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À La Une - syrie

Les jihadistes au plus près de Aïn el-Arab

Attentat suicide d'une combattante kurde contre l'EI.

La fumée s'élève de Aïn el-Arab, ville clé en Syrie, le 5 octobre 2014. AFP PHOTO / ARIS MESSINIS

Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI, ex-Daech) ont encore resserré leur étreinte dimanche sur la ville syrienne kurde de Aïn el-Arab (Kobané en kurde), à quelques kilomètres de la Turquie où la chute d'un obus a fait cinq blessés et conduit à l'évacuation de deux villages.

Pour la troisième journée consécutive, la ville assiégée a été soumise à des tirs d'obus de l'EI qui cherche à s'en emparer pour s'assurer le contrôle sans discontinuité d'une longue bande de territoire à la frontière syro-turque.

 

(Lire aussi : En Syrie, les États-Unis confrontés aux limites des frappes aériennes)

 

"Ils sont à certains endroits à un kilomètre de la ville et à deux ou trois kilomètres à d'autres endroits", a déclaré à l'AFP un responsable kurde syrien.

Les jihadistes se sont emparés samedi soir d'un pan de la colline de Machtanour, au sud-est de Aïn el-Arab. S'ils parvenaient à mettre la main sur la totalité de cette colline alors "tout Kobané serait dans leur viseur et sa prise deviendrait plus facile", a averti le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.
Il a également fait état de sept frappes samedi soir de la coalition dirigée par les Etats-Unis contre des positions de l'EI autour de la ville, ce qui "entrave la progression du groupe".

Les bombardements américano-arabes dans la région de Aïn el-Arab, où il resterait quelques milliers de civils, ont commencé ces derniers jours après le début de l'intervention de la coalition en Syrie le 23 septembre.
Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a pour sa part de nouveau exclu toute frappe française en Syrie.


'Des centaines de morts'
Aïn el-Arab est défendue par les combattants des Unités de protection du peuple (YPG, principale milice kurde syrienne), moins nombreux et moins bien armés que les jihadistes.
Face à cette situation, la Turquie s'est pour l'instant contentée de renforcer sa frontière, une passivité vigoureusement dénoncée par sa population kurde (de 15 à 20 millions), qui l'accuse de laisser faire les jihadistes.

Des discussions informelles ont toutefois eu lieu entre le président du Parti de l'union démocratique (PYD), la branche syrienne du mouvement rebelle kurde turc du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, classé terroriste par la Turquie), et les services de renseignement turcs, ont affirmé des médias turcs dimanche.

 

(Lire aussi : "C'est une horreur, un carnage" pour les Kurdes)

 

Du côté turc de la frontière, un tir d'obus de mortier d'origine indéterminée a fait cinq blessés. "C'était un cauchemar. Il y a des affrontements juste à côté, et personne ne fait rien", a raconté à l'AFP Berhan Polat, l'un des blessés, à l'hôpital de Suruç.

L'offensive des jihadistes a fait selon l'OSDH des centaines de morts dans les deux camps depuis le 16 septembre, et poussé à la fuite quelque 300.000 habitants, dont 180.000 ont trouvé refuge en Turquie.
Certains d'entre eux veulent retourner à Aïn el-Arab pour combattre, mais en sont empêchés par les autorités turques à la frontière, a constaté une journaliste de l'AFP.
"Je n'abandonnerai pas Kobané avant d'avoir versé la dernière goutte de mon sang", a affirmé une mère de famille, Hatice Mohammed Hussein.

Une combattante kurde a mené dimanche un attentat suicide contre une position de l'EI aux abords de Aïn el-Arab, faisant plusieurs victimes, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).


Limite des frappes
Pour Idris Nahsen, un responsable kurde local, les frappes aériennes "ne sont pas suffisantes pour battre les terroristes au sol. Ils (la coalition menée par les Etats-Unis) doivent nous aider avec des armes et des munitions".

Des experts et d'ex-responsables militaires américains ont également souligné que Aïn el-Arab illustrait les limites d'une intervention exclusivement aérienne.
"Les Kurdes font face à des combattants bien organisés et bien équipés", a affirmé Seth Jones, un ancien conseiller militaire américain. "Il s'agit d'un problème plus large qui concerne toute la Syrie où l'intervention américaine n'est pas vraiment bien coordonnée avec des forces sur le terrain, en partie à cause de la pléthore de groupes rebelles".

