Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Terrorisme / Linguistique

EIIL, EIIS, Daech : comment appeler les jihadistes de l’État islamique ?

Le drapeau de l’État islamique. Tauseef Mustafa/AFP

Les jihadistes ultraradicaux ont choisi d'appeler leur groupe l'État islamique en proclamant fin juin leur « califat » à cheval sur l'Irak et la Syrie, mais beaucoup contestent ce substantif qui laisse à croire qu'il représente l'ensemble des musulmans.


Mercredi, le président américain Barack Obama a évité dans son discours de parler d'État islamique (EI), utilisant uniquement « ISIL », initiales en anglais de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL). « Ce groupe se fait appeler "État islamique", mais il faut que deux choses soient claires : ISIL n'est pas islamique. Aucune religion ne cautionne le meurtre d'innocents et la majorité des victimes de l'ISIL sont des musulmans. ISIL n'est certainement pas un État. Il était auparavant la branche d'el-Qaëda en Irak », a-t-il déclaré.


À sa création en octobre 2006 en Irak de la fusion de la branche d'el-Qaëda en Mésopotamie et de petits groupes islamistes en Irak, le groupe extrémiste sunnite se faisait appeler « l'État islamique d'Irak (EII) ». Après une éclipse, car ses militants sont chassés par les tribus sunnites irakiennes qui leur reprochent leurs exactions, l'EII va réapparaître en Syrie à la faveur du conflit déclenché en mars 2011 par la répression d'une contestation populaire qui s'est transformée en révolte armée. Dès août 2011, le groupe jihadiste appelle ses combattants et sympathisants à aller combattre en Syrie aux côtés « des musulmans » contre les alaouites, avatar du chiisme, qu'ils honnissent.

 

(Lire aussi : Aux origines de l’islamisme du nouveau « calife », il y avait...)

 

Les « égorgeurs de Daech »
Ces jihadistes se battent dans les rangs du Front al-Nosra, la branche syrienne d'el-Qaëda, avant de créer en avril 2013, après des frictions avec al-Nosra, « l'État islamique en Irak et au Levant », ou selon une autre traduction l'État islamique en Irak et en Syrie (EIIS en français, ISIS en anglais). Car en arabe le mot « Cham », figurant dans le sigle du groupe, peut signifier soit la Syrie, soit de façon plus large le Levant. L'acronyme en arabe de l'EIIL est Daech. Mais il est perçu comme péjoratif par les jihadistes, car le terme « islamique » y disparaît.


Le 29 juin, après son offensive fulgurante en Irak qui lui a permis de s'emparer de larges pans de territoire, le groupe, qui contrôle également de vastes régions en Syrie, annonce l'établissement d'un « califat » et le changement de son nom en « État islamique » pour supprimer toute référence géographique (Irak, Levant, Syrie). Il désigne son chef Abou Bakr al-Baghdadi comme « calife » et donc « chef des musulmans partout » dans le monde.


Selon le Washington Post, les élus démocrates à la Chambre des représentants ont choisi de parler d'ISIL et non ISIS, car cette dernière représente une divinité égyptienne et un prénom féminin répandu, alors que les républicains utilisent plus fréquemment ISIS. À Bagdad hier, le président français François Hollande a utilisé le terme Daech et le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a parlé jeudi « des égorgeurs de Daech ». Au Liban, ceci est même devenu un adjectif. Qualifier quelqu'un de « Daechi » signifie quelqu'un de borné, qui veut imposer son point de vue.

Repères
A quoi ressemblera la guerre contre l'Etat islamique?

Tout ce qu'il faut savoir sur l'Etat Islamique

Offensive des jihadistes de l'Etat islamique en Irak et en Syrie : les dates-clés

C'est quoi au juste un État islamique ?

L'Etat islamique ou la puissance par l'image

 

 


Les jihadistes ultraradicaux ont choisi d'appeler leur groupe l'État islamique en proclamant fin juin leur « califat » à cheval sur l'Irak et la Syrie, mais beaucoup contestent ce substantif qui laisse à croire qu'il représente l'ensemble des musulmans.
Mercredi, le président américain Barack Obama a évité dans son discours de parler d'État islamique (EI), utilisant uniquement...

commentaires (7)

E.I. IL Y EN A DEUX... LEQUEL ?

LA LIBRE EXPRESSION.

20 h 29, le 15 septembre 2014

Tous les commentaires

Commentaires (7)

  • E.I. IL Y EN A DEUX... LEQUEL ?

    LA LIBRE EXPRESSION.

    20 h 29, le 15 septembre 2014

  • COMMENT ? MAIS, TOUT SIMPLEMENT, LES IMBÉCILES DE L’ÉTAT ISLAMIQUE, TOUT A FAIT COMME CEUX DE L'AUTRE AUSSI FAMEUSE "RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE"....

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    18 h 24, le 15 septembre 2014

  • DES RÉSIDUS CHIMIQUES !

    LA LIBRE EXPRESSION.

    06 h 53, le 14 septembre 2014

  • simplement des "assassins" ils n'ont aucune légitimité, Ils sévissent dans deux pays , volant leurs biens et assassinant les habitants sans distinction femmes et enfants. L'Islam n'a jamais vécu une telle déchéance

    FAKHOURI

    23 h 55, le 13 septembre 2014

  • Des trous de balles ...

    M.V.

    18 h 39, le 13 septembre 2014

  • Et dire qu'on les aurait d'office appelé Pasdarânîs-hézbbbollâhîs... s'ils avaient été tout simplement takfiristes chïïtiques au lieu d'être "sunnitiques".

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    13 h 57, le 13 septembre 2014

  • On sait pourquoi cette confusion , daech est soit disant l'ennemi des us en Irak , mais il est pour sûr l'allié des occions sionisés en Syrie . Alors on attend tous de voir ce que les "spécialistes" vont décider de comment les appeler , les uns et les autres , alors que c'est bonnet blanc et blanc bonnet wahabosalafoturcosioniste .

    FRIK-A-FRAK

    13 h 30, le 13 septembre 2014

Retour en haut