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Moyen Orient et Monde

Jérusalem-Est en proie à de violents heurts pour la 5e nuit consécutive

Proche-Orient

Le président Rivlin admet les torts d'Israël envers la communauté arabe.

OLJ/AFP
27/10/2014

De violents heurts opposaient hier soir des centaines de Palestiniens à la police israélienne pour la cinquième nuit consécutive à Jérusalem-Est, alors que les funérailles d'Abdel Rahmane Shalodi, un Palestinien accusé par la police israélienne d'avoir délibérément jeté sa voiture sur un arrêt du tramway, devaient finalement avoir lieu dans la nuit. Ce Palestinien de 21 ans a été abattu mercredi dernier par la police après avoir tué un bébé et une Équatorienne de 22 ans qui a succombé hier à ses blessures. Depuis, sa dépouille, aux mains de la médecine légale israélienne, n'a toujours pas été remise à sa famille. La justice israélienne avait décidé qu'elle serait rendue aux Shalodi hier soir à la porte du cimetière pour un enterrement rapide au milieu de la nuit, en présence d'une liste réduite de participants soumise auparavant à la police. La famille a dans un premier temps refusé ces conditions et la police avait indiqué qu'elle ne rendrait pas le corps. Mais les deux parties se sont finalement mises d'accord en soirée.

Privée de cortège funéraire et probablement du rituel funéraire musulman – notamment les ablutions –, la famille Shalodi avait appelé à des « funérailles symboliques » en fin d'après-midi devant sa maison de Silwan, quartier populaire palestinien ultrasensible proche du vieux Jérusalem. Des centaines de Palestiniens ont répondu présent et participé à la prière du défunt avant de tenter de rallier l'Esplanade des Mosquées, épicentre de toutes les tensions dans la ville sainte, a constaté un journaliste de l'AFP.

(Lire aussi : Pour le président Rivlin, la société israélienne est malade)

Accompagnant un cercueil vide enveloppé dans un drapeau palestinien, la foule avait à peine parcouru quelques dizaines de mètres que la police israélienne chargeait, sous des rafales de tirs de grenades lacrymogènes auxquels répondaient des jets de pierres, de pétards et de cocktails Molotov. Au moins quatre Palestiniens ont été arrêtés, tandis que les forces israéliennes perquisitionnaient les maisons alentour, a constaté le journaliste. Selon le Croissant-Rouge, ces heurts ont fait au moins 21 blessés, asphyxiés par le gaz lacrymogène ou touchés par des balles en caoutchouc.

Des heurts ont également éclaté en d'autres points de la partie palestinienne annexée et occupée par Israël de Jérusalem, notamment dans les quartiers de Rass al-Amoud et de Issawiya. Depuis mercredi dernier, les violences secouent Jérusalem-Est jour et nuit sans discontinuer. La nuit dernière, au moins cinq Palestiniens ont encore été arrêtés, selon la police israélienne. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a parallèlement promis d'utiliser « toute la force nécessaire pour qu'échoue » le plan « des extrémistes musulmans qui s'emploient à l'embrasement » de Jérusalem, qu'il a désignée comme « la capitale d'Israël ».

Torts passés et présents

Toutefois, le président Reuven Rivlin a reconnu hier les torts passés et présents d'Israël envers la communauté arabe, qu'il a appelée au calme devant le risque qu'elle prenne fait et cause pour les Palestiniens de Jérusalem-Est ou des Territoires. Reuven Rivlin a choisi très symboliquement, pour s'adresser à la communauté des Arabes israéliens, de devenir hier le premier président israélien à participer aux commémorations du « massacre de Kafr Qassem » perpétré le 29 octobre 1956. La police des frontières israélienne avait abattu ce jour-là 47 civils arabes israéliens en obéissant à la lettre à un ordre de faire respecter un couvre-feu sur ce village proche de Tel-Aviv. « Je ne suis pas naïf, je sais que certains Arabes israéliens s'identifient à la souffrance des Palestiniens et qu'ils subissent ici en Israël le racisme », a déclaré M. Rivlin. Mais « le public arabe en Israël, les responsables arabes en Israël doivent donner de la voix contre la violence et le terrorisme », a-t-il exhorté.

(Lire aussi : Pour les Palestiniens, la lutte contre l'extrémisme et l'occupation israélienne sont liées)

Dans ce contexte, les travailleurs palestiniens en Israël ne pourront désormais plus emprunter les même bus que les colons pour rentrer en Cisjordanie, une mesure qui ravive la polémique sur la « ségrégation » dans les transports, a rapporté hier le journal israélien Haaretz. Des centaines de Palestiniens munis d'un permis de travail vont chaque jour travailler en Israël, principalement sur les chantiers de construction. Jusqu'ici, ils devaient transiter à l'aller via un unique point de passage, celui d'Eyal près de Qalqiliya au nord de la Cisjordanie occupée. Mais la mesure annoncée par le ministre israélien de la Défense, et qui sera applicable à partir du mois prochain, les obligera désormais à « pointer » à ce même point de passage à leur retour, ce qui n'était pas le cas avant, selon le quotidien libéral.

Enfin, le chef de la délégation palestinienne a annoncé hier que les négociations indirectes avec les Israéliens sur la trêve dans la bande de Gaza reprendraient après la mi-novembre au Caire et non aujourd'hui comme prévu initialement, et ce après l'attaque meurtrière dans le Sinaï égyptien.


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