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Les Syriens entament 2013 comme ils ont fini 2012 : sous les bombes

Conflit Des manifestants ont défilé durant la nuit de lundi à mardi dans le nord de Damas pour souhaiter une année "noire" à Assad.
OLJ/Agences
02/01/2013

Pour les Syriens, l'année 2013 a débuté comme la précédente au son des bombardements aériens et de l'artillerie, qui a notamment ouvert le feu sur les faubourgs de l'est et du sud de Damas, tenus par les rebelles.

 

Dans le centre de la capitale, toujours aux mains des forces gouvernementales, des militaires ont célébré la nouvelle année en tirant en l'air, ce qui a semé la terreur chez les rares Damascènes de sortie.

 

"C'était très effrayant. Personne ne savait ce qui se passait. Les gens sont devenus nerveux et ont commencé à passer des coups de téléphone. Mais je me suis ensuite rendue compte que, dans ma rue moins, il s'agissait de tirs de joie", a rapporté à Reuters une habitante. "Il n'y avait pratiquement personne dans les rues... Pas de voitures ni de piétons. La plupart des restaurants et des bars étaient vides", à l'exception de trois d'entre eux où des jeunes s'étaient rassemblés, a-t-elle poursuivi, ajoutant : "Il y avait de la musique mais personne ne dansait (...) Je crois que personne ne souriait".

 

"Comment peuvent-ils se réjouir ? Il n'y a pas de 'bonne année' qui tienne", s'est quant à lui indigné un opposant du quartier central de Mezzeh, contacté via Skype.

 

Des dizaines d'hommes et de femmes, coiffés de chapeaux de père Noël, ont néanmoins défilé durant la nuit de lundi à mardi dans un quartier du nord de Damas pour souhaiter une année 2013 "noire" au président Bachar al-Assad, selon une vidéo mise en ligne par des militants. "Nous te souhaitons une année noire Bachar (al-Assad) et bonne année à la Syrie", ont notamment scandé les manifestants sur l'air de "joyeux anniversaire", au milieu des youyous des femmes arpentant les rues du quartier Cheikh Mohieddine.

 

(Lire aussi : Le conflit en Syrie ternit les fêtes de fin d'année au Liban

 

Des insurgés se sont, selon un opposant, attaqués dans la matinée à un barrage militaire dans le quartier de Berzeh. Des mouvements hostiles au régime de Bachar el-Assad ont par ailleurs signalé mardi des tirs de mortiers à Daraya, dans la banlieue sud-ouest de la capitale, où l'armée a lancé une offensive lundi.

L'aviation a en outre bombardé les faubourgs est de Damas.

 

A l'Alep, la métropole du Nord, des raids aériens ont été signalés dans les secteurs aux mains des insurgés, ainsi que dans plusieurs villes et villages des environs.

Une source à l'aéroport d'Alep a en outre indiqué à l'AFP que l'aéroport avait été fermé en raison des combats.

C'est la première fois que l'aéroport d'Alep, la deuxième ville du pays est fermé depuis le début du conflit. L'aéroport de Damas a connu des perturbations en raison des violents combats qui avaient gagné fin novembre les abords de la route y menant mais est resté ouvert.

 

"Cette fermeture est une mesure provisoire qui a été prise après que des combattants de l'opposition armée ont tenté à plusieurs reprises de viser des avions civils, ce qui pourrait provoquer une catastrophe humanitaire", a affirmé à l'AFP la source à l'aéroport sous le couvert de l'anonymat. Selon elle, l'aéroport devait rester fermé "pour une très courte durée, le temps de reprendre le contrôle des zones entourant l'aéroport où sont déployés les opposants armés afin de garantir la sécurité des avions".

 

Les autorités aéroportuaires ont confirmé cette fermeture, mais assuré qu'elle était due à des travaux de maintenance.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait affirmé que le trafic aérien à Alep avait été interrompu dimanche au lendemain d'une forte explosion, probablement provoquée par un bombardement rebelle, qui avait provoqué l'incendie d'un avion civil.

 

Le centre de Homs en état de siège

Des obus se sont également abattus mardi dans le coeur historique de Homs, ville martyre en partie rasée. Les rebelles en ont été chassés début 2012, mais y ont peu à peu repris pied.

"La vielle ville est en état de siège. Tous le monde bombarde", a déclaré à Reuters un riverain.

 

L'Observatoire syrien des droits de l'homme proche de l'opposition a fait état de 160 morts, dont 37 militaires, pour le 31 décembre.

 

Par ailleurs, une vidéo a été diffusée sur YouTube qui montre les corps de trois garçons qui avaient été arrêtés à un barrage militaire de Djobar, dans la banlieue de Damas, alors qu'ils rentraient chez eux après l'école, selon des opposants. L'un, qui semble être un préadolescent, a les mains liées dans le dos et un autre présente une large blessure au thorax.

 

Début 2012, diplomates et observateurs assuraient que Bachar el-Assad ne finirait pas l'année au pouvoir, or le chef de l'Etat est toujours fermement aux commandes et ne déplore aucune défection dans son entourage immédiat.

Les efforts diplomatiques déployés pour mettre fin au conflit buttent par ailleurs sur les conditions de l'opposition, qui refuse toute négociation avec le président. Lui-même jure de résister jusqu'à la mort. La communauté internationale l'invite presque unanimement à renoncer à ses fonctions, mais il peut toujours compter sur l'appui de la Russie et de l'Iran.

 

Les violences persistantes viennent rappeler les difficultés à parvenir à un règlement politique du conflit qui ensanglante la Syrie depuis mars 2011 et jettent un doute sur la volonté des protagonistes de s'engager à mettre en oeuvre le dernier plan de sortie de crise du médiateur Lakhdar Brahimi.

 

(Lire aussi : Moscou se prépare à l'ère post-Assad)

 

Lundi, le régime s'est dit pour tout plan de règlement par le dialogue après une proposition de M. Brahimi d'une "solution basée sur la déclaration de Genève prévoyant un cessez-le-feu, la formation d'un gouvernement avec des prérogatives entières et un plan pour des élections soit présidentielle soit parlementaires".

La déclaration de Genève du 30 juin n'évoque pas le sort du président Bachar el-Assad.

 

Reportage

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Dimitri Al Quandalaft

2013 verra l'effondrement de ce régime criminel et l'affaiblissement de ses acolytes, non seulement en Syrie mais aussi au Liban et en Irak ainsi qu'une perte considérable de l'influence nocive de l'Iran dans ces pays.

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