X

Culture

Le land art caméléon d’Ad Achkar

Performance

Ad Achkar a parsemé le chemin qui mène du vieux pont de Nahr el-Kalb à la maison de sa grand-mère d'une trentaine de photographies, autoportraits nus qui s'accrochent à la nature et se fondent avec l'environnement. À voir ce soir à partir de 18h.

04/09/2014

Il a certainement du cran, Ad Achkar, pour s'exposer ainsi, au naturel, en pleine nature. Le photographe et land artist de 26 ans, grand adepte des mises en scène, a focalisé cette fois-ci sur sa propre personne, en tenue d'Adam. Jouant le Tarzan, dans les buissons ? Pas tout à fait puisque sa scénographie implique également des poses dramatiques, comme dans celle où il s'accroche à un rocher tel un cadavre à la dérive de la rivière. Sur un autre tirage, on le retrouve enroulé telle une liane sur les branches d'un arbre. Ailleurs, les veines de ses pieds semblent enracinées dans les craquelures de la terre assoiffée... Les « poses » et les « cimaises » naturelles varient au fil de la promenade qui mène les visiteurs du vieux pont de Nahr el-Kalb vers la vieille maison de l'ancêtre de l'artiste. Une trentaine de clichés bien étudiés, collés sur les arbres, sur les murs, sur la terre... Plus de 150 mètres de terrain sont ainsi couverts de photographies. Le chemin choisi, allant du pont à la maison familiale, il a dû l'emprunter des milliers de fois. Un chemin jonché de souvenirs qui se trouve aujourd'hui parsemé de photographies... très personnelles.
« C'est un lieu qui m'est très familier. Il a été le terrain de jeux de tous les enfants de la famille. Mes autoportraits s'adaptent à cet emplacement. Mon corps est intime avec cet espace. Il y trouve son environnement naturel », indique Ad Achkar.


Dans l'autoportrait du carton d'invitation, on le voit maquillé et torse nu. Avec une lampe sur la tête. Les raisons de ce travestissement ? « Je suis très à l'aise avec ma sexualité... C'est une transformation de ma nature. » Et d'ajouter : « L'objectif de cette série est de mettre mon corps en relation avec la terre. » Certains y verraient de la provocation ? « Je ne sais pas quoi dire à ceux-là, c'est de l'art... »
Diplômé de photographie de l'Université Saint-Esprit de Kaslik (2010 – prix d'excellence pour son projet « God Bless Our Home » ), premier prix de la compétition Chabab Ayyam de la galerie éponyme à Dubaï, Ad Achkar a exposé ses autoportraits de nus à Long Island, New York. Sa collection « Behind the Sea », composée de miroirs reflétant la société libanaise fragmentée, a été exposée en Floride en 2012, dans le cadre de l'événement « Snap Orlando ». « Les communautés m'inspirent, l'art me guide et la photographie me permet de m'exprimer », affirme le jeune artiste en précisant que ses autoportraits sont nés d'un « hasard d'improvisation, mais aussi de réminiscences expérimentales et de réfections sur mon moi intime et l'aspect sombre de ma personnalité ».


Ad a découvert la photographie à l'âge d 18 ans. Mais il a toujours été fasciné par l'image. Son premier appareil était un Kodak. Ses premières photos, des portraits de famille. Son appareil de choix : un Canon Mark II 5D. Mais il ne boude pas non plus les appareils analogues. Il apprécie les contrastes du noir et blanc, mais avoue quand même sa prédilection pour les photos en couleurs parce qu'elles donnent un aperçu plus réaliste. « Les couleurs me donnent de la vitalité. » Numérique ou argentique ? « Argentique bien sûr. le résultat est un rendu plus mystérieux que celui du numérique. Le négatif donne des images plus sensibles que le numérique. L'image argentique est plus vivante que l'image digitale. »


Marcel Duchamp et Nan Goldin l'ont inspiré durant ses études à l'université. Il collecte des antiquités. Adepte du yoga, il aime le camping, la natation, les collages et les travaux manuels. Le land art, c'est l'art dans la nature ? « Le land art est une tendance de l'art contemporain utilisant le cadre et les matériaux de la nature (bois, terre, pierres, sable, rocher, etc.). Le plus souvent, les œuvres sont à l'extérieur, exposées aux éléments et soumises à l'érosion naturelle ; ainsi, certaines œuvres ont disparu et il ne reste que leur souvenir photographique et des vidéos. L'inspiration de ce projet ? « J'ai commencé par travailler sur "One with Nature" depuis 3 ans, influencé par les 4 éléments de la nature : terre, eau, air et feu. »


Reste à signaler que la maison ancestrale sera ouverte au public jusqu'à lundi. Une open house où les visiteurs pourront admirer des photos d'anciens projets. « Plus que 50 photos de mes anciens projets (God Bless Our Home, Behind the Sea...) seront en vente. »

À la une

Retour à la page "Culture"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Tête de Turc

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.