Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a condamné cette attaque et accusé le PKK d’être devenu la « marionnette » de puissances étrangères hostiles. « L’organisation terroriste, qui est devenue la marionnette de cercles internationaux de l’ombre, peut bien adopter le lâche scénario, la fourbe provocation qui lui convient. Nous, en tant que nation, ne permettrons jamais à ces assassins d’atteindre leurs objectifs », a ainsi déclaré M. Erdogan dans un message de condoléances au chef de l’état-major des armées, cité par l’agence de presse Anatolie.
Les déclarations de M. Erdogan interviennent alors que le PKK a multiplié ses attaques cet été contre les forces de sécurité turques, et qu’Ankara accuse le régime syrien, confronté depuis un an à une vaste insurrection, de soutenir les rebelles kurdes. Plusieurs zones du nord de la Syrie, frontalières de la Turquie, sont actuellement aux mains de groupes kurdes syriens, dont certains sont proches du PKK. Ankara a d’ailleurs accusé Damas d’avoir favorisé l’installation du PKK dans ces régions pour nuire à la Turquie et a menacé de sévir contre les rebelles kurdes en territoire syrien s’ils utilisaient ce dernier comme base arrière pour des opérations en Anatolie.
Parallèlement, les opérations des rebelles se sont intensifiées dans le Sud-Est, peuplé majoritairement de Kurdes. Le 20 août, une attaque à la voiture piégée a fait dix morts dans la ville de Gaziantep, un attentat imputé au PKK, mais que celui-ci a démenti. Et dans un incident séparé survenu dimanche soir, un membre du PKK, vraisemblablement un kamikaze, a fait exploser sa charge sur un barrage routier à Viransehir, se tuant sur le coup et blessant trois agents de sécurité.
Multiplication des attaques du PKK
Pourtant, dans les années qui ont suivi son arrivée au pouvoir, en 2002, le parti gouvernemental de la Justice et du Développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) de M. Erdogan a lancé des initiatives en faveur de la minorité kurde, estimée à 12 millions sur une population de 75 millions. Mais depuis 2009, il a haussé le ton, poussant l’appareil judiciaire à réprimer toute forme de militantisme kurde.
Des centaines de militants ou sympathisants de la cause kurde ont ainsi été incarcérés depuis l’an dernier et le gouvernement a menacé de faire lever l’immunité parlementaire des députés du Parti de la paix et de la justice (BDP, prokurde). Ces derniers ont défrayé la chronique en donnant l’accolade, devant les caméras, à des rebelles du PKK. Les images ont provoqué une onde de choc dans une Turquie qui déplore quasi quotidiennement des pertes dans les rangs de son armée.
Le conflit avec le PKK, considéré par Ankara comme une organisation terroriste, a déjà coûté quelque 45 000 vies dans des combats qui durent depuis 1984.
(Source : AFP)