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À La Une - Discours

Sleiman critique vertement l’implication du Hezbollah en Syrie

Le chef de l’État s’accroche à sa vision souverainiste de la stratégie défensive et dénonce les tentatives de « se dérober » aux législatives.

Le chef de l’Etat à son arrivée hier au ministère de la Défense à Yarzé. Photo Dalati et Nohra

Saisissant l’occasion d’une visite au siège du commandement de l’armée, à Yarzé, le président de la République, Michel Sleiman, a renouvelé hier, dans un discours, sa confiance dans l’institution militaire qu’il avait lui-même dirigée avant d’accéder à la présidence et il a réitéré ses principales options en matière de stratégie défensive, en contradiction totale avec la politique suivie par le Hezbollah.


Mais c’est surtout la référence du chef de l’État à l’implication de ce dernier dans la guerre en Syrie, et notamment dans la bataille de Qousseir, qui retiendra l’attention, tant la stigmatisation qu’il en a faite est ferme et sévère, bien qu’étant implicite.


Tout aussi sévère a été l’évocation par le président Sleiman de la question électorale, dénonçant à ce propos aussi bien les projets de loi électorale « sectaires » que les tentatives politiciennes visant à « se dérober » de la tenue des élections législatives.

 

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Le chef de l’État était arrivé en matinée à Yarzé où il a été accueilli notamment par le ministre sortant de la Défense, Fayez Ghosn, et le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi.

Dans son allocution de bienvenue, ce dernier a souligné l’importance du rôle des militaires, « seuls capables de protéger la patrie des attaques de l’intérieur comme de l’extérieur ».


Prenant la parole à son tour, le chef de l’État a commencé par lancer un appel aux États arabes et à l’État turc « ami » afin qu’ils déploient tous les efforts possibles en vue d’obtenir la libération des otages libanais d’Aazaz, et des deux prélats kidnappés il y a près de deux mois en Syrie.


Notant que « la plaie de Tripoli continue de saigner consécutivement à ce qui se passe en Syrie » et que « ceux qui meurent à Tripoli et en Syrie sont de jeunes Libanais et Syriens, ainsi que des civils et des enfants », M. Sleiman a ajouté : « Le Liban, qui connaît la démocratie depuis 70 ans, traverse une phase particulière. Durant toute cette période, il avait payé cher le prix de cette démocratie (...) parce qu’il se trouvait dans un environnement non démocratique. Aujourd’hui, ce Liban-là se cherche désespérément une loi électorale. Hélas, on le voit pris entre une loi sectaire, une autre obsolète et l’option de la prorogation (de la législature). Apparemment, nous n’avons rien retenu de l’expérience qui a fait de notre patrie un théâtre (pour les autres). Aujourd’hui, nous faisons tout, volontairement, pour qu’elle redevienne un théâtre. Nous nous entre-tuons ailleurs, comme à Qousseir, et chez nous, comme à Tripoli. Nous avons même failli nous entre-tuer à Saïda. Cela est honteux. Nous ne devons pas payer pour la démocratie des autres, restons attachés à la nôtre. Et ne faisons pas trop d’efforts pour nous dérober à la tenue des élections. Ne rusons pas trop pour parvenir à cela. Les élections sont un signe démocratique qui a été notre caractéristique pendant soixante-dix ans, nous ne devons pas l’abandonner. »

 

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Affirmant « ne pas permettre que le vide s’installe à la tête de l’armée », le mandat du commandant en chef arrivant très prochainement à expiration alors qu’il n’y a toujours pas de gouvernement, M. Sleiman a indiqué avoir mandaté le Conseil militaire pour assumer le commandement « jusqu’à ce que l’occasion soit donnée, le plus tôt possible, de combler le vide ».


S’agissant du cabinet à former, le chef de l’État a proclamé son « soutien entier » au Premier ministre désigné et affirmé que ce qui compte, « ce n’est pas un ministre de plus ou de moins, mais la volonté d’assurer un équilibre et une justice pour tous afin d’empêcher l’unilatéralisme et le revanchisme ».


Pour le chef de l’État, « le Liban est protégé d’abord par l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et le respect des décisions de la légalité internationale, prévu dans le préambule de la Constitution. Il l’est ensuite par la déclaration de Baabda (...) et troisièmement par la stratégie défensive que nous avions soumise à la conférence de dialogue ».

 

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Sur ce dernier point, M. Sleiman a réitéré sa conception très restrictive de la stratégie, soulignant qu’il est possible de « profiter des armes de la résistance en attendant que l’armée soit adéquatement équipée », mais que cet usage doit se faire « en soutien à l’armée, conformément aux besoins de cette dernière et à sa demande, et ce afin de faire face à une agression israélienne sur le territoire libanais et uniquement sur le territoire libanais ». De plus, cela doit « se fonder sur une décision centrale prise soit en Conseil des ministres, soit dans le cadre du Conseil supérieur de défense, soit en vertu d’une décision du président de la République en sa qualité de commandant suprême des forces armées ».


Renouvelant sa confiance dans l’armée « qui doit protéger les citoyens à Tripoli et à Saïda, défendre la frontière terrestre et empêcher le trafic d’armes et le flux de combattants dans les deux sens, en sus de bien d’autres missions, comme la défense des libertés publiques et des droits de l’homme et la lutte contre le fanatisme et le terrorisme », M. Sleiman a appelé « tout le monde, chrétiens comme musulmans », à « cesser de prendre l’armée comme couverture ».


Et de poursuivre : « Comment une nation peut-elle se targuer d’être un modèle de résistance et de sacrifice lorsqu’on s’y oriente vers des projets à caractère sectaire et qu’on y favorise le partage d’influence ? Ce que nous voulons de la résistance, c’est le respect de la Constitution et des résultats des élections. Le sens de la résistance est bien plus élevé que l’embourbement dans les sables de la discorde, que ce soit en Syrie ou au Liban. »

 

 

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