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La tuerie de Newtown relance le sempiternel débat sur les armes à feu

Etats-Unis 20 enfants tués ; Obama appelle à des mesures "significatives" pour éviter de nouvelles tragédies.
OLJ/AFP
15/12/2012

La tuerie de Newtown, l'un des pires carnages jamais commis dans un établissement scolaire aux Etats-Unis avec vingt enfants et six adultes tués, relance le sempiternel débat sur les armes à feu.

 

Le bilan de la tuerie dans l'école primaire de Sandy Hook à Newtown, petite ville tranquille du Connecticut au nord de New York, est de "20 enfants, six adultes, et le tueur", a déclaré Paul Vance, le porte-parole de la police de l'Etat vendredi. Une femme, qui pourrait être la mère du tieur, a aussi été retrouvée morte dans un appartement à Newtown, selon les autorités, qui n'ont pas donné de détails à ce sujet, mais qui espèrent pouvoir dévoiler les identités des victimes samedi.

Barack Obama, peinant à s'exprimer, a dénoncé un crime "haineux" envers "de beaux petits enfants âgés de 5 à 10 ans", et ordonné la mise en berne des drapeaux sur tous les bâtiments publics pendant quatre jours.

Mais il a aussi appelé à des mesures "significatives" pour empêcher une nouvelle tragédie, alors que la Maison Blanche avait tout d'abord déclaré que ce n'était "pas le jour" pour engager le débat.

Les Américains restent divisés sur l'opportunité de renforcer la législation sur les armes à feu, qui ont tué en 2009 dans le pays 31.000 personnes, dont plus de 18.000 personnes qui se sont suicidées.

Le maire de New York, Michael Bloomberg, militant de longue date pour un renforcement de la loi, a appelé le président à "envoyer un projet de loi au Congrès".

Au Canada voisin, le chef de l'opposition de gauche, Thomas Mulcair (Nouveau parti démocratique), a estimé que "le temps viendra de réfléchir à ce qui s'est passé et aux moyens à prendre pour empêcher d'autres tragédies semblables".

Les opposants à une telle réforme continuent de souligner que le droit de posséder des armes est inscrit dans la Constitution, dans le fameux Second Amendement, défendu bec et ongles par le lobby des armes.

Alan Gottlieb, fondateur de la Fondation pour le Second Amendement, s'est  dit  "sûr que la personne qui a commis cet horrible crime savait qu'il pouvait y aller et que personne ne pourrait l'arrêter", les écoles étant "des lieux où il est interdit d'avoir des armes".

 

(Repère: La législation américaine sur les armes varie beaucoup selon les Etats)

 

"Contents d'être vivants"

 

Le tueur, qui se serait suicidé, était entré dans l'école, où sa mère était institutrice, peu après 09H30. Il portait deux pistolets, un Sig Sauer et un Glock, selon le New York Times. Il s'est concentré sur deux salles de classe, où il a froidement abattu 20 enfants et six adultes.

Selon la police, 18 enfants sont décédés sur place, deux autres à l'hôpital. Une blessée a survécu. Parmi les six adultes, la directrice et la psychologue de l'école.

La police n'a pas révélé le nom du tueur. Les médias américains l'ont d'abord identifié comme Ryan, puis comme Adam Lanza, 20 ans - son frère Ryan, 24 ans, étant interrogé par la police.

Les raisons de la tuerie restent inconnues.

Toute la journée vendredi les parents se sont succédés dans la caserne de pompiers où les autres enfants avaient été évacués.

"Cela semble complètement irréel. C'est le genre de chose qu'on lit dans les journaux. Mais que ça arrive si près de chez vous...", a commenté la mère d'une petite élève prénommée Alexis.

Newtown, est "spéciale": les meurtres y sont inconnus, a assuré à l'AFP Chuck Stofko, un consultant vivant près de l'école. "C'est une communauté très soudée, tout le monde se connaît", selon Melisa Latifi, 23 ans.

A moins de deux kilomètres de l'école, des centaines de personnes ont assisté vendredi soir à un service religieux dans l'église catholique bondée.

Selon des parents et la personnel de l'école, une centaine de coups de feu auraient été tirés.

Brendan Murray, 8 ans, a expliqué sur CNN qu'il avait avec ses camarades entendu des cris dans la matinée. "On nous a dit: +trouvez un endroit sûr+, et on s'est caché dans les placards du gymnase", a-t-il raconté. "Puis la police a dit: +on est en train d'évacuer, vite, vite+. Nous avons alors couru jusqu'à la caserne de pompiers... Et nous sommes contents d'être vivants".

Une institutrice a raconté s'être barricadée dans sa classe avec ses élèves de CP leur demandant de ne pas faire de bruit pour ne pas attirer l'attention.

"On avait fait venir des ambulances, mais certaines n'ont servi à rien", se désolait une femme en pleurs.



AFP PHOTO/Emmanuel DUNAND

 

(Eclairage : Malgré les tueries, les USA se résignent au laxisme des lois sur les armes)

 

La fusillade survient après plusieurs autres ces derniers mois, dont celle en juillet dans un cinéma du Colorado, où 12 personnes avaient été abattues.

Quelques semaines après, un ancien soldat avait tué 6 personnes dans un temple sikh d'Oak Creek (Wisconsin), avant de se suicider.

La fusillade de Newtown est une des plus graves ayant jamais touché un établissement scolaire. A Columbine (Colorado), en avril 1999, deux adolescents avaient ouvert le feu dans leur lycée, tuant 12 élèves et un enseignant avant de se suicider. En avril 2007, un étudiant de 23 ans avait abattu 32 personnes avant de se tuer sur le campus de Virginia Tech (Virginie, est).

Le secrétaire général de l'ONU a dénoncé un crime "haineux et inconcevable", l'Union européenne a exprimé son "horreur", et la reine d'Angleterre, qui limite traditionnellement ses commentaires à l'actualité des pays membres du Commonwealth, s'est dite "profondément bouleversée et attristée".



Pour mémoire :

Au pays de la violence, l'article de Christian Merville

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Robert Malek

Ce n'est malheureusement pas demain la veille que la législation sur les armes à feu sera modifiée dans ce pays qui vit quotidiennement au rythme des faits divers de plus en plus violents. Le marché des armes, leur industrie, leur puissante économie parallèle ou souterraine, le lobbying pro-armes, autant de facteurs qui prennent le dessus au détriment de la sécurité des gens. Mais bon, nous ne sommes pas les mieux placés pour critiquer.

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