Ailleurs en Syrie, une coalition de ces rebelles, parmi lesquels le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaeda, s'est emparée dimanche d'un plateau stratégique dans la province de Deraa (sud), selon l'OSDH. Les combats, qui ont fait 30 morts parmi les forces du régime et 29 parmi les rebelles, se poursuivaient.

 

(Lire aussi : "Alan Henning était un ami des musulmans et les musulmans vont le pleurer")


Après la révulsion suscitée dans le monde par la décapitation par l'EI de l'humanitaire britannique Alan Henning, les parents de l'otage américain Peter Kassig ont imploré ses ravisseurs de "faire preuve de compassion et de libérer" leur fils.

L'EI a décapité depuis fin août quatre otages occidentaux, deux Britanniques et deux Américains, enlevés en Syrie, en représailles aux raids américains et à la participation britannique à la coalition anti-jihadistes.
Londres a néanmoins affirmé qu'elle utiliserait tous ses "moyens pour vaincre cette organisation barbare".
En Irak, des bombardiers et hélicoptères américains ont mené dimanche six attaques avec des missiles contre des positions des jihadistes en Irak, selon le commandement américain chargé du Moyen-Orient (Centcom).

 

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Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI, ex-Daech) ont encore resserré leur étreinte dimanche sur la ville syrienne kurde de Aïn el-Arab (Kobané en kurde), à quelques kilomètres de la Turquie où la chute d'un obus a fait cinq blessés et conduit à l'évacuation de deux villages.Pour la troisième journée consécutive, la ville assiégée a été soumise à des tirs d'obus de l'EI...

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La situation des troupes turques rappelle étrangement Celles de Staline stationnées aux portes de Varsovie pendant l’insurrection. Il est possible que la Turquie attende l’anéantissement des Kurdes de Syrie pour prendre partit aux combats. Ceci malgré la complainte d’un quart de sa population qui assiste au massacre de ses frères par delà la frontière. Premier constat Les troupes d’Assad n’ont jamais sérieusement affronté l’EI depuis le Début de la guerre Civile. Ceci renforce l’Idée d’une alliance entre l’EI et le Régime Assad ; sans doute comparable a celle de l’EI avec les islamistes d’Erdogan. L’adhésion du Qatar et de la Turquie à la coalition occidentale a du se négocier au détriment des kurdes de Syrie avec de possibles contreparties territoriales pour la Turquie en cas d’invasion massive par ses troupes. Il reste peu d’habitants à Kobané Mais si L’EI l’emporte, la défaite des Kurdes résonnera comme un camouflet pour la coalition par sa fragilité, et ses luttes de conflits d’influences aux enjeux cyniques. Il faut que la coalition se mobilise pour Kobané . Le Véritable enjeu est celui de l’image. Pour tarir le recrutement de l’EI aucune défaite n’est souhaitable.

ANDRE HALLAK

01 h 06, le 06 octobre 2014

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Commentaires (1)

  • La situation des troupes turques rappelle étrangement Celles de Staline stationnées aux portes de Varsovie pendant l’insurrection. Il est possible que la Turquie attende l’anéantissement des Kurdes de Syrie pour prendre partit aux combats. Ceci malgré la complainte d’un quart de sa population qui assiste au massacre de ses frères par delà la frontière. Premier constat Les troupes d’Assad n’ont jamais sérieusement affronté l’EI depuis le Début de la guerre Civile. Ceci renforce l’Idée d’une alliance entre l’EI et le Régime Assad ; sans doute comparable a celle de l’EI avec les islamistes d’Erdogan. L’adhésion du Qatar et de la Turquie à la coalition occidentale a du se négocier au détriment des kurdes de Syrie avec de possibles contreparties territoriales pour la Turquie en cas d’invasion massive par ses troupes. Il reste peu d’habitants à Kobané Mais si L’EI l’emporte, la défaite des Kurdes résonnera comme un camouflet pour la coalition par sa fragilité, et ses luttes de conflits d’influences aux enjeux cyniques. Il faut que la coalition se mobilise pour Kobané . Le Véritable enjeu est celui de l’image. Pour tarir le recrutement de l’EI aucune défaite n’est souhaitable.

    ANDRE HALLAK

    01 h 06, le 06 octobre 2014

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