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Nouveau procès à propos d'un reportage sur la mort d'un enfant palestinien

AFP
16/01/2013
La polémique à propos du reportage du journaliste de France 2 Charles Enderlin, sur la mort d'un enfant palestinien en 2000 à Gaza, s'est de nouveau trouvée devant la justice mercredi lors d'un procès en diffamation du directeur d'une agence de notation des médias.

En 2004, Philippe Karsenty, directeur de Media Ratings, avait sur son site internet et dans un communiqué, qualifié de "supercherie" et de "série de scènes jouées" un reportage du correspondant permanent de France 2 en Israël, tourné dans la bande de Gaza le 30 septembre 2000.

Un Palestinien de 12 ans, Mohammed, protégé par son père, Jamal al-Doura, y était tué lors d'un échange de tirs entre l'armée israélienne et des activistes palestiniens. Les images de l'enfant avaient été largement diffusées dans le monde et avaient donné lieu à une controverse sur l'origine des tirs ayant provoqué sa mort.

Condamné en première instance, M. Karsenty avait bénéficié d'une relaxe en appel. La décision avait été annulée par la Cour de cassation.

La haute juridiction avait jugé que la cour d'appel avait excédé ses pouvoirs en ordonnant à France 2 de lui remettre les rushes (éléments de tournage) du reportage, renvoyant de nouveau le dossier devant la cour d'appel de Paris.

Celle-ci a de nouveau examiné différentes images et sujets sur l'affaire fournis par les deux parties. A l'appui de sa thèse, M. Karsenty a aussi présenté aux magistrats une maquette des lieux et un diaporama.

Philippe Karsenty, par ailleurs adjoint au maire de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et porte-parole du Parti libéral démocrate, a entre autres fait valoir qu'aucune trace de sang n'avait été relevée à l'endroit où s'étaient réfugiés le père et son fils.

"La vérité sortira un jour", "c'était une mise en scène", a-t-il déclaré, tandis que Charles Enderlin a affirmé qu'il n'y avait "absolument aucun doute" sur l'authenticité des images, racontant qu'il était allé voir "la tombe du gosse" et avait rencontré son père.

L'avocate du journaliste franco-israélien spécialiste du Proche-Orient a décrit son client comme victime d'une "entreprise de démolition médiatique". Elle aappelé la cour, "dernier bastion de la défense de (l')honneur" de Charles Enderlin, à condamner M. Karsenty et "fermer la porte à un torrent de boue".

Les avocats de ce dernier, Mes Delphine Meillet et Patrick Maisonneuve, ont plaidé la relaxe.

L'avocat général s'en est quant à lui rapporté à l'appréciation de la cour, soulignant qu'il lui semblait qu'il était demandé à celle-ci d'établir ou de rétablir une "réalité historique" alors qu'elle doit se livrer à un "débat technique" sur les faits qu'elle doit juger.

La cour a mis sa décision en délibéré au 3 avril.

Dans deux communiqués distincts diffusés avant l'audience, la Société des journalistes et le SNJ de France Télévisions ont manifesté leur soutien à Charles Enderlin.

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