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Liban - Séminaire

Ce lien indéfectible entre le Liban et Charles de Gaulle...

Six tables rondes ont regroupé une brochette de personnalités françaises et libanaises de tous horizons.

L’un des panels du séminaire « De Gaulle et le Liban, les Libanais et De Gaulle ». Photo Abed-Salim Karout

« De Gaulle et le Liban, les Libanais et de Gaulle. » Tel était le thème du séminaire organisé hier dans la salle Clemenceau du Sénat par l'association « Francophonia Liban » présidée et animée par Clotilde de Fourchécour.
De Gaulle, le Liban, les Libanais, une belle et longue histoire d'amour qui remonte à saint Louis jusqu'à nos jours en passant par François 1er, le mandat et l'indépendance. Une relation faite de passion mais aussi de raison avec des hauts et des bas, mais sans aucun revers, même durant les journées chaudes qui ont précédé ce 22 novembre 1943 qui a marqué l'indépendance du pays du Cèdre...
Une journée entière où le Liban a été conté en six séances et tables rondes par une brochette de personnalités françaises et libanaises, entre politiques, experts, chercheurs, universitaires et historiens...

 

( Le discours de Michel Eddé : « La convivialité, déjà maître mot du Général il y a... 70 ans »)

 

Au Levant
Tout d'abord des discours d'ouverture du sénateur-maire Jean Germain, président du groupe parlementaire France-Liban, de Jacques Toubon, ancien ministre et membre de la Fondation, de Ghady Khoury, chargé d'affaires p.i. de l'ambassade du Liban, de Khalil Karam, ambassadeur, délégué permanent du Liban auprès de l'Unesco, et Mme de Fourchécour. Ils ont évoqué les liens séculaires franco-libanais sous divers angles avant de céder la tribune aux conférenciers.
Regards croisés sur la relation avec, à la première table ronde intitulée « Le commandant de Gaulle au Levant (de 1929 à 1931), l'historien et écrivain Gérard Khoury, Isabelle Dasque, maître de conférences à Paris Sorbonne et le RP Salim Daccache, recteur de l'USJ. Le modérateur était le professeur Gilles Le Béguec, historien, président du conseil scientifique de la Fondation Charles de Gaulle.
M. Khoury, qui devait intervenir une deuxième fois dans un autre panel, a parlé de la formation de l'État du Grand Liban et des premières années de l'indépendance (1920-1930). Les premiers balbutiements du Liban pourtant pas encore indépendant. Avec de Gaulle et son souci constant d'aider le Liban à devenir un phare dans la région, un Liban multiculturel, ouvert et tolérant, un exemple à suivre. L'historien n'a pas voulu limiter son intervention à 1930 puisqu'il a rappelé l'épisode de Rachaya où les présidents Béchara el-Khoury, Riad el-Solh et d'autres dirigeants libanais ont été emprisonnés dans des circonstances où on ne sait pas encore avec certitude si Charles de Gaulle en était informé avec précision.
Lors de la même séance, le père Daccache a présenté et lu un émouvant discours de Charles de Gaulle, représentant en 1931 le haut-commissaire à une cérémonie de remise de diplômes à l'USJ. Une véritable feuille de route pour ces jeunes en qui le Liban fondait tous ses espoirs.

 

Indépendance...
Deuxième table ronde intitulée « Vers l'indépendance du Liban (1940-1943) » avec comme intervenants Jérôme Bocquet, maître de conférences à l'université d'Orléans. Un témoignage et une analyse de qualité sur ces années-charnière, avec la « France libre » sur la scène libanaise et un intéressant parcours d'hommes et de femmes acteurs de l'époque.
Émouvant témoignage ensuite de René Marbot, cadet des FFL qui a aujourd'hui 90 ans et qui a relaté sa vie mouvementée mais heureuse avec sa famille. « J'ai vécu au Liban et pris ma retraite en France », a dit l'ancien combattant de la liberté.
Retour de Gérard Khoury en fin de séance et retour à l'épisode de Rachaya avec des citations de télégrammes archivés autour des ordres donnés par le général au haut-commissaire Helleu. Et au comportement de celui qui a voulu abolir la Constitution de l'époque et rétablir le mandat.
M. Khoury termine son exposé par une évocation des élections au Liban et en Syrie qui ont donné à ces deux pays des assemblées et des présidents enfin pleinement investis des pouvoirs de pays souverains.
Cette séance s'est clôturée par un mot du sénateur-maire Gérard Larcher, ancien ministre, ancien président du Sénat et président de l'Amicale gaulliste au palais du Luxembourg. Il rend un vibrant hommage au général pour tout ce qu'il a fait pour le Liban et n'a pas hésité à évoquer la situation actuelle comme pour inciter les dirigeants libanais actuels à revenir aux valeurs et à l'esprit qu'a voulu insufler Charles de Gaulle à ce Levant qu'il a tant aimé et à ce Liban qu'il était pour lui quelque chose de « spécial ».

