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Quand les chrétiens de Syrie organisent leur protection

« Sootoro n’est pas lié à ce qu’on appelle le “régime”, mais à l’État syrien »

Le témoignage de Cyril*, responsable au sein de Sootoro

13/10/2014

« Sootoro n'est pas lié à ce qu'on appelle le "régime", mais à l'État syrien représenté par l'armée syrienne et les forces engagées sous le drapeau de l'État syrien. » Contrairement à Sutoro, l'autre groupe de défense syriaque en Syrie, Sootoro entretient des relations avec le pouvoir en Syrie.
« Sootoro est uniquement présent à Qamichli, il opère dans toute la ville et surtout dans les quartiers où il y a une grande présence chrétienne », explique Cyril, responsable de la communication du groupe. L'objectif du groupe : défendre la présence chrétienne « autant que possible, malgré le manque de ressources matérielles », souligne Cyril qui fait partie du groupe depuis sa création fin 2013.
La mission de Sootoro est de défendre ses quartiers « contre les vols, les enlèvements, les agressions, la prostitution, l'utilisation de drogue », voire un jour contre les jihadistes. « Sootoro existe pour protéger son peuple, et si cela devient nécessaire, il n'y aura pas de différenciation entre actions défensives et offensives », assure Cyril.
Les membres du groupe « ont reçu des entraînements pour pouvoir défendre la ville en cas d'agression. Certains formateurs sont issus de notre peuple, ils servaient dans l'armée. Nous recevons aussi l'aide de l'armée arabe syrienne », indique-t-il. L'État syrien assure également une partie du financement du groupe, explique-t-il, précisant qu'au départ, c'est l'Église et ses institutions qui le finançaient.
Quant aux effectifs, s'il ne veut pas donner de chiffre et reconnaît que l'immigration « a eu un impact », Cyril assure que le nombre de membres augmente, « Sootoro plaît à de nombreux jeunes qui veulent défendre leur terre ». « L'important est la qualité et non le nombre, 10 personnes physiquement prêtes et entraînées équivalent à 100 personnes armées mais sans entraînement », poursuit-il.
Comme Sutoro, Sootoro s'enorgueillit d'enrôler des femmes, mais « si elles sont tout le temps en état d'alerte, en situation normale, elles ne s'affichent pas en public ».
Sur les relations avec Sutoro ou le Conseil militaire syriaque, Cyril semble ne pas vouloir polémiquer, déclarant sur ce plan : « Nous sommes tous les fils du même peuple. Notre vision diverge, mais ils travaillent selon leurs convictions pour l'intérêt du peuple, comme nous. »

*Le prénom a été changé à la demande de la personne interviewée.

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