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Liban - Libertés

Les détenus de Hammam el-Agha transférés à la prison de Zahlé

« Nous ne savons pas pourquoi les officiers ont transféré les détenus à Zahlé pendant notre absence ; ils nous ont joué un sale tour, confiait un activiste de la société civile à « L'Orient-Le Jour » hier. Ils seront jugés lundi. »

Photo tirée du site Web de Hammam el-Agha.

Après l'arrestation de 27 personnes samedi à Hamra dans un hammam connu pour être fréquenté par des homosexuels et l'émission de mandats d'arrêt contre eux pour « pédérastie » selon la loi 534 qui punit les actes « contre nature », L'Orient-Le Jour a pu savoir de source sûre que 6 à 9 personnes ont été libérées hier sous caution.

Dans les détails, la comparution devant le tribunal a été fixée à lundi prochain au Palais de justice de Beyrouth. « Selon la loi 534, les 27 personnes pourraient écoper d'une peine d'un an de prison ou devront payer une certaine somme d'argent, a confié hier à L'Orient-Le Jour Ghinwa Samhat, directrice exécutive au sein de l'ONG Helem. Certains d'entre eux ont déjà recouvré la liberté en payant une caution, mais devront être présents pour le tribunal lundi, et nous estimons que la somme à payer pour clore l'affaire sera de 5 000 dollars pour l'ensemble des détenus, selon la loi 534. » Et Ghinwa d'ajouter : « Beaucoup d'entre eux ne pourront pas payer la somme requise individuellement, qui s'élève généralement à 200 dollars, et c'est pourquoi nous avons lancé un appel pour récolter l'argent nécessaire avant lundi. Nous avons besoin d'aide. »

(Pour mémoire : Liban : L'ordre des médecins interdit la pratique du « test de la honte »)


Si les activistes de l'ONG Helem ont œuvré d'arrache-pied hier pour aider les prévenus désirant quitter le poste de police de Hobeich sous caution et ceux qui y sont restés, ils ont dû toutefois faire face à une grosse surprise. « Les formalités étaient compliquées et certains des détenus ne voulaient pas nous communiquer leurs noms, a expliqué Ghinwa Samhat. Helem ne peut charger des avocats de l'affaire sans les noms des détenus. Tout cela a pris du temps, surtout pour les convaincre de nous donner leurs noms. Et alors que nous nous étions absentés pendant une heure pour aller chercher quelques papiers et communiquer les noms à l'avocat pour leur libération, nous sommes revenus à Hobeich pour découvrir que ceux qui n'ont pas pu payer la caution ont été transférés à la prison de Zahlé. » « Nous ne savons pas pourquoi. Ils nous ont donné mille prétextes et excuses, et il nous est à présent impossible d'obtenir leur libération avant la séance du tribunal, vendredi étant un jour férié », a-t-elle ajouté.

« Encore sous le choc... »

Assurant que tous les détenus sont majeurs, la responsable a par ailleurs affirmé que certains d'entre eux sont toutefois très jeunes. « Ils se sont finalement résignés à appeler leurs parents pour les faire sortir, a-t-elle indiqué. Beaucoup sont sous le choc de se retrouver en prison pour quelque chose dont ils ne se sentent pas coupables. Mais je dois avouer que les officiers ont été très polis avec les détenus qui, à Hobeich, ne peuvent manger qu'à leurs propres frais. Les officiers ont acheté des repas à ceux qui n'avaient pas d'argent. »

(Pour mémoire : La Société libanaise de psychiatrie, l'homosexualité et les « thérapies réparatrices »...)


Si le propriétaire de Hammam el-Agha a ainsi pu quitter Hobeich en payant une somme qui se serait élevée à 5 millions de livres libanaises, une vingtaine d'hommes restent ainsi en détention à Zahlé, dont des Libanais, des Syriens et des Irakiens. Ces derniers seraient, par ailleurs, les victimes indirectes d'un des employés non libanais de Hammam el-Agha qui voulait renouveler ses papiers il y a quelques jours. Inspectant son téléphone portable, les officiers ont alors découvert des photos à caractère pornographique, et l'employé s'est vu contraint de leur révéler des informations à propos de son lieu de travail et ce qui s'y passe, provoquant la perquisition de samedi.

Rappelons toutefois que les clients du hammam ce jour-là n'ont pas été attrapés en flagrant « délit », mais ont été accusés de « pédérastie » en raison du contenu de leurs portables et de leurs aveux, alors que la loi 534, qu'il est en tout cas urgent de changer, punit strictement les actes et non pas l'orientation sexuelle.
Sur un autre plan, des rumeurs circulaient hier faisant état d'un raid sur un autre hammam gay de la capitale. « Ils sont venus à Bourj Hammoud le matin, mais le hammam, qui n'ouvre que dans l'après-midi, était fermé. J'ai entendu dire qu'ils ont arrêté un employé qui gardait l'endroit », racontait hier un activiste de la communauté LGBT.


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