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Maher Zain, le chanteur suédois d'origine libanaise qui fait un tabac dans le monde musulman

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olj.com
08/10/2012

Il a vendu des millions de disques, affiche plus de 5 millions de "fans" sur Facebook, 350.000 "followers" sur Twitter et certains de ses clips vidéo sont visionnés plus de 35 millions de fois sur Youtube. Maher Zain est une star d'envergure internationale, de nationalité suédoise et d'origine... libanaise. Et si le jeune chanteur ne fait pas la Une de la presse libanaise, son nom est, en ce moment, mentionné dans la presse asiatique en général, et indonésienne en particulier dans des termes plutôt flatteurs.

 

"Le chanteur et producteur suédois musulman d'origine libanaise a vendu plus d'albums en Indonésie que les superstars Adele et Justin Bieber", pouvait-on lire, le 3 octobre dernier, dans le Jakarta Globe. Un article publié alors que ce chanteur de R&B, qui explique faire de la "musique islamique", est en tournée en Indonésie pour promouvoir son dernier album "Forgive me".

 

Né à Tripoli, au Liban-nord, en 1981, Maher Zain émigre en Suède avec sa famille à l'âge de huit ans. Après avoir obtenu un diplôme en génie aéronautique, le jeune Libanais débute dans le monde de la musique aux côtés du grand producteur d'origine marocaine RedOne (Nadir Khayat de son vrai nom, qui a également travaillé avec Lady Gaga, Enrique Iglesias, Jennifer Lopez). Lorsque ce dernier déménage à New York en 2006, Maher Zain fait de même dans l'espoir de connaître le succès mondial. En attendant, il travaille également en tant que producteur aux États-Unis.

 

Sa vie bascule lors d'un retour en Suède pour des vacances pendant lesquelles il décide d'abandonner sa carrière de producteur pour se lancer dans la chanson islamique. Ce changement, selon sa biographie sur Facebook, aurait été motivé par une rencontre avec un groupe de fidèles l'ayant encouragé à se rapprocher d'Allah.

 

"À mon retour en Suède, j'ai découvert quelque chose de plus important et de plus précieux que tout ce que j'avais fait jusque-là : l’islam", explique-t-il en 2009 dans un entretien avec le site d'actualité musulman Saphirnews.



Maher Zain lors de son concert à Antwerp, en Belgique. Photo Facebook

 

En 2009, Maher commence à travailler sur son premier album avec la compagnie Awakening Records : "Thank you Allah" (Merci Allah), son premier disque lancé la même année, connait un succès impressionnant dans le monde musulman, notamment en Indonésie, Malaisie, Égypte, Jordanie et Algérie.

 

Ce premier album est extrêmement important pour lui : "J'ai eu la chance de faire quelque chose où je peux remercier Dieu pour tout ce qu'Il a fait pour moi et tout ce qu’il m'a donné", affirme-t-il dans l'entretien avec Saphirnews. "Je n'ai pas toujours eu une conception islamique de la vie. En fait, il y a eu des moments où j'étais très loin de l'islam et du mode de vie islamique", poursuit-il.

 

 

En avril 2012, le jeune chanteur d'origine libanaise lance son deuxième opus : "Forgive Me" (Pardonne-moi). Le disque connaît également un succès fou à travers le monde musulman mais aussi parmi les communautés musulmanes en Europe et aux États-Unis. Il s'est déjà produit dans plusieurs pays occidentaux, dont le Canada, l'Australie, les États-Unis, la France, la Belgique et l'Allemagne devant des milliers de fans.

 

Inspirées du genre R&B (Ryhtm and Blues), ses chansons mélangent l'anglais et l'arabe, les mélodies modernes et quelques instruments traditionnels comme le oud, et abordent essentiellement les thèmes de l'islam, de la prière, d'Allah, du prophète Mohammad et de la foi.

 

"J'espère vraiment que ne n'arrêterai jamais d'offrir des chansons islamiques à mes fans", a-t-il dit début octobre, lors d'une interview au Kompas, publication indonésienne. "Je ne vois pas de contradiction entre l'islam et la modernité", a également souligné le jeune homme, lors d'une interview avec le Jakarta Post l'année dernière.

 

La tolérance est également un sujet qui lui tient particulièrement à cœur. "Je pense qu'une des choses les plus importantes que l'on apprend quand on a la chance de vivre différents styles de vie en différents endroits est d'accepter et de respecter les différences, comme celles liées à la culture et à la foi", ajoute-t-il lors de cet entretien avec le quotidien indonésien, qui souligne que certains présentent Maher comme l'un des "visages de la jeunesse musulmane".

Interrogé cette année par le même quotidien, Maher Zain dénonce la violence faite au nom de la religion : "La violence au nom de la religion est aussi mauvaise pour les non-musulmans que pour les musulmans. Les gens ne devraient pas dire "au nom de Dieu" quand ils font quelque chose qui va faire du mal à quelqu'un, car l'islam n'a rien à voir avec le mal fait à autrui".

 

Il arrive également au chanteur d'aborder des sujets plus politiques, comme dans "Palestine will be free" (La Palestine sera libre). Interrogé sur les "messages" dans cette chanson, Maher explique que son objectif "est de mettre en lumière le sort des Palestiniens et de montrer la réalité telle qu'elle est. Mais, en même temps, nous envoyons un message d’espoir pour que cessent les effusions de sang et la violence et que la paix l'emporte".

 

Dans son dernier album, Maher Zain évoque également sa famille, et dédie une chanson à sa fille, à sa femme et surtout, une chanson à sa mère, "Number one for me" : "Je veux que mes fans écoutent cette chanson émouvante. Les mères sont les êtres les plus précieux dans notre vie".

 

 

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Halim Abou Chacra

Musique islamique ! Chansons islamiques ! Islam moderne ! Allaho Akbar ! "astaghfiro allah" ! Mais parlant sérieusement : que ce jeune et "grand chanteur suédois d'origine libanaise" qui dit avoir appris "la tolérance" entre les hommes (s'il était resté au Liban il n'aurait appris que la haine), qui "ne voit pas de contradiction entre l'islam et la modernité" et, surtout, qui rejette totalement "la violence au nom de la religion et au nom d'Allah"; qu'il vienne vite pour un temps au Liban, son pays d'origine, enseigner ces beaux principes à nos grands égarés. Je m'abstiens de dire leur vrai qualificatif pour ne pas choquer les lecteurs.

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