Économie

Le sauvetage de Chypre risque d’occuper la zone euro pendant plusieurs mois

Crise de la dette
OLJ
10/01/2013
La zone euro commence l’année avec le dossier complexe de l’aide à Chypre, mais une décision semble impossible dès la fin janvier, comme prévu, car les besoins du pays sont encore mal connus et le calendrier politique défavorable, selon plusieurs responsables européens.
Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, et le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, s’étaient prononcés fin 2012 en faveur d’une décision au cours de la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro, le 21 janvier.
Cette réunion ne sera « pas conclusive » sur l’aide à Chypre, a mis en garde hier, sous couvert d’anonymat, un diplomate européen, pour qui il faudra « plusieurs réunions pour aboutir ». La décision ne sera probablement pas prise non plus en février, a estimé un de ses collègues interrogé par l’AFP, tandis qu’un troisième évoquait la possibilité que le dossier mette « plusieurs mois » à se régler.
Le pays, dont les finances sont plombées par l’exposition de ses banques à la dette grecque, avait sollicité un plan de sauvetage en juin et est toujours en négociation avec la troïka – Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne.
« Il ne peut pas y avoir de conditions particulières pour Chypre », a déclaré hier la chancelière allemande, Angela Merkel, rappelant qu’il y a « des règles générales en Europe et nous sommes (dans le cas de Chypre) encore loin d’avoir fini les discussions ».
Les autorités chypriotes avaient estimé avoir besoin de 17 milliards d’euros sur quatre ans, dont 10 milliards pour renflouer les banques.
Une des premières tâches des ministres va consister à évaluer les besoins financiers réels de l’île. Une aide de 17 milliards d’euros équivaut au PIB du pays. Cela signifie que la dette risque d’atteindre 200 % du PIB, ce qui « n’est pas soutenable », explique une des sources interrogées. En revanche, « si les besoins sont en fait de 10 milliards d’euros, cela fait une différence ».
Le caractère urgent de l’aide est aussi en question, selon la même source, qui rappelle que les autorités chypriotes avaient d’abord dit que le pays ne tiendrait pas financièrement au-delà de 2012, avant de parler de mars 2013.
Mais d’autres questions doivent aussi trouver leurs réponses. « Parmi les éléments du dossier chypriote, il y a le fait que le secteur bancaire représente 800 % du PIB. Il y a aussi une dimension russe et une dimension de blanchiment d’argent », selon un autre diplomate.
« C’est un peu un scénario à l’islandaise », selon son collègue, faisant référence à la crise financière qui a secoué ce pays en 2008, car il s’agit d’« un petit pays où les activités des centres financiers offshore représentent plusieurs fois le PIB ».
La Russie, qui a des liens économiques et culturels étroits avec Chypre, a accordé à Nicosie un prêt de 2,5 milliards d’euros l’an passé. L’île a sollicité en août 5 milliards d’euros supplémentaires mais Moscou ne semble pas pressé de voler à son secours.
Quant au problème du blanchiment, il va devoir trouver une solution, qui passera par « des engagements » du gouvernement chypriote, selon les responsables interrogés.
Or, « la période électorale ne s’y prête pas », souligne l’un d’eux. L’élection présidentielle aura lieu les 17 et 24 février à Chypre et certains responsables européens jugent qu’il vaut mieux attendre son issue pour discuter des conditions d’un plan de sauvetage. La troïka essaie notamment de négocier des privatisations, auxquelles le président actuel, le communiste Demetris Christofias – qui ne se représente pas – est opposé.
Le ministre chypriote des Finances, Vassos Shiarly, a prévu une rencontre aujourd’hui avec des diplomates européens pour dissiper leurs interrogations, notamment sur la viabilité de la dette, la lutte contre le blanchiment et la coopération fiscale, selon son ministère.
« Les paramètres sont encore très mouvants » même si, au final, un plan d’aide ne fait aucun doute, ne serait-ce que pour « éviter les risques de contagion », résume un des responsables interrogés.

(Source : AFP)

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