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Annan reconnaît l'échec de sa mission en Syrie et plaide pour y associer l'Iran

Crise Au moins 60 morts samedi à travers le pays, alors que les violences gagnent le Liban.
OLJ/Agences
07/07/2012

L'émissaire international Kofi Annan a reconnu qu'il n'avait "pas réussi" sa mission en Syrie, son plan étant resté lettre morte. et plaidé pour un rôle de l'Iran dans la résolution de la crise.

 

"Des efforts importants ont été déployés pour essayer de résoudre cette situation de manière pacifique et politique. A l'évidence, nous n'avons pas réussi. Et peut-être n'y a-t-il aucune garantie que nous allons réussir", a reconnu Kofi Annan, dans un entretien au quotidien français Le Monde.

 

"Mais avons-nous étudié des alternatives ? Avons-nous mis les autres options sur la table ? J'ai dit cela au Conseil de sécurité de l'ONU, ajoutant que cette mission n'était pas indéfinie dans le temps, comme mon propre rôle", a-t-il ajouté.

 

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe a évoqué l'influence de la Russie, allié du régime de Damas qui a bloqué jusqu'à présent toute action internationale résolue contre le pouvoir de Bachar el-Assad, tout en soulignant l'importance d'associer aux discussions l'Iran, qui soutient également le régime syrien.

 

"La Russie a de l'influence mais je ne suis pas certain que les événements seront déterminés par la Russie seule (...). L'Iran est un acteur. Il devrait faire partie de la solution. Il a de l'influence et nous ne pouvons pas l'ignorer", a-t-il assuré.

 

Les propos de M. Annan sont publiés au lendemain de la réunion à Paris des Amis du peuple syrien, au cours de laquelle plus de 100 pays arabes et occidentaux ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution contraignante comportant une menace de sanctions contre Damas.

 

Américains et Européens se sont opposés à ce que l'Iran soit invité à la récente conférence ministérielle de Genève sur la Syrie, en raison notamment du conflit qui oppose Téhéran aux Occidentaux sur la question de son programme nucléaire.

 

Les participants ont souligné "que Bachar el-Assad devait abandonner le pouvoir".

 

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a recommandé pour sa part dans un rapport que la mission des observateurs de l'ONU en Syrie soit "réorientée" vers un rôle plus politique, avec une "composante militaire réduite".

 

Mais malgré les déclarations et la multiplication des réunions internationales, les violences ne faiblissent pas en Syrie, faisant encore 60 morts samedi --31 civils, 19 soldats, et 10 rebelles et déserteurs--, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

 

Treize personnes, dont sept membres d'une même famille, ont notamment péri dans la ville de Deir Ezzor (est), où des combats et bombardements ont fait rage.

 

Une dizaine de localités de la province d'Alep (nord) ont de leur côté été réveillées dans la nuit par le bruit assourdissant de tirs d'artillerie, les "plus violents bombardements depuis le début des opérations militaires il y a quelques mois dans la région", a indiqué l'ONG, en précisant que six personnes avaient été tuées dans ces pilonnages et des combats entre rebelles et soldats.

 

Les violences, qui avaient fait au moins 93 morts vendredi en Syrie, ont gagné le Liban samedi.

 

Alors que le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, avait estimé que la défection d'un général de l'armée syrienne, Manaf Tlass, ami d'enfance du président Assad, portait un "coup énorme" au régime, le flou régnait samedi sur la destination de ce général.

 

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait indiqué vendredi que l'officier supérieur le plus prestigieux à faire défection depuis le début, en mars 2011, de la révolte se dirigeait vers Paris mais depuis, aucune information n'a filtré sur l'endroit où il se trouve.

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