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Démocratie

« Les voleurs continuent de gouverner... »

La société civile a voulu faire entendre hier sa voix « confisquée », à coups de cris et de tomates lancées sur les voitures des députés aux portes du Parlement.

Des manifestants portent des cercueils drapés du drapeau libanais pour dénoncer la prorogation du mandat du Parlement.  REUTERS/Sharif Karim

Des dizaines de membres de la société civile se sont rassemblés hier place Riad el-Solh, dans le centre-ville, pour protester contre la prorogation du mandat du Parlement, quelques minutes avant la séance plénière prévue à cet effet. Les manifestants ont porté des banderoles fustigeant le vote annoncé de l’autoprorogation des députés. Sur ces pancartes, on pouvait lire « Nous faisons part du décès de notre regrettée démocratie », « Qui vous a donné le droit de proroger votre propre mandat ? », ou encore « Au Liban, les voleurs n’entrent pas en prison, mais continuent à gouverner après la fin de leur mandat ».


À l’heure où une seconde manifestation se tenait au même moment non loin de là, près du jardin Samir Kassir, organisée par le Rassemblement des candidats indépendants aux législatives, les manifestants de la place Riad el-Solh ont levé une banderole géante portant les portraits des députés libanais, sur lesquels ils ont lancé des tomates. Les protestataires ont aussi tenté de bloquer le passage des voitures des parlementaires qui se dirigeaient vers la place de l’Étoile, en bombardant les véhicules avec des tomates et en donnant des coups de pied dans la carosserie. De nombreux députés ont dû alors rebrousser chemin, les forces de l’ordre étant restées à l’écart.
« Nous avons élu ces députés pour quatre ans seulement, criait un manifestant. De quel droit décident-ils de proroger leur mandat ? Nous avons réussi à organiser des élections en 2005, après l’assassinat de Rafic Hariri, et en 2009, en pleine atmosphère de tensions confessionnelles. Quelles excuses peuvent justifier aujourd’hui le report des élections ? » De son côté, Racha, membre de l’association Chaml, déplorait que la même caste politique reste au pouvoir. « Ils n’ont rien fait pour le pays pendant quatre ans. Mais quel toupet ! C’est une honte ! » martelait-elle.

« Ils insultent le peuple... »
Les participants à la manifestation, organisée par la Campagne civile pour la réforme électorale, se sont ensuite dirigés vers la place des Martyrs, portant des cercueils symboliques en une procession funèbre.
« Aujourd’hui a été donné le coup de grâce à la démocratie, la Constitution et les lois. La prorogation d’aujourd’hui est une prorogation de l’insécurité, du chaos, de la corruption, de la violence contre les femmes, du gaspillage de l’argent, et de toutes les difficultés, a lancé un des manifestants, monté spontanément à la tribune. Ont-ils oublié que le peuple est la source de tous les pouvoirs ? Veulent-ils nous faire croire qu’une civilisation vieille de 5 000 ans est incapable de promulguer ne serait-ce qu’une loi ? » Pour sa part, Carolina De Olivera, mannequin et activiste pour les droits de la femme, a tenu à rappeler que le président Sleiman avait promis de présenter un recours en invalidation de la décision des députés, auprès du Conseil constitutionnel. « Ils ne peuvent pas ignorer la voix des gens. Ils insultent le peuple », déplore-t-elle.
Peu après la manifestation, l’activiste Marwan Maalouf a essayé de dresser une tente devant la Chambre, mais la police du Parlement l’en a violemment empêché.

 

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