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Près d'un millier de blessés par une pluie de météorites dans l'Oural

Russie Un astéroïde de 45 mètres de diamètre frôle la Terre sans dégâts.
OLJ/AFP
15/02/2013

Une pluie de météorites s'est abattue vendredi matin sur la région russe de l'Oural, accompagnée d'éclairs incandescents et de violentes explosions.

 

Une boule incandescente accompagnée d'une très vive lumière blanche, se déplaçant à très grande vitesse, est apparue dans le ciel de Tcheliabinsk, une ville de plus d'un million d'habitants, à 09H20 (03H20 GMT). Selon l'antenne locale du ministère russe des Situations d'urgence, la météorite avait brûlé partiellement en entrant dans les couches basses de l'atmosphère, avant de se désintégrer, les fragments atteignant la Terre.

 

De fortes explosions, accompagnées d'éclairs de lumière blanche, ont retenti. "C'est un bolide qui a explosé au-dessus de Tcheliabinsk, et l'onde de choc a soufflé les fenêtres des immeubles et abattu en partie les murs d'une usine", a indiqué la même source. "Des fragments ont atteint la Terre et sont tombés dans des zones peu habitées de la région de Tcheliabinsk".


Le gouverneur de la région de Tcheliabinsk, Mikhaïl Iourevitch, a fait état vendredi de près d'un millier de blessés.

"Le nombre de blessés est d'environ 950", a déclaré le gouverneur, alors que le bilan précédent faisait état de plus de 500 blessés dans la région. Les blessés ont pour l'essentiel été touchés par des éclats de verre, mais certains souffraient de traumatismes crâniens.

 

 

 Une des vidéos mise en ligne.

 

 

"Un bilan humain sans précédent"
D'après Robert Massey, directeur adjoint de la Royal Astronomical Society britannique, il est extrêmement rare qu'un objet surgi de l'espace fasse des victimes, et le bilan humain de la pluie de météorites qui s'est abattue vendredi sur la Russie est sans précédent dans l'histoire humaine.

 

La plupart du temps, les petits débris spatiaux se consument avant même de toucher la Terre lorsqu'ils entrent dans l'atmosphère, provoquant les traînées lumineuses que nous pouvons apercevoir dans le ciel nocturne. Mais, très rarement, des objets plus gros résistent à la friction de l'atmosphère et explosent dans ses couches basses, provoquant une forte onde de choc. C'est exactement ce qui s'est produit vendredi matin au-dessus de l'Oural, explique M. Massey.

 

Selon un spécialiste russe, Sergueï Smirnov, cité par la télévision publique russe Rossia 24, la météorite pesait "des dizaines de tonnes". L'agence Ria Novosti a cité une source militaire indiquant qu'elle s'était désintégrée à 5.000 mètres au-dessus de l'Oural.

 

Des fragments de la météorite qui s'est désintégrée au-dessus de l'Oural sont tombés dans différents endroits de la région. Un porte-parole de la région militaire de l'Oural a indiqué qu'un groupe de reconnaissance avait retrouvé le lieu de la chute de l'un d'entre eux, au bord du lac de Tchebarkoul. "Il y a un cratère de 6 mètres", a indiqué ce responsable, le colonel Iaroslav Poschioupkine, cité par Ria Novosti. Le phénomène a également été observé dans plusieurs régions voisines et au Kazakhstan.

 

La télévision russe a diffusé des images de Tcheliabinsk, montrant des traînées de fumée dans le ciel, le passage de boules incandescentes accompagné d'explosions, des fenêtres éventrées.

La chaîne Rossia a également montré le bâtiment d'une usine de la ville partiellement détruit, un mur et le toit effondrés.

Un employé cité par l'agence Interfax a fait état de trois à quatre blessés dans cette usine. Des images filmées par la chaîne Rossia à l'université montraient plusieurs jeunes gens ensanglantés, apparemment blessés par des éclats de verre.

 

Le président russe, Vladimir Poutine, a demandé de faire le maximum pour venir en aide à la population. Les écoles ont été fermées dans toute la région, de nombreux établissements ayant eu leurs vitres soufflées par l'onde de choc, alors qu'il faisait -18 degrés vendredi dans l'Oural.

