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Dana Bakdounis, la militante syrienne qui voulait sentir le vent dans ses cheveux

La femme de la semaine

Une photo de la jeune femme sans son voile crée une polémique sur Facebook.

olj.com
08/11/2012

S'inspirant du Printemps arabe, une campagne a été lancée le 1er octobre dernier sur Facebook incitant les femmes à se soulever pour défendre leur droit à l’égalité. Le groupe, formé des Libanaises Yalda Younès et Diala Haïdar, de la Palestinienne Farah Barqaoui et de l’Égyptienne Sally Zohney, demande aux participants d'écrire, sur la page Facebook « The Uprising of Women in the Arab World », un message débutant par « Je soutiens le soulèvement des femmes dans le monde arabe » et se poursuivant avec les raisons de cet engagement. Au texte est ajoutée une photo de l'auteur du message.

 

Plusieurs centaines d’internautes, des femmes mais aussi un nombre surprenant d’hommes, ont posté des photos d'eux-mêmes avec leur déclaration de soutien, défiant parfois les tabous religieux et sociaux de leur région d'origine.

 

C’est le cas de Dana Bakdounis, jeune militante syrienne, qui publie le 21 octobre dernier une photo d’elle-même (voir ci-dessus) avec une note rédigée et arabe et en anglais : « Je soutiens le soulèvement des femmes dans le monde arabe parce que pendant 20 ans je n’avais pas le droit de sentir le vent dans mes cheveux ni sur mon corps ». Sur la photo : une jeune femme aux cheveux courts portant un débardeur et un pantalon et brandissant son passeport sur lequel elle apparaît portant un hijab noir.

 

La photo a été « censurée » par Facebook cinq jours plus tard sans qu'une explication soit donnée.

En sus, le compte Facebook de Yalda Younès, l’une des administratrices de la page « The Uprising of Women in the Arab World » qui a diffusé la photo de Dana, a été bloquée pendant 24 heures.

 

Outrés par ces mesures, plusieurs cyberactivistes lancent une vaste campagne invitant les internautes à partager massivement la photo de Dana sur les réseaux sociaux.

 

Plusieurs internautes ont posté des messages de soutien à Dana. Sur la photo

ci-dessus, Fatma pose avec et sans son voile avec le message suivant : "J'ai ôté

mon hijab il y a 13 ans, une photo dédiée à Dana Bakdounis".

 

« Le 28 octobre, persuadées que Facebook avait enlevé la photo à tort, d’autant plus que le cliché en question ne comportait rien d’offensant, et voyant que la photo avait déjà fait le tour du web, nous l’avons postée à nouveau. Quelques heures plus tard, Facebook la censure à nouveau et suspend le compte d’une autre admin pour 7 jours », indiquent les administratrices de la page dans un communiqué publié hier.

 

« Pourtant le 31 octobre, Facebook restitue la photo censurée de Dana sur la page de +The Uprising of Women in the Arab World+, sans explications, tout en refusant de lever le blocage du compte de l’admin, qui a duré jusqu’au 5 novembre », poursuit le texte.

 

Deux jours plus tard, toutes les administratrices de la page sont « simultanément averties par Facebook qu’elles risquent la suppression totale de leur compte pour avoir violé les règles du réseau social en partageant un post qui appelle à soutenir Dana Bakdounis sur Twitter ». Le post qui a irrité le réseau social disait : « Suivez-nous sur Twitter @UprisingOFWomen. Soutenez Dana avec le hashtag #WindToDana ».

 

« Cela soulève des questions sérieuses sur les intentions réelles de la politique de Facebook, écrivent les militantes arabes. Et l’on se demande si la photo +controversée+ de Dana n’est pas simplement une excuse pour faire taire la voix du soulèvement des femmes dans le monde arabe ». Elles affirment par ailleurs avoir écrit plusieurs fois à Facebook pour demander des explications, mais n’ont toujours pas reçu de réponse.

 

Un graffiti soutenant la révolution de la femme dans le monde arabe dans une

rue du Caire, en Égypte.

 

Interrogée par Lorientlejour.com, Yalda Younès considère que les mesures de rétorsion de Facebook sont une « attaque directe contre la page » soutenant la révolution des femmes arabes. « Ce qui s’est passé est très louche et il n’y a pas d’autres explications », dit-elle dans une entrevue téléphonique. Installée à Paris, la militante affirme avoir contacté une de ses connaissances travaillant pour Facebook qui lui a toutefois assuré que la décision de bloquer son compte « n’a certainement rien avoir avec la politique ».

 

Des assurances qui ne dissipent pas les craintes de Yalda Younès qui se dit « inquiète » pour la jeune Dana. « Dana est une militante syrienne qui participe activement à la révolution (contre le régime de Bachar el-Assad), affirme-t-elle. J’ai vraiment peur pour elle... »

 

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