 

Respect mutuel
Dans l'après-midi, trois séances dont la première s'intitulait « Relations d'État à État », située entre 1958 et 1969. Là, l'influence de Charles de Gaulle se fait sentir à travers un autre général (Fouad Chéhab) à qui il vouait une amitié de frères d'armes et avec qui il partageait la même défiance à l'égard de la classe politique. Respect mutuel, coopération accrue et concrétisée par un soutien français au niveau d'institutions publiques libanaises qui n'existaient pas auparavant (Sécurité sociale, organes de contrôle, institutions nouvelles et réalisations ambitieuses). Les intervenants étaient l'historien Stéphane Maslagne et Karim Bitar, directeur de recherche à l'IRIS. Modérateur : Jean-Marc Fevret, historien.


Dirigée par Joseph Maïla, la séance suivante portait sur un témoignage de Michel Eddé, ancien ministre, représenté par sa fille, Isabelle Hélou, et un point de vue signé Michel el-Khoury, ancien gouverneur de la Banque du Liban.
Le témoignage du PDG de L'Orient-Le Jour était en fait un tableau pas très reluisant des chrétiens d'Orient. Chiffres à l'appui, le document lu par Mme Hélou effleure un point délicat, à savoir l'hostilité montante de l'islam intégriste et des groupements qu'il a engendrés dans le monde arabe et en France.

 

Avec les yeux du Général
Cheikh Michel el-Khoury a évoqué les liens de profond respect et de considération qui unissaient le De Gaulle de la fin du mandat et le président du Liban indépendant, Béchara el-Khoury. Malgré l'épisode de Rachaya, des liens ont été tissés entre les deux hommes, bien après l'indépendance, lorsque la fièvre nationaliste s'est atténuée.
Autre session au milieu de l'après-midi : celle qui a réuni Samir Frangié, ancien député, essayiste, Joseph Maïla (professeur à l'Essec), et Adrien Gouteyron, parlementaire honoraire. Avec comme modérateur Karim Bitar. Le thème en était : « Français, regardez le Liban avec les yeux du général » (paroles du président Charles Hélou).
M. Frangié a développé l'idée que le « vivre-ensemble » libanais est la raison d'être du Liban, mais que les Libanais l'ont réduit au statut de simple compromis entre leurs différentes communautés. Parce que, a-t-il poursuivi, ce « vivre-ensemble » n'est pas le résultat d'un choix ou d'une décision, mais la conséquence de l'impossibilité de ces communautés à se maintenir dans leur « être communautaire » propre à chacune d'elles dans le cadre libanais créé en 1920.
Cette journée devait se clôturer par une table ronde intitulée : « Les valeurs de la francophonie au Liban et l'héritage gaullien ». Participants : l'homme de lettres et ancien diplomate Salah Stétié, le père Daccache, Yves Aubin de la Messuzière, ancien ambassadeur, président de la Mission laïque française, Aurélien Lechevallier, ancien directeur de l'Institut français du Liban, Alexandre Najjar, avocat et écrivain, et Mona Makki, journaliste.
Dirigée par Carole Dagher, écrivain et attachée culturelle à l'ambassade du Liban, cette session a été le point fort du séminaire tant les participants ont développé et défini les valeurs que porte la francophonie depuis De Gaulle.
Enfin, Patrice Paoli, ambassadeur de France au Liban, a clôturé les travaux de cette manifestation.

« De Gaulle et le Liban, les Libanais et de Gaulle. » Tel était le thème du séminaire organisé hier dans la salle Clemenceau du Sénat par l'association « Francophonia Liban » présidée et animée par Clotilde de Fourchécour.De Gaulle, le Liban, les Libanais, une belle et longue histoire d'amour qui remonte à saint Louis jusqu'à nos jours en passant par François 1er, le mandat et...
commentaires (1)

Oui, mais bon.... Et tant de miel !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

04 h 49, le 25 janvier 2014

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Commentaires (1)

  • Oui, mais bon.... Et tant de miel !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 49, le 25 janvier 2014

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