 

Les autorités ont cependant appelé la population à ne pas céder à la panique. "Il n'y a pas d'évacuation de la population, le niveau de radioactivité est dans la norme", a indiqué l'antenne locale du ministère des Situations d'urgence sur son site.

 


Un cratère "de 6 mètres" découvert au bord du lac de Tchebarkoul, dans

la région de l'Oural. AFP / CHELYABINSK REGION POLICE DEPARTMENT

 

Astéroïde de 45 mètres de diamètre

Ce phénomène est survenu alors que tous les services d'astronomie du monde guettaient le passage de l'astéroïde 2012 DA14, qui a frôlé la Terre vendredi soir, sans dégâts.

 

Pesant environ 135.000 tonnes et baptisée 2012 DA 14, l'astéroïde --qui est un corps du système solaire composé de roche, de métaux et de glace-- est passé à 27.000 kilomètres de la Terre vers 19H25 GMT, a indiqué l'agence spatiale américaine (Nasa).

 

Des images prises par un téléscope en Australie et diffusées par la Nasa ont montré une minuscule trace blanche se déplaçant dans un ciel noir.

Il s'agissait du plus gros astéroïde passant aussi près de la Terre jamais détecté par les scientifiques, selon la Nasa.

Si l'astéroïde avait touché la Terre, elle aurait pu anéantir une grande agglomération.

 

(Lire aussi : Comment dévier un astéroïde se dirigeant vers la Terre?)

 

Pour autant, son passage près de la Terre, à une distance inférieure à celle de certains satellites, n'est pas lié à la chute de morceaux de météorite en Russie.

Selon Samuel Kounaves, professeur au laboratoire de physique appliquée de l'université Johns Hopkins (Maryland, est), "il n'y a pas de connexion" entre les deux événements.

Les météorites, qui sont des morceaux d'astéroïdes, "tombent sur la Terre en permanence", a rappelé M. Kounaves, interrogé en marge de la conférence annuelle de l'American Society for the Advancement of Science (AAAS), réunie à Boston (Massachusetts, nord-est) du 14 au 18 février.

 

Toungouska

Si cet astéroïde considéré de petite taille avec 45 mètres de diamètre, s'était écrasé sur la Terre il aurait produit des dommages comparables à l'astéroïde tombé en Sibérie centrale en 1908 à Toungouska, selon Tim Spahr, du Minor Planet Center à l'Université de Harvard. Cet astronome estime que le choc équivaudrait à une bombe de 2,4 mégatonnes, assez pour dévaster une grande étendue mais pas mondialement catastrophique.

 

Selon certaines estimations, l'onde de choc à Toungouska était équivalente à plusieurs centaines de fois celle provoquée par la bombe d'Hiroshima, détruisant la forêt sur un rayon de 20 kilomètres. En comparaison, la météorite responsable de l'extinction des dinosaures il y a 66 millions d'années mesurait dix kilomètres de diamètre, a précisé Tim Spahr.

 

La Nasa a déjà trouvé environ 95% des astéroïde les plus gros -d'un kilomètre de diamètre et plus- se trouvant à proximité de la Terre. Au total, les astronomes ont détecté et catalogué 9.500 objets célestes de différentes taille croisant près de la Terre à l'aide de télescopes et de satellites, ce qui représente probablement un dixième du total.

 

La Nasa a suivi le passage de l'astéroïde. La retransmission était accessible sur internet à l'adresse http://www.nasa.gov/ntv, et sur http://www.ustream.tv

 

 

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GEDEON Christian

C'est somme toute assez marrant,et nous rappelle notre condition....quelques gros cailloux,et pfffft.Plus personne,comme les dinosaures ,peut-être...alors,cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie...parceque demain...mignonne allons voir si la rose...

Sabbagha Antoine

Les météorites sont en effet une menace dont nous ne savons pas encore nous défendre.La collision avec un module d'habitation pourrait s'avérer fatale. Et la preuve l'Oural ou le début du danger .


Antoine Sabbagha

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