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Sport

Alex Mohbat, en route pour Sotchi : « on ne peut pas rivaliser avec les autres skieurs »

Interview

Deux Libanais représenteront le Liban pour ces Jeux.

Tony Hayek | OLJ
05/02/2014 | 00h00

Âgé à peine de 18 ans, élève en classe de terminale à La Sagesse High School, le Libanais Alex Mohbat n'est pas un écolier comme les autres : le sport prend tout son temps et occupe toutes ses pensées. Outre le ski qu'il pratique en hiver, en été il passe son temps entre le ski nautique, la natation et le basket-ball.

Son avenir ? Il rêverait d'être un jour prochain « Event Manager » dans ... le monde du sport bien sûr. Mais pour revenir au présent, Alex est surtout un des deux seuls sportifs libanais (avec Jacky Chamoun) qui auront l'honneur de représenter le Liban lors des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi qui commencent dès la fin de cette semaine.

 

L'Orient-Le Jour : Alex, quand et comment tu as su que tu étais sélectionné pour représenter le Liban aux Jeux olympiques d'hiver de Sotchi ? Et sur quels critères s'est basée la sélection ?
Alex Mohbat : "La Fédération libanaise de ski avait annoncé il y a un peu plus d'un an qu'elle allait envoyer un skieur de fond dans la délégation qui représenterait le Liban à ces JO. Le critère qu'elle avait choisi pour la sélection sont les points FIS (des points de pénalité infligés par la Fédération internationale de ski à tous ses adhérents, et calculés selon un système très compliqué basé sur le nombre de compétitions internationales auxquelles prend part chaque skieur, son importance, la qualité des participants, etc.).
Le skieur libanais qui aurait le moins de points serait l'heureux élu. Ça se jouait surtout entre Tarek Fénianos et moi-même. Finalement, c'est moi qui l'ai emporté sur le fil avec 90 points contre 100 à Tarek. Mais pour vous dire franchement, au vu de ma saison passée et des résultats obtenus, je m'attendais à être sélectionné et je pense que c'est mérité, même si Tarek a été un sérieux et très valable concurrent."

 

On en déduit que tu as pris part à plusieurs compétitions internationales et que tu y as réalisé de bons résultats ?
"J'ai participé à deux courses homologuées en Grèce et à deux autres en République tchèque. Je ne me souviens pas trop de mon classement parce que l'important était d'y participer, indépendamment du résultat obtenu.
Mais mon point d'orgue reste la course comptant pour le Globe de cristal (Coupe du monde de ski alpin) à laquelle j'ai pris part en Schladming, en Autriche, et qui s'est disputée en deux manches. J'ai réussi à me hisser à la 49e place au classement général final alors que je n'étais que 57e à l'issue de la première manche. Mais le plus important est que j'ai côtoyé les plus grands champions et ça m'a forgé une expérience inestimable."

 

Comment tu t'es préparé pour ces JO alors que tu quittes le Liban avec la délégation libanaise pour Sotchi ?
"Je me focalisais dernièrement sur des séances de cardio et de musculation, sur une cadence de quatre à cinq fois par semaine. Le ski, je ne pouvais pas en faire trop parce que les pentes au Liban ne sont pas encore assez enneigées pour que je puisse m'entraîner correctement.
Heureusement que la fédération libanaise m'a envoyé pendant un mois en août en Argentine pour un stage intensif avec la fédération locale. Je peux affirmer que ce stage m'a beaucoup appris, beaucoup enrichi sur plein de plans. Je remercie d'ailleurs la FLS pour ce stage qui restera un moment fort dans ma carrière.
D'autre part, je ne peux consacrer plus de temps à mon entraînement parce que les études me prennent beaucoup de temps..."

 

Ah, parce que les études passent avant la compétition ou c'est cette dernière qui prime ?
"Non ce sont les études bien sûr. Le ski, bien que j'en sois passionné, passe au second plan parce que j'ai conscience qu'au Liban, je ne pourrais jamais en vivre plus tard et que ce n'est pas non plus le pays idéal pour essayer d'être un grand champion. La neige n'est présente que pendant deux, trois mois maximum, le reste du temps on ne peut absolument pas skier, donc s'entraîner sérieusement, à moins de voyager et s'installer ailleurs."

 

Au fait, qui subventionne tes entraînements, tes déplacements, etc. ? Est-ce l'État, la FLS ou toi-même ?
Hormis le stage en Argentine que je viens de citer et que la Fédération libanaise de ski m'avait offert en guise de préparatifs pour Sotchi, c'est mon père qui subventionne presque tout. La fédération est à court de moyens et je ne la blâme pas. Que peut-elle faire d'autre si ses caisses sont vides ?

 

Une dernière question : qu'espères-tu de ces Jeux, quel objectif t'es-tu fixé et que tu penses pouvoir logiquement réaliser ?
Pour être réaliste, je pense que réussir à me classer parmi les cinquante premiers (sur une centaine de concurrents) dans les deux catégories auxquelles je vais prendre part, le slalom et le slalom géant, serait déjà un exploit en soi. Il ne faut surtout pas prendre cet objectif comme un manque d'ambition ; je ferai de mon mieux et skierai comme d'habitude à fond. Mais il faut garder les pieds sur terre. J'ai en face de moi les meilleurs skieurs de la planète qui s'entraînent plusieurs heures par jour à raison de 11 à 12 mois par an. On ne peut rivaliser avec ces gens-là parce que tout bonnement, on ne se bat pas à armes égales avec eux...

 

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RE-MARK-ABLE

Je suis deja tres heureux de savoir que le Liban est represente , et ca me suffit largement. De tout Coeur avec vous Alex et Jacky .

Robert Malek

Comme le dit si bien Alex Mohbat (qui, à la lecture de cette interview, a manifestement bien la tête sur les épaules), l'important c'est de participer. Merci aux athlètes libanais de représenter notre pays à Sotchi, l'essentiel est de donner le meilleur de soi-même.

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