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Le FBI avait validé des négociations avec l'EI pour sauver l'otage Kassig, selon The Guardian

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AFP
19/12/2014

Dans son édition du jour, The Guardian livre le récit des négociations qui auraient eu lieu pour tenter de sauver l'otage américain Peter Kassig, finalement exécuté par le groupe Etat islamique (EI) le 16 novembre dernier. Des négociations appuyées par les responsables américains chargés du contre-terrorisme et impliquant un avocat new-yorkais ainsi que de hauts responsables religieux jihadistes, précise le quotidien britannique.

Aucun responsable américain n'a jusqu'à présent commenté les informations du Guardian.

 

Âgé de 26 ans, Peter Kassig, un ancien soldat, originaire de l'Indiana (nord-est), avait fondé l'organisation humanitaire Special Emergency Response and Assistance (Sera) en 2012 après avoir quitté l'armée. Converti à l'islam, il avait pris le nom musulman d'Abdul-Rahman. Il avait été enlevé le 1er octobre 2013 en Syrie.

 

Tout commence le 3 octobre, quand l'avocat new-yorkais, Stanley Cohen, qui a défendu plusieurs islamistes devant des tribunaux américains, dont le gendre d'Oussama Ben Laden, des cadres du Hamas et des membres du Hezbollah, est contacté par des Palestiniens de Sabra et Chatila. Ils connaissent M. Kassig, ce dernier ayant oeuvré sur le plan humanitaire dans le camp de réfugiés au Liban. Ces Palestiniens viennent de voir la vidéo dans laquelle un autre otage de l'EI, Alan Henning, se fait décapiter. A la fin de cette vidéo, les jihadistes menacent de faire subir le même sort à Peter Kassig. Les Palestiniens pensent que Stanley Cohen pourrait les aider à faire libérer Kassig, en raison de ses contacts avec des militants dans la région.

Dans un premier temps, M. Cohen décline l'offre, n'ayant par de contact avec l'EI. Mais quelques jours plus tard, un vieil ami de l’avocat, John Penley, l'appelle pour lui demander de s'occuper du cas Kassig. L'avocat étudie le cas et, touché, accepte. S'en suivent des voyages en Jordanie et au Koweït, pour tenter de négocier la libération de Kassig.

Toutes les négociations se dérouleront à partir de contacts au Koweït et en Jordanie.

Au Koweït, le contact de l'avocat est un homme ayant participé à la libération d'otages aux mains du Front al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda.

Sachant que les États-Unis ne vont ni payer de rançon ni arrêter de bombarder les positions des jihadistes, Cohen présente une autre option : il suggère que l'EI dédie la libération de Kassig aux musulmans prisonniers politiques à travers le monde. Le contact koweïtien est convaincu et accepte de tenter de sauver Kassig.

Stanley Cohen cherche ensuite une forme d'appui officiel, et l'obtient du FBI, qui finance notamment l'opération. L'avocat travaille toutefois pour son compte, et ne représente en aucune manière l'administration.

Le contact koweïtien finit par indiquer à Stanley Cohen qu'un dignitaire de l'EI, un Bahreïni du nom de Turki al-Binali, est le seul à pouvoir bloquer l’exécution de l'otage. Pour atteindre Binali, Stanley Cohen doit passer par son ancien mentor, un haut responsable jihadiste jordanien, Abou Mohammad al-Makdisi, qui fut, un temps, proche de Abou Moussab al-Zarqawi, un dirigeant d'el-Qaëda en Irak. Le problème est que Binali et Makdisi sont en froid.

L'avocat rencontre Makdisi à Amman. Le leader jihadiste estime que le plan pour sauver Kassig pourrait permettre de contrer l'EI, que l'homme exècre. De manière générale, tous les contacts jihadistes de Cohen dans cette affaire, veulent contrer l'EI.

Makdisi élabore un plan global pour la libération de Peter Kassig, qui inclut notamment une forme de réconciliation entre el-Qaëda et l'EI et un engagement de l'EI à ne plus prendre d'otages.

Problème, la loi jordanienne interdit à Makdisi d'entrer en contact direct avec Binali. Et Makdisi, qui, accusé de terrorisme, vient de sortir de quatre ans de prison, n'a pas l’intention d'y retourner. Stanley Cohen appelle le FBI pour qu'il entre en contact avec les services de renseignement jordaniens et valide le processus.

Binali et Makdisi se lancent dans un échange de messages. Des nouvelles viennent aussi du Koweït, qui rendent Cohen optimiste.

Le 27 octobre, les services de renseignements jordaniens arrêtent Makdisi. Stanley Cohen, furieux, appelle son contact au FBI pour lui rappeler ses engagements. Au Guardian, le FBI a dit ne pas voir donné d'assurances concernant Makdisi. Un peu plus tard, les contacts du groupe koweïtien reçoivent la visite des services de renseignements.

Les négociations sont au point mort. Stanley Cohen tente d'obtenir la libération de Makdisi, puis de relancer le groupe du Koweït.

Le 16 novembre, l'avocat new-yorkais apprend la décapitation de Peter Kassig. Son contact koweïtien lui explique que les négociations ont pris trop de temps.

 

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