X

Culture

Violaine Prince, une amoureuse de l’esprit

Rencontre

Entre sciences informatiques profondes, verbe du Parnasse et notes pour une musique contemporaine, sacrée et profane, Violaine Prince a construit son univers. Aux embranchements diversifiés. Bruissant de sensibilité et de foi. De passage à Beyrouth, rencontre pour retrouver un peu les racines de ces multiples naissances et (pré)occupations.

07/04/2014

Sanglée dans un tailleur sombre aux rayures claires, le col d'un chemisier en triple collerettes enserrant un cou orné d'un pendentif discret, les cheveux sel et poivre courts avec frange sur le front, Violaine Prince respire à la fois la rigueur des scientifiques et l'inspiration sans contrainte de l'univers du Parnasse et de la lyre. Mélange de retenue et d'émotion, d'austérité et de sérénité, d'économie des mots et de flot de paroles. Avec, toujours, cette étincelle d'humanisme dans les yeux.
Prénom claudélien («un personnage qui a tout le potentiel et donne tout», souligne Violaine Prince) pour une femme libanaise d'origine, de 56 ans, professeure à l'Université Montpellier 2, mais qui a à son actif des recueils de poésie, une pièce de théâtre, des opus pour piano et violon et un Requiem.
Parcours riche et un peu atypique où chiffres, lettres et sons se rejoignent en toute complicité. En un vibrant acte de foi pour une croyante aux valeurs éthérées, faites de labeur, de franchise et de quête pour un sain épanouissement. Pour être au plus près de soi et de l'humanité.
Navette entre l'étranger et Beyrouth, la ville des origines, quittée en 1976. C'est-à-dire deux années de guerre vécues. Comme un pèlerin qui retourne vers sa terre natale, Violaine Prince n'en lâche pas moins ses impressions: «J'avais mal, à chaque fois que je revenais, de trouver la ville de plus en plus défigurée... L'impuissance face au mal est un fait. Je suis résignée et je viens ici pour les gens. Quand ils ont une petite lumière, je remercie le ciel pour cela...»
Mais pour en revenir à ses multiples activités professionnelles, d'enseignement supérieur, de femme de lettres et de compositrice, il aurait été heureux de savoir comment elle se définit. Petit sourire pour marquer l'impossibilité de la réponse et pourtant elle laisse filtrer ces quelques aveux: «Une définition n'épuise jamais les propriétés ontologiques. D'où je préfère me contenter de cette citation de Lamartine: "L'homme est un ange déchu qui se souvient des cieux..."»
Férue des trois B (Bach, Beethoven, Brahms), du baroque (dont Mondonville), éprise des compositeurs russes (Rachmaninov, Rimsky-Korsakov, Tchaïkovski), s'approchant volontiers de Fauré, mais abhorrant Debussy (du tachisme mélodique!), lisant Goethe, Didier Van Cauwelaert, la littérature héroïque fantastique de Tolkien et actuellement les ouvrages de Jacqueline Kelen, Violaine Prince parle peu des joies et des petits plaisirs de la vie. Si, quand même. Surtout quand elle s'entretient de l'indicible joie de composer. Elle évoque alors avec un sourire à peine dessiné les petits moments de disponibilité qui ont des aspérités. En toute frugale simplicité.
Tout remonte, comme il se doit, à l'enfance. Écrire de la poésie, heureuse jusqu'à l'ivresse en écoutant Mozart et Tchaïkovski tout en
grimpant aux arbres, c'est ainsi que reviennent les images d'une petite fille hantée par la beauté et la force des mots et des sons. S'estompent un peu déjà les années d'études au Conservatoire national supérieur de musique de Beyrouth et ressurgissent, plus proches, les cycles de formation au Conservatoire de Montpellier.
Mais l'enfance a tenu tête à l'âge adulte. Et la vie a rempli ses promesses puisqu'en novembre 2013, en création mondiale, à l'église Sainte-Thérèse a retenti le Requiem de Violaine Prince. Un opus commencé à l'âge de 12 ans et terminé à l'âge de 50!
C'est le Chœur symphonique de Montpellier, dirigé par Vincent Ricolin, avec en solistes le soprano Anne Tsitrone et l'alto Lise-Éléonore Ravot qui ont offert la première version de cette messe pour le repos des âmes. Une œuvre structurée, à la thématique récursive, construite en miroir. Elle pose la problématique de la finitude de l'être. Une réponse pour tous ceux qui ont faim à l'âme, pris entre l'étau des sollicitations terrestres et des aspirations métaphysiques.
«Un critique avisé, rapporte la compositrice, a dit ces propos après avoir écouté le Requiem: "C'est un mélange d'Arvo Pärt, de Keith Jarret et de Marie Keyrouz".»
Pieds sur terre, marquée par le sens du devoir, voilà une femme de lettres doublée d'une musicienne et d'une informaticienne. En somme, une parfaite amoureuse de l'esprit.

À la une

Retour à la page "Culture"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE TROUVE QU'IL EST DE MON DEVOIR DE CORRIGER LA CITATION CAR FAUSSEMENT EXPRIMÉE. LAMARTINE A DIT : L'HOMME EST UN DIEU TOMBÉ QUI SE SOUVIENT DES CIEUX ! ET NON UN ANGE DÉCHU...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IMPARDONNABLE FAUTE MAIS DUE AU FOUTU DE CLAVIER... PRIÈRE LIRE : ET LUI SOUFFLAS LA VIE... MERCI !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LAMARTINE DIT : L'HOMME EST UN ANGE DÉCHU QUI SE SOUVIENT DES CIEUX ! ET JE DIS : L'HOMME EST UN ÊTRE INSIGNIFIANT QUI SE CROIT PRÉDESTINÉ POUR LES CIEUX !

LA DÉSOLATION

L'UNIVERS SE DÉBAT DANS LE SANG FRATRICIDE.
LE VICE PROLIFÈRE, AVEC L'INIQUITÉ !
LA VERTU BAFOUÉE, AU NOM D'UN DIEU PERFIDE,
GÉMIT DANS LES ENFERS DE LA FATALITÉ !

LUCIFER LE MAUDIT ET L'ARCHANGE LUCIDE
S'ACCORDENT POUR DOMPTER LE FAUVE EN LIBERTÉ.
L'HOMME SONGE ! IL SE VOIT, DANS SON RÊVE SORDIDE,
COURONNÉ DES LAURIERS DE L'IMMORTALITÉ !

GRAND DIEU ! QUE N'AVAIS-TU, DU NÉANT CHAOTIQUE,
DANS TA COLÈRE AVEUGLE ET TON ALTIER DÉDAIN,
FORGÉ DE LA VERMINE AU LIEU DE L'ÊTRE HUMAIN ?

CAR ADAM, CRÉATEUR, DÈS L'INSTANT FATIDIQUE
Où TU PÉTRIS L'ARGILE ET LUI SOUFFLA LA VIE,
SE PARJURE ET BLASPHÈME, ET, DANS SA FRÉNÉSIE,

CROYANT QUE LE DESTIN AUX CIEUX LE PRÉDESTINE,
IL S'INDIGNE ! IL MENACE ! IL CRIE ET SE MUTINE !

Massabki Alice

curieuse d'en écouter un extrait....

Dernières infos

Les signatures du jour

Ziyad MAKHOUL

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Devoirs de l’homme

Décryptage de Scarlett HADDAD

Aoun déterminé à renvoyer la balle gouvernementale dans le camp du Parlement

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué