste, considéré comme « terroriste » par Israël et les États-Unis. Israël accuse notamment le Hamas d'avoir utilisé les Gazaouis comme « boucliers humains » durant la guerre de cet été.


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